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Dernière mise à jour : 05/06/2026 - 17h29
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Où placer son argent pour viser 7 % ?

Avec un Livret A à 1,5 %, un LEP à 2,5 % et des dépôts à terme autour de 2 % à 3 %, viser 7 % en 2026 suppose de diversifier son patrimoine au-delà des supports garantis. SCPI, obligations, ETF actions, fonds datés ou private equity peuvent contribuer à une stratégie de rendement, à condition de bien comprendre leur rôle, leur horizon de placement et leurs risques propres.


Où placer son argent pour viser 7 % ?

Les livrets restent la base de sécurité

Depuis le 1er février 2026, le taux du Livret A est fixé à 1,5 % et celui du Livret d’épargne populaire à 2,5 %, selon le ministère de l’Économie. Ces supports conservent un rôle central dans une stratégie patrimoniale : ils permettent de garder une épargne disponible, défiscalisée et protégée contre la perte en capital. Leur intérêt n’est donc pas de produire une forte performance, mais de sécuriser les dépenses imprévues, les projets de court terme ou une partie du capital. Pour viser un rendement supérieur, l’épargnant doit ensuite accepter d’orienter une autre partie de son patrimoine vers des placements plus dynamiques.

Les dépôts à terme et le fonds euros pour stabiliser l’allocation

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Les dépôts bancaires offrent une rémunération plus lisible que les marchés financiers, mais restent éloignés d’un objectif de 7 %. En mars 2026, la Banque de France indiquait que les dépôts à terme des ménages rapportaient en moyenne 2,26 % pour les échéances inférieures ou égales à deux ans et 2,41 % pour les échéances supérieures à deux ans. Dans l’assurance-vie, les fonds euros jouent un rôle comparable de stabilisateur. France Assureurs indique que l’encours total de l’assurance-vie a atteint 2 107 milliards d’euros à fin 2025, avec une collecte nette de 50,6 milliards d’euros sur l’année. Ces supports ne sont pas conçus pour atteindre 7 %, mais ils peuvent équilibrer une allocation plus exposée aux marchés ou à l’immobilier.

Les SCPI, une source de revenus réguliers à analyser dans la durée

Les SCPI occupent une place importante dans les stratégies de rendement, car elles permettent d’investir dans l’immobilier professionnel sans acheter directement un bien. L’épargnant accède ainsi à un patrimoine diversifié composé, selon les véhicules, de bureaux, commerces, immobilier de santé, logistique, hôtellerie ou actifs européens. La gestion est déléguée à une société spécialisée, les loyers sont mutualisés entre plusieurs locataires et le revenu est généralement distribué de façon régulière. Pour un particulier qui ne souhaite pas gérer lui-même un bien immobilier, c’est l’un des principaux attraits du placement.

En 2025, le taux de distribution moyen des SCPI s’est établi à 4,91 %, contre 4,72 % en 2024, selon l’ASPIM. La collecte nette a atteint 4,56 milliards d’euros, contre 3,53 milliards en 2024. Ces chiffres montrent que les SCPI restent capables de délivrer un revenu supérieur aux livrets, aux dépôts à terme et à la moyenne des fonds euros. Elles peuvent donc contribuer à une stratégie visant un rendement plus élevé, notamment pour les investisseurs qui recherchent des revenus réguliers sur longue période.

Mais si les plus performantes l'année dernière ont pu distribuer un rendement de plus de 9 %, le taux de distribution ne doit pas être lu isolément. D'une part, il peut fortement varier d'une SCPI à l'autre, et même d'une année à l'autre pour un même fonds. D'autre part, l’ASPIM indique aussi que la variation du prix moyen de la part a été négative en 2025, à -3,45 %, après -4,5 % en 2024. La performance réelle dépend donc à la fois des revenus distribués, de l’évolution du prix des parts, des frais et de l’horizon de conservation.

La baisse du prix de certaines parts ne signifie pas que toutes les SCPI se valent ni que le placement a perdu son intérêt. Elle traduit surtout l’ajustement d’un marché immobilier confronté à la remontée des taux, à la baisse de valeur de certains actifs et aux difficultés spécifiques de segments comme les bureaux traditionnels. À l’inverse, certaines SCPI diversifiées, européennes ou positionnées sur des secteurs plus résilients ont mieux résisté. L’analyse doit donc porter sur plusieurs critères : qualité du patrimoine, taux d’occupation, niveau d’endettement, report à nouveau, diversification géographique, frais, stratégie de gestion et cohérence du prix de souscription. Les SCPI peuvent être pertinentes dans une allocation, mais plutôt comme une poche immobilière de long terme que comme un produit de rendement garanti.

Obligations et fonds datés : retrouver du rendement avec plus de visibilité

Les obligations d’entreprises et les fonds datés peuvent jouer un rôle utile dans une allocation cherchant davantage de rendement que les livrets ou les fonds euros, sans basculer entièrement vers les actions. Leur logique est plus lisible : l’investisseur prête de l’argent à un État ou à une entreprise, reçoit des coupons, puis récupère le capital à l’échéance si l’émetteur ne fait pas défaut.

Dans le cas des fonds datés, cette mécanique est mutualisée entre plusieurs obligations, avec une échéance cible connue à l’avance. Certains fonds datés investis en obligations d’entreprises affichent encore, début 2026, des rendements actuariels bruts supérieurs aux livrets réglementés et aux dépôts à terme, parfois proches de 4 % à 5 % selon les supports, les marchés visés et la qualité des émetteurs.

