Le CAC 40 passe sous 8 050 points, à la veille de la Fed
Le CAC 40 cède 0,86 % à 8 047,64 points. La Bourse de Paris évolue au rythme d'un marché tendu, saisi par une double contrainte : l'attente de la décision de la Réserve fédérale et un climat géopolitique lourd au Moyen-Orient.
Une séance sous influence extérieure
L'ambiance est prudente à Paris. Les investisseurs retiennent leur souffle avant la réunion de la Réserve fédérale, dont l'issue est attendue mercredi. Les marchés monétaires intègrent une forte probabilité d'un premier relèvement de taux depuis trois ans, destiné à contrer une inflation jugée tenace. En toile de fond, la flambée des prix de l'énergie pèse sur le moral. Un important oléoduc saoudien reliant le Golfe à la mer Rouge a été mis à l'arrêt après une attaque de drones, tandis que les attaques se multiplient contre les infrastructures et la navigation dans la région. Cette prime de risque géopolitique alimente la nervosité générale.
Le repli parisien s'inscrit dans un mouvement européen homogène. Le SBF 120 recule de 0,87 % en séance. En Europe, le DAX cède 0,85 % et le STOXX 600 abandonne 0,82 %, tandis que le FTSE 100 limite son recul à 0,64 %. La veille, à la clôture de lundi soir à Wall Street, le S&P 500 avait perdu 0,48 %, le Nasdaq 100 0,82 % et le Dow Jones 0,29 %.
La dispersion trahit un marché vendeur
L'ampleur de la baisse se lit dans la répartition des valeurs. Sur les quarante composantes du CAC 40, seules cinq progressent, contre trente-quatre en repli et une stable. Un déséquilibre net qui traduit une orientation vendeuse quasi généralisée. Rares sont les compartiments à résister, dans un contexte où la hausse des rendements souverains américains et le renchérissement du pétrole rebattent les cartes.
La défense et la distribution résistent, la tech et le luxe décrochent
Du côté des hausses, la défense tient le haut du pavé. Thales signe la meilleure performance de l'indice avec un gain de 2,82 % à 236,90 euros. Le groupe a annoncé, aux côtés d'Atos et Open, avoir remporté deux marchés infonuagiques de l'UGAP pour quatre ans, portant sur les environnements cloud et l'exploitation des infrastructures. CIC Market Solutions confirme par ailleurs sa recommandation à l'achat, avec un objectif inchangé à 305 euros. Derrière, les valeurs plus défensives limitent la casse : Eurofins Scientific gagne 0,72 %, Carrefour avance de 0,51 %, tandis que Safran (+0,16 %) et Legrand (+0,08 %) restent à l'équilibre.
À l'opposé, la technologie et le luxe concentrent les dégagements. Dassault Systèmes ferme la marche avec un repli de 3,25 % à 20,56 euros, suivi de Capgemini, qui perd 2,83 %. Le compartiment du luxe est également chahuté : LVMH abandonne 2,23 % à 408,15 euros, Bernstein ayant abaissé son objectif de cours de 600 à 520 euros tout en maintenant son avis à surperformance. Hermès International recule pour sa part de 1,77 % à 1 389 euros. Publicis complète le tableau des baisses avec un retrait de 1,88 %. Un ensemble qui illustre la défiance du jour envers les valeurs les plus sensibles au climat de marché.