Comment investir la trésorerie de son entreprise en période de crise ?
En période d'incertitude économique, laisser une trésorerie importante sur un compte courant non rémunéré peut entraîner une érosion progressive de son pouvoir d'achat. Pour les dirigeants, l'enjeu consiste toutefois à rechercher du rendement sans compromettre la disponibilité des fonds nécessaires à l'activité.
Entre sécurité, liquidité et performance potentielle, les solutions ne répondent pas toutes aux mêmes besoins. Aux côtés des comptes à terme, des fonds monétaires et des contrats de capitalisation, certaines entreprises choisissent d'allouer une partie de leur trésorerie excédentaire à des opérations immobilières privées.
C'est notamment le positionnement de Seven At Home, qui propose aux personnes morales de financer des opérations de marchand de biens sur des horizons déterminés.
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Pourquoi la trésorerie non rémunérée peut perdre de la valeur
Une trésorerie laissée sur un compte courant non rémunéré ne génère aucun revenu pour l'entreprise. Même lorsque l'inflation ralentit, elle entraîne une diminution progressive de la valeur réelle des liquidités.
À titre d'exemple, une inflation annuelle de 2 % représente une perte théorique de pouvoir d'achat d'environ 2 000 euros sur une somme de 100 000 euros conservée pendant un an sans rémunération.
Cette observation ne signifie pas que toute la trésorerie doit être investie. Une entreprise doit conserver les liquidités nécessaires au paiement de ses charges, de ses échéances fiscales et sociales, de ses investissements ainsi qu'aux éventuels imprévus. Seule la part durablement excédentaire peut être envisagée pour un placement à plus long terme.
Seven At Home cible la trésorerie excédentaire des entreprises
Seven At Home propose aux sociétés et aux professionnels d'investir une partie de leur trésorerie dans des opérations immobilières d'achat, de rénovation et de revente.
La société, qui se présente comme le club deal immobilier n°1 en France, s'adresse notamment aux SAS, SARL, SCI, holdings et professions libérales. Le montant minimum annoncé est de 10 000 euros.
Le positionnement de Seven At Home repose sur le financement d'opérations immobilières qu'elle sélectionne et structure directement. Selon les informations communiquées par l'entreprise, les investisseurs souscrivent des obligations émises par les sociétés portant les projets.
Seven At Home ne doit donc pas être assimilée à un compte bancaire, à une SCPI ou à un placement de trésorerie garanti. Il s'agit d'un investissement obligataire exposé à la réussite des opérations immobilières financées.
Un rendement cible élevé en contrepartie d'un risque de perte
Seven At Home annonce un rendement cible pouvant atteindre 15 % par an, selon les opérations proposées. Ce rendement n'est pas garanti et dépend notamment du bon déroulement des travaux, du respect des budgets et des délais ainsi que des conditions de revente des biens.
La société indique proposer des durées d'investissement de 6, 12, 18 ou 24 mois. Les fonds restent toutefois immobilisés pendant la durée prévue et leur remboursement peut être retardé si l'opération rencontre des difficultés.
Le niveau de rendement annoncé doit donc être apprécié au regard du risque supporté. En cas d'échec du projet ou de défaillance de la société émettrice, l'investisseur peut subir une perte partielle ou totale du capital investi.
Ce type de support ne peut raisonnablement concerner que la part de trésorerie dont l'entreprise n'aura pas besoin pour financer son exploitation pendant toute la durée de l'opération.
Un modèle distinct des plateformes classiques de crowdfunding
Seven At Home indique intervenir comme opérateur immobilier et porteur de ses propres projets, plutôt que comme intermédiaire mettant en relation des investisseurs avec des promoteurs indépendants.
Cette distinction est importante sur le plan réglementaire. La société ne se présente pas comme un prestataire de services de financement participatif agréé par l'AMF. Elle indique recourir au régime juridique applicable aux placements privés et aux émissions obligataires bénéficiant d'une exemption de prospectus.
L'absence d'agrément PSFP ne signifie pas, à elle seule, que l'activité est irrégulière. Le régime applicable dépend de la manière dont les titres sont émis, commercialisés et proposés aux investisseurs.
