Amoéba : autorisation d'Axpera en France et feuille de route fixée à 2030
Amoéba (biocontrôle microbiologique basé à Chassieu) a présenté le 24 septembre 2026 sa feuille de route à l'horizon 2030, à l'occasion de la publication de ses résultats provisoires du premier semestre 2026.
La société a franchi fin juin l'étape de l'autorisation pérenne de mise sur le marché de son biofongicide AXPERA en France, ouvrant la voie à la commercialisation. En parallèle, elle a lancé un processus destiné à valoriser sa plateforme cosmétique et engagé une double levée de fonds pour financer son développement.
AXPERA autorisé en France ; accords de distribution avec Koppert et Syngenta
L'ANSES a délivré fin juin à Amoéba l'autorisation pérenne de mise sur le marché de son biofongicide AXPERA en France. Cette autorisation permet désormais à d'autres États membres de l'Union européenne de finaliser leurs procédures nationales.
Amoéba a par ailleurs effectué plusieurs livraisons à Koppert dans le cadre du lancement commercial des produits TIAGAN (marché de la vigne) et YAZU (marché des légumes), élaborés à partir de sa solution. Les deux sociétés ont étendu leur accord de distribution d'un an supplémentaire, jusqu'en juin 2031.
Un accord avec Syngenta porte sur la distribution exclusive de la solution développée par Amoéba pour le marché des céréales, en ciblant le blé en priorité, dans les 27 pays de l'Union européenne, au Royaume-Uni, en Ukraine et en Suisse. Les premières homologations commerciales sont attendues au troisième trimestre 2028 et les premières ventes d'ici fin 2028.
Déficit opérationnel de 6 364 k€ au premier semestre 2026
Amoéba a réalisé son premier chiffre d'affaires lié à la vente de produits de biocontrôle (63 k€). Selon la société, les ventes ont été affectées par la délivrance de l'autorisation pérenne en France intervenue seulement à la toute fin du mois de juin, après la période d'utilisation des produits.
Les développements industriels ont progressé de 2 725 k€ entre le premier semestre 2025 et le premier semestre 2026, et les dépenses de recherche et développement de 725 k€. Le résultat opérationnel courant ressort à -6 364 k€, contre -3 083 k€ au premier semestre 2025. Après un résultat financier de -864 k€, le résultat net s'établit à -7 396 k€, contre -3 897 k€ un an plus tôt.
La trésorerie de la société au 30 juin 2026 s'élève à 5 521 k€, contre 4 722 k€ au 31 décembre 2025. Les capitaux propres ressortent à -5 974 k€ et l'endettement financier à 12 666 k€, principalement constitué de l'emprunt obligataire souscrit auprès de Nice & Green pour 11 908 k€.
Objectif de 40 M€ de chiffre d'affaires en 2030 et monétisation de la plateforme cosmétique
Amoéba vise dès 2027 un chiffre d'affaires compris entre 1 et 2 M€, appuyé sur la montée en puissance des contrats signés dans le secteur agricole. La société anticipe ensuite un chiffre d'affaires de l'ordre de 40 M€ en 2030, reposant à près de 85 % sur les activités agricoles, avec un résultat opérationnel courant supérieur à 10 % du chiffre d'affaires à cet horizon. À plus long terme, elle affiche l'ambition de doubler son chiffre d'affaires en 2032, à 80 M€.
En parallèle, la société a initié des échanges avec plusieurs acteurs de la dermocosmétique en vue de valoriser sa plateforme cosmétique Willa, échanges qui devraient être menés avec le soutien d'une banque d'affaires et qui s'inscrivent dans la perspective d'une monétisation à compter de 2027. Cette opération pourra prendre la forme d'une cession ou d'une licence exclusive.
Sur la base de ses ressources actuelles et de la lettre de soutien de son actionnaire de référence, Amoéba estime pouvoir faire face à ses obligations jusqu'au 31 décembre 2026. Le produit net de la double levée de fonds annoncée le 24 septembre 2026 doit permettre d'assurer la continuité d'exploitation jusqu'au 30 septembre 2027. La monétisation de la plateforme cosmétique, dont ni la réalisation, ni le calendrier, ni le montant ne sont acquis à la date du communiqué, est présentée comme un moyen de financer le plan de développement.