Mais cette rémunération dépend fortement du niveau des frais, de la notation moyenne du portefeuille, de la durée résiduelle des obligations et de l’évolution des taux. L’AMF rappelle qu’une obligation expose à trois risques principaux : le défaut de l’émetteur, la variation des taux et la liquidité. Un coupon élevé n’est donc pas une anomalie favorable : il rémunère un risque de crédit plus important. Ces supports peuvent être pertinents dans une poche intermédiaire, entre sécurité et dynamisme, à condition de vérifier le rendement net de frais, la diversification sectorielle, la qualité des émetteurs et la part d’obligations les plus risquées.

Actions et ETF : le moteur de performance à long terme

Les actions restent l’une des principales classes d’actifs pour viser une performance élevée sur longue période. L’intérêt est clair : l’épargnant s’expose à la croissance des entreprises, à leurs bénéfices futurs et, selon les marchés, aux dividendes. Les chiffres historiques donnent un ordre de grandeur, sans constituer une promesse puisque le risque de perte en capital est toujours présent. Reste que depuis son lancement en 1957, le S&P 500 affiche une performance annualisée d’environ 7 % en prix et d’environ 10 % dividendes réinvestis, selon S&P Dow Jones Indices. Le tout est de bien choisir ses titres en fonction des qualités intrinsèques des sociétés et de ses objectifs, mais également d'adopter une vraie stratégie d'arbitrage sur les marchés.

Le MSCI World illustre aussi la puissance, mais également l’irrégularité, des marchés actions. L’indice a progressé de 28,40 % en 2019, 16,50 % en 2020 et 22,35 % en 2021, avant de reculer de 17,73 % en 2022, puis de rebondir de 24,42 % en 2023 et de 19,19 % en 2024, selon MSCI. Ces variations rappellent qu’une moyenne de long terme peut masquer des années très favorables et des corrections brutales.

Les ETF permettent d’accéder à ce type d’exposition avec une diversification immédiate et des frais souvent inférieurs à ceux de nombreux fonds traditionnels. Leur intérêt est donc double : éviter de dépendre d’une seule action et réduire l’impact des frais sur la durée. Ils peuvent aussi être adaptés à une stratégie d’investissement progressif, afin de lisser les points d’entrée. En revanche, ils ne protègent pas contre les baisses de marché.
Attention, car si l’indice suivi baisse, la valeur de l’ETF baisse également, et l’investisseur peut perdre tout ou partie du capital investi. Les ETF actions peuvent donc constituer la poche dynamique d’un patrimoine, mais seulement avec un horizon long et une capacité à supporter plusieurs années de performance négative.

Private equity et ELTIF : un potentiel supérieur, mais un horizon plus long

Le private equity n’est plus réservé aux seuls investisseurs institutionnels ou aux très grands patrimoines. Il devient progressivement accessible aux particuliers par l’assurance-vie, le PER, les fonds de long terme et les nouveaux véhicules européens. Cette évolution répond à une logique économique : financer des entreprises non cotées, des infrastructures, de la dette privée ou des projets de long terme, tout en offrant aux épargnants une source de diversification différente des actions cotées et de l’immobilier.

France Assureurs indique que les unités de compte ont représenté 39,1 % des cotisations d’assurance-vie en 2025, avec une collecte nette en unités de compte de 42,5 milliards d’euros. Ce chiffre confirme l’appétit des épargnants pour des supports plus dynamiques que le fonds euros, même s’il ne concerne pas uniquement le private equity. Le règlement ELTIF 2, entré en application le 10 janvier 2024, s’inscrit dans ce mouvement : il facilite la commercialisation de fonds investis dans des actifs de long terme auprès des particuliers européens.

L’AMF précise qu’un fonds français respectant les conditions ELTIF doit investir au moins 55 % dans des actifs de long terme. Ces véhicules peuvent donner accès à des entreprises non cotées, à des infrastructures ou à de la dette privée. Leur potentiel de rendement peut être supérieur à celui des supports garantis, car l’investisseur accepte de financer des actifs moins liquides et parfois moins transparents. Mais là encore, aucune performance n'est garantie et l'investisseur s'expose à un risque de perte en capital.

La contrepartie est ici encore déterminante : l’argent peut rester immobilisé plusieurs années, les valorisations ne sont pas quotidiennes, les frais peuvent être élevés et la sortie dépend du calendrier du fonds ou des fenêtres de rachat prévues. Le private equity peut donc renforcer une allocation patrimoniale, mais plutôt comme une poche minoritaire, longue et diversifiée par millésimes, et non comme un substitut aux livrets ou aux fonds euros.

Au fond, viser 7 % en 2026 ne revient pas à identifier un produit miracle, mais à construire une allocation cohérente. Les livrets protègent l’épargne de précaution, les fonds euros et les dépôts à terme stabilisent le patrimoine, les SCPI peuvent apporter du revenu immobilier, les obligations offrent une visibilité plus grande sur les coupons, tandis que les actions, les ETF ou le private equity peuvent porter davantage de performance sur longue période. Mais aucun de ces placements ne combine rendement élevé, capital garanti et disponibilité immédiate. Chacun comporte ses propres risques (volatilité, perte en capital, illiquidité, frais, fiscalité, risque de taux ou risque de crédit) et doit être apprécié au regard de l’horizon de placement, du besoin de liquidité, de la situation patrimoniale et de la tolérance au risque de chaque épargnant. En matière d’investissement, le rendement n’est jamais isolé : il se juge toujours à l’aune de la stratégie personnelle dans laquelle il s’inscrit.





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