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Dernière mise à jour : 18/02/2026 - 17h35
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Private equity : un premier trimestre négatif

Après dix trimestres consécutifs dans le vert, le Ramify Private Equity Index (RPEI) clôture le T2 2025 en territoire négatif (–0,4 %).

Private equity : un premier trimestre négatif

Un trimestre atypique

Le deuxième trimestre 2025 marque une rupture dans la trajectoire jusqu’ici linéaire du RPEI. L’indice recule de –0,4 % contre +0,9 % au T1, une inflexion largement imputable à la dépréciation brutale du dollar (–9 % sur le trimestre). Les fonds fortement exposés aux États-Unis, très présents dans l’indice, ont subi cette volatilité de change sans pouvoir la neutraliser à court terme.

À cela s’ajoute un effet isolé mais très significatif : la baisse de –15,67 % du fonds evergreen Novaxia One, liée au refus de deux permis de construire. Cet incident a mécaniquement pesé sur l’ensemble du sous-indice evergreen, qui ressort à –0,6 %, alors que l’exclusion de ce seul fonds ferait apparaître une performance de +1,2 %. Sans Novaxia One, la performance totale du RPEI serait de –0,1 %, proche de la stabilité.

Cette configuration atypique n’altère cependant pas la lecture de moyen terme : les professionnels du secteur interrogés par Neuberger Berman restent largement optimistes. Près de 75 % des gérants internationaux n’anticipent aucun ajustement significatif des valorisations à court terme, à l’inverse des marchés cotés plus sensibles aux chocs macroéconomiques.

Les comparaisons avec les autres classes d’actifs illustrent cette situation. Le MSCI World affiche +11,5 % en dollars sur le trimestre mais seulement +2,5 % en euros, entièrement neutralisé par la dépréciation du billet vert. Les obligations globales restent quasi stables (+0,1 %), tandis que les SCPI à capital variable, via l’indice RSCPI, progressent de +1,1 %, confirmant la stabilisation du marché immobilier après les ajustements du début d’année.

Des performances très dispersées

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Au-delà des effets ponctuels, le trimestre révèle une dispersion marquée entre les segments. Les stratégies les plus européennes sont aussi les plus résilientes. La dette privée progresse de +1,2 %, confirmant sa capacité à générer des rendements réguliers : depuis la création du RPEI, elle affiche une performance annualisée de 6,7 %. Le buyout enregistre également une bonne tenue (+1,1 %), tiré par plusieurs fonds dynamiques, dont Private Corner Wealth Expansion (+10 %) et Ciclad 7 Private Investors (+3 %).

À l’inverse, les stratégies sensibles au change reculent plus fortement. Les secondaires terminent le trimestre à –1 %, notamment en raison de l’exposition au dollar de certains fonds, comme Opale Stratégies Secondaires (–8,3 %). Le capital-développement, fragilisé depuis 2024, poursuit sa lente érosion (–0,6 %). Le segment le plus pénalisé reste l’immobilier en private equity (–2,8 %), conséquence directe de la baisse de Novaxia One.

Le cas evergreen constitue l’une des lectures les plus instructives du trimestre. Si l’accident de parcours de Novaxia One affecte le sous-indice, la dynamique de long terme reste favorable : depuis son lancement, l’evergreen affiche un hit rate de 65 %, c’est-à-dire une proportion majoritaire de trimestres en surperformance. L’épisode rappelle l’importance d’une due diligence approfondie et d’une diversification intra-segment, la performance étant étroitement corrélée à la qualité de la gestion et au pipeline d’opportunités.

La question du risque systémique dans la dette privée fait également l’objet d’une mise au point. Les affaires médiatisées (Cantor Group V, First Brands, Tricolor, Broadband Telecom) concernent des segments très spécifiques — crédit structuré et asset-based lending — et non les fonds composant l’indice, positionnés majoritairement en direct lending. Ce dernier bénéficie de mécanismes rigoureux : documentation renforcée, covenants protecteurs, relation directe avec l’emprunteur.

Les spreads se resserrent sous l’effet de la concurrence accrue entre prêteurs, mais restent plus attractifs que sur les marchés syndiqués : environ +520 points de base dans le privé, contre +390 pb sur le public. Quelques tensions apparaissent toutefois : le recours aux intérêts PIK est passé de 6,9 % à près de 20 % du marché en trois ans, signe d’une fragilité ponctuelle mais aussi de la flexibilité structurelle du crédit privé.

Pour Ramify, ce trimestre rappelle que le private equity peut être temporairement exposé à des chocs exogènes — change, politique, réglementation — mais demeure fondamentalement robuste. Comme le résume Samy Ouardini, cofondateur de Ramify, il souligne « l’importance d’une sélection rigoureuse des fonds, appuyée sur une due diligence approfondie et un contrôle renforcé des véhicules ».





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