L'action Eutelsat, lanterne rouge du SBF 120, casse son support
La journée tourne au rouge vif pour Eutelsat Communications, qui accuse la plus forte baisse du SBF 120 en cette mi-séance du 1er septembre 2026. Le titre a franchi à la baisse son seuil de support en cours de séance, aggravant une dégradation technique déjà bien engagée sur les dernières semaines.
Un support enfoncé en séance et des moyennes mobiles loin au-dessus du cours
L'action Eutelsat Communications perd 5,22 % à 1,74 € en séance, après avoir clôturé la veille à 1,84 €. Le repli du jour s'inscrit dans une tendance bien plus large : le titre cède 15,03 % sur un mois et 56,11 % sur trois mois, ce qui illustre l'ampleur de la dégradation depuis le printemps. En séance ce mardi, le cours a enfoncé le support à 1,83 € et s'y maintient en dessous, effaçant ainsi un niveau qui aurait pu freiner la pression vendeuse. Les moyennes mobiles confirment la détérioration : le cours est 13,21 % en dessous de la MM20 à 2,01 € et 19,24 % sous la MM50 à 2,16 €, tandis que la MM200 à 2,38 € se trouve 26,70 % au-dessus du cours actuel.
Ce triple écart négatif aux trois moyennes de référence témoigne d'une dynamique baissière installée sur toutes les temporalités. Le RSI à 32, en approche de la zone de survente, signale un épuisement progressif de la pression à la vente sans qu'un retournement soit pour autant lisible dans la configuration actuelle. Le MACD, avec un histogramme négatif à -0,015, confirme que la tendance baissière reste active. Parallèlement, le VIX progresse de 10,4 % en séance, signe d'une nervosité plus générale sur les marchés, dans un contexte où le CAC 40 cède 0,52 % et le SBF 120 recule de 0,51 %.
Un modèle en transition LEO qui peine à rassurer, malgré des résultats annuels publiés en août
Les comptes annuels publiés le 24 août 2026 pour l'exercice FY 2025, montraient une progression du chiffre d'affaires opérationnel de 1,8 % en comparable et une marge d'EBITDA ajusté de 51,2 %. La dette nette avait alors reculé de 1,16 milliard d'euros, un effort notable sur la structure financière. La montée en puissance du segment LEO (orbite basse), en hausse de 69,5 % à 297 millions d'euros et représentant désormais 25 % du chiffre d'affaires total, constitue le principal levier de croissance affiché par le groupe. Mais cette transition se heurte à des vents contraires structurels : la branche Vidéo a reculé de 13,1 % sous l'effet des sanctions contre les chaînes russes, et le segment GEO (orbite géostationnaire) est engagé dans un recul durable anticipé pour 2026-2027.
La résiliation des accords de capacité sur les satellites Express AT1 et AT2 alourdit également le tableau. En contrepartie, le groupe dispose d'un potentiel de compensation de 504 millions de dollars lié à la libération de la bande C aux États-Unis, et d'un contrat CENTAURE de 350 millions d'euros dans le cadre de l'accord-cadre NEXUS avec les Forces armées françaises, deux éléments qui n'ont pas suffi à enrayer la défiance des marchés sur la période récente. La prochaine résistance à surveiller est fixée à 2,22 €, désormais très éloignée du cours actuel.