Selon Seven At Home, les flux financiers sont traités par Lemonway, un établissement de paiement agréé. Cet agrément concerne toutefois la gestion technique des paiements. Il ne garantit ni la rentabilité des projets, ni le paiement des intérêts, ni le remboursement du capital.
Comment Seven At Home se compare aux placements classiques
Seven At Home ne répond pas au même objectif que les placements de trésorerie les plus sécurisés.
Le compte à terme propose une rémunération fixée à l'avance et une restitution du capital à l'échéance, sous réserve des conditions du contrat et de la solvabilité de l'établissement bancaire. Son rendement est généralement inférieur à celui annoncé par Seven At Home, mais son niveau de risque est également plus faible.
Les OPCVM monétaires offrent généralement une liquidité importante et une performance liée aux taux monétaires. Leur capital n'est pas formellement garanti, mais ils investissent dans des instruments à court terme et présentent habituellement une volatilité limitée.
Le contrat de capitalisation permet aux personnes morales éligibles d'investir sur des fonds en euros et des unités de compte. Son rendement et son niveau de risque varient fortement selon les supports choisis.
Le placement proposé par Seven At Home vise une performance nettement plus élevée, mais implique une immobilisation des fonds, un risque immobilier, un risque de crédit et une possibilité de perte en capital.
La comparaison ne doit donc pas porter uniquement sur le taux annoncé. Elle doit intégrer la liquidité, la garantie éventuelle du capital, la durée du placement et le risque réel de non-remboursement.
Quelle fiscalité pour l'entreprise ?
Les intérêts versés à une entreprise au titre d'une souscription obligataire sont généralement enregistrés en produits financiers dans son compte de résultat.
Ils s'intègrent au résultat imposable et sont soumis à l'impôt sur les sociétés selon le régime fiscal applicable à l'entreprise. Ils ne constituent pas des dividendes.
Le traitement comptable précis dépend néanmoins des caractéristiques de l'émission, de la date de rattachement des intérêts et de l'existence éventuelle d'un risque de non-remboursement.
Avant toute souscription, l'entreprise a donc intérêt à transmettre à son expert-comptable les documents contractuels, les conditions de l'émission obligataire ainsi que les informations relatives à la société porteuse du projet.
Les points à vérifier avant d'investir
Avant de souscrire, le dirigeant doit examiner chaque opération individuellement. Le rendement annoncé au niveau de la plateforme ne suffit pas à apprécier le risque propre à un projet.
Il convient notamment de vérifier :
• l'identité de la société qui émet les obligations ;
• la localisation et la nature du bien immobilier ;
• le prix d'acquisition et le budget des travaux ;
• la valeur de revente retenue dans le scénario financier ;
• le niveau d'endettement de l'opération ;
• l'apport engagé par Seven At Home ;
• les garanties ou sûretés accordées aux investisseurs ;
• le rang de remboursement des obligations ;
• les conditions de prorogation ou de remboursement anticipé ;
• l'historique des projets remboursés, retardés ou en difficulté.
La documentation doit également préciser les frais supportés directement ou indirectement par l'opération, même lorsque la plateforme annonce l'absence de frais d'entrée ou de gestion pour l'investisseur.
Une solution réservée à une poche de trésorerie réellement disponible
Seven At Home peut constituer une option de diversification pour une entreprise recherchant un rendement potentiel supérieur aux placements traditionnels et acceptant, en contrepartie, une immobilisation des fonds et un risque de perte.
Cette solution ne peut toutefois pas remplacer les liquidités nécessaires au fonctionnement quotidien de l'entreprise. Elle doit rester limitée à une poche de trésorerie durablement excédentaire, dont l'indisponibilité ou la perte éventuelle ne mettrait pas en danger l'activité.
En période de crise, le rendement le plus élevé n'est pas nécessairement le meilleur critère de choix. La décision doit reposer sur un équilibre entre la disponibilité des fonds, la solidité du projet immobilier, le cadre juridique de l'investissement et la capacité financière de l'entreprise à absorber un scénario défavorable.
Contenu conçu et proposé par Brisbane Media. La rédaction n'a pas participé à la réalisation de cet article.