SCPI : un placement crédible, mais encore trop mal compris par les épargnants
Dans un climat d’incertitude économique, les épargnants disent vouloir revenir vers des placements qu’ils jugent plus lisibles et plus rassurants. Mais les SCPI, pourtant positionnées sur l’immobilier et les revenus réguliers, peinent encore à transformer leur notoriété en détention réelle.
Un environnement d’incertitude qui pèse sur les choix d’épargne
C’est l’un des principaux enseignements de la deuxième édition du baromètre « Investissements & SCPI » publié par Norma Capital avec Occurrence-IFOP. L’enquête, menée du 26 février au 9 mars 2026 auprès de 1 550 investisseurs potentiels, dont 1 050 profils principaux en capacité d’investir et 500 profils plus jeunes, montre que le contexte actuel pèse fortement sur les arbitrages patrimoniaux. Selon le baromètre, 80 % des répondants déclarent que l’environnement économique influence leurs décisions d’investissement. Dans ce cadre, 27 % des profils principaux disent se recentrer sur des placements jugés plus sûrs et plus stables, comme l’immobilier ou les livrets d’épargne.
Un écart persistant entre connaissance et détention
Ce retour vers la prudence ne signifie pas pour autant que les choix d’investissement deviennent plus simples. Le baromètre souligne au contraire un écart persistant entre la connaissance déclarée des placements et leur détention effective. Les répondants disent connaître en moyenne cinq types de placement, mais n’en détenir que 2,6. Plus largement, seuls environ quatre investisseurs sur dix comprennent correctement le lien entre durée de placement et niveau de risque, un point pourtant central pour les produits de long terme.
Les SCPI bénéficient de l’image positive de l’immobilier
Les SCPI illustrent bien cette difficulté. Elles bénéficient de l’image positive attachée à l’immobilier, perçu par plus de huit répondants sur dix comme un actif concret et tangible. L’immobilier reste associé à la possibilité de générer des revenus réguliers, à une forme de valeur refuge et à un potentiel de valorisation sur longue période. Mais cette perception favorable ne suffit pas à lever les freins propres aux SCPI.
Une notoriété encore limitée
D’après les données publiées, 25 % des profils principaux déclarent connaître les SCPI, mais seuls 7 % en détiennent. Chez les profils plus jeunes interrogés dans l’enquête, la notoriété tombe à 20 % et la détention à 5 %. Le sujet n’est donc pas seulement celui de l’appétit pour l’immobilier : il porte aussi sur la compréhension du produit, de son fonctionnement, de ses risques et de ses modalités de souscription.
La pédagogie devient le principal enjeu
Le baromètre montre ainsi que le premier frein identifié n’est plus seulement la défiance, mais le manque de compréhension. Près d’un tiers des répondants estiment ne pas comprendre suffisamment le fonctionnement des SCPI. Cette difficulté est d’autant plus importante que les critères de choix d’un placement restent très concrets : les investisseurs mettent en avant la régularité des revenus, la liquidité et la prévisibilité des rendements.
Un produit de long terme qui doit être mieux expliqué
Pour les sociétés de gestion, l’enjeu devient donc moins de convaincre de l’intérêt théorique de l’immobilier que d’expliquer clairement ce que recouvre une SCPI : un placement immobilier collectif, exposé aux variations du marché, avec un horizon de détention long, une liquidité non garantie et des revenus non assurés. Le regain de crédibilité des nouveaux acteurs du secteur, jugés crédibles par près des deux tiers des investisseurs interrogés, ne dispense pas d’un effort de pédagogie.
Un intérêt réel, mais encore conditionné à la compréhension
Interrogés sur ce qui rendrait les SCPI plus attractives, les répondants citent d’abord la pédagogie, devant le rendement, la sécurité liée au risque locatif et la communication. Le signal est clair : dans un marché de l’épargne redevenu plus prudent, les SCPI disposent d’un socle d’intérêt, mais leur développement dépendra de leur capacité à être mieux comprises avant d’être davantage souscrites.