Le CAC 40 tient tête à la hausse du pétrole après les frappes américaines en Iran
Le CAC 40 grappille 0,11 % à 8 348,08 points ce lundi à la mi-journée, dans un marché partagé entre nervosité géopolitique et bonnes surprises sectorielles. La cote parisienne affiche une dispersion très étroite, avec 21 valeurs en hausse pour 19 en baisse, signe d'une séance sans direction franche malgré un contexte international brûlant.
Une séance parisienne sous influence géopolitique
L'ambiance à Paris est dictée par le regain de tensions au Moyen-Orient. Après une nouvelle vague de frappes américaines sur des cibles iraniennes durant le week-end et des ripostes revendiquées contre des bases américaines au Koweït et à Bahreïn, les cours du brut se sont brutalement tendus. Le Brent bondit d'environ 4 % autour de 79 dollars le baril, le WTI franchissant les 74 dollars, chaque camp affirmant tenir le détroit d'Ormuz par lequel transitait, avant le conflit, près de 20 % du pétrole et du GNL mondiaux.
Cette prime de risque énergétique irrigue l'ensemble des places européennes. Le DAX progresse de 0,31 %, le FTSE 100 grappille 0,04 %, tandis que le STOXX 600 fait quasiment du surplace (-0,01 %). En Asie, le Nikkei 225 a lourdement décroché (-1,92 %) à la clôture, plombé par la double peine d'un pétrole cher et d'un yen faible : les prix de gros japonais ont atteint en juin leur rythme le plus élevé depuis plus de trois ans (+7,1 % sur un an), sous l'effet d'un bond de 22,8 % des prix des carburants.
Énergie, télécoms et santé tirent la cote
Sans surprise, la hausse du brut propulse TotalEnergies en haut de tableau, la major pétrolière avançant de 1,62 % à 69,49 euros. Elle est devancée de peu par Orange, en hausse de 1,89 % à 16,17 euros, l'opérateur télécoms confirmant son statut de valeur défensive prisée dans les séances chahutées.
Capgemini gagne 1,24 % à 90,06 euros, tandis que Veolia Environnement progresse de 0,91 % à 36,61 euros. Sanofi avance également de 0,91 % à 76,92 euros, portée par une nouvelle réglementaire de poids : la FDA a approuvé Sarclisa Escena, premier anticancéreux administré via un injecteur portatif, destiné au traitement du myélome multiple. Le laboratoire signe ainsi une première mondiale dans les dispositifs automatisés en oncologie.
Défense, spiritueux et matériaux à la traîne
Le bas du palmarès est occupé par Pernod Ricard, qui recule de 1,15 % à 63,46 euros, suivi de Saint-Gobain (-1,03 % à 75,02 euros) et d'EssilorLuxottica (-1,02 % à 169,65 euros). Le compartiment de la défense, longtemps porteur, souffre également : Safran cède 0,83 % à 333,30 euros après le passage à « neutre » de Citi, malgré un objectif de cours relevé de 305 à 315 euros. Thales abandonne 0,81 % à 221,50 euros, Morgan Stanley ayant ramené son opinion à « pondération de marché » avec un objectif nettement abaissé, de 280 à 253 euros.
Outre-Atlantique, Wall Street avait clôturé vendredi en ordre dispersé mais orientée à la hausse, le S&P 500 gagnant 0,42 % et le Nasdaq 0,29 %, un point d'appui qui limite pour l'heure la pression sur les indices européens malgré l'onde de choc géopolitique.