Foncier rural : le prix des terres agricoles a reculé de 12 % en 2025, selon Agrifrance
Le département spécialisé de BNP Paribas Banque Privée a publié son analyse annuelle du marché du foncier rural français pour 2025. Le secteur connaît un net ralentissement qui, selon la division, crée une fenêtre d'opportunité : les prix des terres agricoles reculent de 12 %, tandis que les rendements locatifs bruts oscillent entre 3,6 et 4,7 %.
Un marché agricole sous pression malgré une production en hausse
La production céréalière française a rebondi de 16,9 % en 2025, atteignant 63,3 millions de tonnes. Cependant, le contexte des récoltes mondiales abondantes a pesé sur les cours : le blé a reculé de 19 % et le maïs de 8,6 % sur un an. Sur le marché du foncier rural, le nombre de transactions a baissé de 6 %, et pour la troisième année consécutive, les prix des terres agricoles diminuent avec un recul proche des 12 %. Selon Agrifrance, cette décélération des prix redonne de la lisibilité aux projets et permet d'envisager des rendements plus prévisibles aux acheteurs.
Le rendement locatif brut du foncier rural s'établit entre 3,6 et 4,7 % selon la nature du foncier et de la production. Agrifrance anticipe que la baisse des prix du foncier pourrait soutenir à la hausse le rendement locatif.
Le vignoble français affiche un paradoxe : prix en baisse, transactions en forte hausse
La France conserve son rang de deuxième producteur mondial de vin avec 36,2 millions d'hectolitres en 2025. Face à la baisse structurelle de la consommation mondiale, près de 74 000 hectares de vignes ont été arrachés en France depuis le début des années 2000, soit 9 % du vignoble national. Les exportations françaises de vins et spiritueux ont atteint 14,3 milliards d'euros, en recul de 7,9 % du fait des tensions internationales. Le vin sans alcool émerge comme un marché porteur avec une progression de 20 % de sa valeur estimée en un an.
Le marché des transactions en foncier viticole affiche un rebond spectaculaire de 48,3 % en valeur totale, alors que le prix moyen du foncier viticole recule de près de 3 %, s'établissant à 171 400 euros par hectare. Ce décalage illustre une intensification de l'activité malgré la compression des valeurs unitaires.
Les forêts surpassent les autres segments avec une hausse de 20 % des surfaces échangées
Le marché des forêts a connu une forte expansion en 2025 : 176 300 hectares ont changé de main, contre 148 700 hectares en 2024, soit une hausse de 20 %. En valeur, les transactions progressent de 7,7 % pour atteindre 2,171 milliards d'euros. Les forêts de plus de 100 hectares tirent la dynamique du marché avec une hausse de 64,5 % des surfaces échangées. Le prix moyen d'une forêt s'établit à 4 950 euros par hectare, en progression de 2,5 %, tandis que le prix des forêts de plus de 100 hectares baisse de 19 % pour s'établir à 11 705 euros par hectare.
La moitié des surfaces de ce segment sont captées par des personnes morales et des investisseurs institutionnels, qui y voient un vecteur de valorisation à long terme dans un contexte de hausse des prix du bois et de recherche d'actifs tangibles.