AgroGeneration : perte nette de 1 M€ au premier semestre, les prix des grains reculent d'au moins 30 %
AgroGeneration a publié le 30 octobre 2026 des comptes semestriels qui reposent en grande partie sur la vente de ses stocks de la récolte 2025. Ces stocks ont été écoulés à des prix supérieurs aux estimations retenues fin 2025.
Depuis juillet, les prix des grains ont reculé d'au moins 30 % sur le marché ukrainien. Cette baisse a réduit la valorisation attendue de la récolte 2026, que le groupe n'a pas encore commencé à vendre, hormis des volumes limités de colza.
Le producteur de céréales et d'oléagineux, dont les actifs sont situés à proximité de la ligne de front, indique que sa performance annuelle pourrait se dégrader si les prix ne se redressent pas. Dans le même temps, ses rendements progressent nettement par rapport à 2025.
EBITDA de 2,1 M€ et perte nette d'environ 1,0 M€ au premier semestre
Sur le premier semestre 2026, AgroGeneration a réalisé un chiffre d'affaires de 10,0 M€ et une marge brute de 1,4 M€. La vente d'environ 24 500 tonnes de stocks 2025, principalement du tournesol et du maïs, a dégagé à elle seule une marge de 1,1 M€.
La valorisation à la juste valeur de la récolte 2026 n'a contribué qu'à hauteur d'environ 0,2 M€. Les autres activités, essentiellement des prestations de services agricoles, ont apporté 0,1 M€.
Après 0,3 M€ de frais généraux et 0,6 M€ d'autres charges opérationnelles, le résultat opérationnel s'établit à 0,5 M€. L'EBITDA atteint 2,1 M€, mais les charges financières nettes de 1,5 M€ (intérêts sur les baux fonciers et les emprunts bancaires) conduisent à une perte nette d'environ 1,0 M€.
Le groupe présente en regard les comptes audités de l'exercice 2025, qui affichaient un résultat net de 3,7 M€. Il précise toutefois que ces données portent sur un exercice complet et ne sont pas directement comparables à un semestre.
Une récolte 2026 stockée dans l'attente d'une reprise des prix
Selon le groupe, l'escalade des attaques militaires russes et les restrictions sur les exportations de grains ukrainiens ont entraîné une offre excédentaire sur le marché intérieur. Les prix de vente ont reculé d'au moins 30 % à partir de juillet 2026.
Cette baisse a déjà pesé sur les comptes intermédiaires, via une révision à la baisse de la juste valeur des actifs biologiques par rapport aux estimations initiales. AgroGeneration prévoit de commercialiser ses cultures progressivement.
Une part importante de la récolte 2026 pourrait être stockée jusqu'à la fin de l'année, dans l'attente d'un redressement des prix en 2027. À la date de publication, le groupe indique ne pas observer de signe clair d'amélioration du marché.
Côté bilan, la dette nette s'établit à 8,7 M€ au 30 juin 2026, contre 12,6 M€ fin 2025. Hors dettes locatives IFRS 16, elle ressort à 0,3 M€, contre 5,5 M€. Le groupe rappelle que son endettement est traditionnellement plus élevé au premier semestre et devrait être inférieur en fin d'exercice.
Rendements en hausse, surfaces d'hiver ramenées à 6 500 hectares
À la mi-octobre, environ 70 % des surfaces de tournesol avaient été récoltées, avec un rendement net moyen de 2,50 tonnes par hectare, en hausse d'environ 40 % sur un an. Cette progression s'explique principalement par des conditions météorologiques favorables.
Elle tient aussi à la cession fin 2025 de la ferme Podolivska, dont les performances pesaient sur la moyenne du groupe. Le soja atteint 2,14 tonnes par hectare, contre 1,12 tonne en 2025.
La récolte du maïs devait débuter début novembre et pourrait, selon les conditions météorologiques et les capacités de séchage et de stockage, se prolonger jusqu'en 2027. Sur le plan du capital, le regroupement d'actions approuvé en assemblée générale le 30 juin 2026 se fera à raison de 110 actions anciennes pour une nouvelle.
La première cotation des nouvelles actions est prévue le 23 novembre 2026. Pour la campagne 2027, les semis d'hiver couvriront environ 6 500 hectares sur les quelque 21 000 hectares prévus, contre environ 9 100 hectares à l'automne 2025.
Le groupe accroît en contrepartie la part des oléagineux et des légumineuses, qui offrent des débouchés par la transformation locale alors que les exportations par les ports ukrainiens restent limitées.