Nexans : croissance organique de 4,9 % dans l'électrification au T1 2026
Nexans a publié mardi son information financière du premier trimestre 2026, marquée par une croissance organique de 4,9 % de ses activités d'électrification, tandis que le groupe franchit une étape majeure avec l'acquisition de Republic Wire aux États-Unis, plateforme de 520 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel. Cette expansion accélérée modifie le profil de risque financier du groupe : l'endettement devrait atteindre 1,2x en ratio dette nette sur EBITDA ajusté pro forma, avant de revenir sous 1,0x d'ici fin 2028.
Un premier trimestre soutenu par l'électrification malgré un chiffre d'affaires modéré
Le chiffre d'affaires consolidé de Nexans s'est établi à 1 496,8 millions d'euros au T1 2026, en hausse de 1,3 % par rapport au T1 2025. Cette progression résulte d'une croissance organique de 0,1 % et d'une contribution de 3,3 % liée aux acquisitions (Cables RCT en Espagne, Electro Cables au Canada), l'effet de change jouant négativement pour −2,0 %.
La dynamique provient exclusivement des trois activités principales regroupées sous le label Électrification, qui ont enregistré une croissance organique de 4,9 %. PWR-Transmission a progressé de 8,8 % en organique (chiffre d'affaires standard de 342 millions d'euros, +11,1 % en total), portée par l'expansion de projets de transmission et une agilité opérationnelle renouvelée après deux années de performance exceptionnellement élevée. PWG-Grid a progressé de 5,7 % en organique (322 millions d'euros standard, +2,9 % en total), soutenue par les data centers et les accords-cadres. PWR-Connect a affiché une reprise progressive avec 2,5 % de croissance organique (647 millions d'euros, +7,2 % en total grâce aux acquisitions).
En contraste, les Autres activités (fils de cuivre) ont enregistré un recul de 24,1 % en organique, conséquence d'un phasage atypique en 2025 lié aux anticipations de commandes américaines avant l'entrée en vigueur de droits de douane, suivie d'une contraction au second semestre.
Carnet de commandes robuste mais perspectives 2026 restrictives
Le segment PWR-Transmission dispose d'une visibilité forte jusqu'en 2028 avec un carnet de commandes ajusté de 7,9 milliards d'euros au 31 mars 2026, en hausse de 2,6 % par rapport au 31 décembre 2025 (incluant 1,2 milliard d'euros liés au projet Great Sea Interconnector). Cette base ordonnée offre de la prévisibilité, renforcée par un pipeline de projets robuste en Europe et par l'arrivée mi-2026 du navire câblier Nexans Electra.
Cependant, les perspectives 2026 confirmées par le groupe comportent plusieurs réserves : elles n'intègrent ni l'exécution du projet Great Sea Interconnector ni la contribution des acquisitions non finalisées. Cette prudence suggère que la croissance visible dans le carnet ne se traduira pas immédiatement en revenus 2026. De plus, Nexans anticipe une performance plus modérée au premier semestre 2026 qu'au second semestre.
Republic Wire : l'expansion nord-américaine
Nexans a annoncé le 27 avril l'acquisition de 100 % de Republic Wire, fabricant américain de câbles basse tension basé en Ohio, pour une valeur d'entreprise d'environ 680 millions d'euros plus un complément de prix jusqu'à 43 millions d'euros payable en 2028. Republic Wire génère environ 520 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel et dispose d'une plateforme industrielle automatisée de 32 500 m² ainsi qu'un centre de distribution de 30 000 m² récemment achevé, employant plus de 200 collaborateurs.
Cette acquisition s'inscrit dans la stratégie du groupe pour accélérer sa présence sur le marché américain de la basse tension (estimé à environ 12 milliards d'euros) au sein de segments porteurs (data centers, résidentiel, commercial). Combinée à l'acquisition d'Electro Cables au Canada, elle crée une plateforme nord-américaine intégrée. Financièrement, la transaction représente 10,3x l'EBITDA ajusté 2027E avant synergies et 7,6x après synergies en régime de croisière. Nexans anticipe des synergies d'environ 23 millions d'euros sur trois ans, avec 50 % réalisées dès la première année, pour des coûts de mise en œuvre similaires (environ 23 millions d'euros).
En base pro forma, le ratio dette nette sur EBITDA ajusté 2025 atteindrait environ 1,2x, avant de revenir confortablement en dessous de 1,0x d'ici fin 2028 grâce au désendettement planifié. La clôture est prévue début Q3 2026.