ETF actifs : la nouvelle vague qui bouscule l’Europe
Les ETF actifs connaissent une croissance rapide en Europe, alliant gestion active et efficacité structurelle des ETF.
Une croissance fulgurante et des usages multiples
Le marché européen des ETF actifs a franchi une étape symbolique à l’été 2025 : plus de 70 milliards de dollars sous gestion, soit plus du double de son encours début 2024. Selon une étude commandée par Janus Henderson, 74 % des investisseurs professionnels s’attendent à ce que la part de ces produits atteigne 5 % du marché européen d’ici 2026, contre seulement 2,7 % aujourd’hui. La moitié des lancements mondiaux d’ETF au premier semestre 2025 étaient déjà des produits actifs, signe d’un basculement global du secteur.
Cette dynamique repose sur deux grandes familles d’ETF. Les ETF « actifs de base » se présentent comme des alternatives aux expositions passives traditionnelles : ils s’appuient sur des indices améliorés, gérés de façon active mais avec un faible écart de suivi, et séduisent les institutionnels à la recherche de solutions efficientes et liquides. Les ETF « actifs à forte conviction », eux, proposent des portefeuilles concentrés, issus d’une recherche fondamentale approfondie. Plus proches de la gestion traditionnelle, ils peinent encore à s’imposer mais sont perçus comme une alternative crédible aux fonds communs de placement.
Les investisseurs interrogés confirment cet engouement : la moitié d’entre eux s’attendent à ce que 10 % de leurs allocations ETF soient consacrées à des stratégies actives dès l’an prochain. Les projections de marché évoquent même un encours total de 1 000 milliards $ d’ici 2030, un changement radical pour une industrie historiquement tournée vers la passivité.
Un pont entre gestion active et liquidité des ETF
Ce succès repose sur la combinaison de deux atouts : l’efficacité structurelle des ETF et l’expertise de la gestion active. Côté allocations, 80 % des répondants indiquent utiliser les ETF actifs pour une exposition obligataire, soulignant l’attrait de ces produits comme instruments de stabilité et de génération de revenus. Plus de la moitié (58 %) les mobilisent aussi pour des expositions actions, et 55 % intègrent même des stratégies alternatives via ce format.
Cette diversification confirme que les ETF actifs ne sont pas un simple effet de mode, mais bien un nouvel outil de construction de portefeuilles. Comme le résume Charles-Henri Herrmann, directeur du développement France chez Janus Henderson : « Il s’agit d’un changement radical pour l’ensemble du secteur. Les ETF actifs ont le potentiel d’apporter le meilleur de la gestion active aux investisseurs avec l’efficacité et la liquidité de la structure ETF. »
Pour franchir une nouvelle étape, les émetteurs devront cependant affiner leurs gammes et s’aligner sur les besoins précis des investisseurs. L’innovation produit reste centrale : il s’agit de concevoir des ETF qui conjuguent flexibilité, transparence et performance ajustée au risque. Si cette équation est respectée, l’Europe pourrait rattraper son retard sur les États-Unis, où les ETF actifs sont déjà bien implantés.