L'action Eiffage décroche de 3,5 % et casse son support à 122,25 €
Le groupe de BTP et concessions subit un net repli en séance, dans un marché parisien lourdement sanctionné par la résurgence des tensions au Moyen-Orient. Le titre efface son rebond du début de mois et s'installe sous plusieurs repères techniques suivis depuis le printemps. Le mouvement s'inscrit dans une correction généralisée du secteur de la construction français.
Un décrochage qui enfonce le support des 122,25 € et pèse sur la tendance
L'action Eiffage perd 3,46 % à 119,85 €, dans un CAC 40 qui abandonne 2,25 % et un SBF 120 en repli de 2,16 %. Le titre a enfoncé en séance son support à 122,25 €, un seuil qui avait tenu lors des consolidations précédentes, et évolue désormais sous ses trois moyennes mobiles de référence. L'écart au repère long est significatif : le cours cote 4,29 % sous la MM200 (125,22 €) et 6,61 % sous la MM20 (128,33 €), traduisant la rupture d'une dynamique de reprise entamée mi-juin.
Le RSI à 40 reste en zone neutre, sans signaler encore d'excès vendeur. Le mouvement s'aligne sur celui de Vinci (-3,56 %) et Bouygues (-2,15 %), l'ensemble du secteur construction français reculant dans le sillage d'un CAC 40 plombé par la nouvelle escalade entre Washington et Téhéran. Le VIX bondit de près de 20 % à 18,63, reflet du regain d'aversion au risque après les frappes revendiquées par les États-Unis et la riposte iranienne visant des installations au Koweït et à Bahreïn.
Un contexte de croissance externe active mais éclipsé par l'aversion au risque
Le groupe a annoncé, il y a quelques jours, l'acquisition par Eiffage Construction de 80 % du groupe luxembourgeois Baatz, une opération qui porte le nouvel ensemble à 750 collaborateurs et 200 millions d'euros de chiffre d'affaires. Cette croissance externe s'ajoute au marché remporté en juin sur la station de conversion offshore NSC2 en Allemagne, et à la négociation exclusive engagée sur le tunnel de Warnow à Rostock. Le fond du dossier reste donc alimenté, mais il est éclipsé aujourd'hui par la macro.
Du côté des avis d'analystes, CIC Market Solutions a initié hier son suivi à l'achat avec un objectif de 160 €, soit un potentiel de plus de 33 % par rapport au cours actuel. La conjoncture bâtiment française reste par ailleurs déprimée : climat construction à -18,2 en juin, carnets de commandes à -33, et activité TP en repli de 10 % sur trois mois selon la FNTP. Le prochain repère technique se situe désormais sur la MM200 à 125,22 €, dont la reconquête conditionnerait un retour au-dessus du support perdu.