Medincell : les royalties Uzedy bondissent de 42 %, la perte nette atteint 31,3 M€
Medincell poursuit son pivot vers les revenus récurrents : les royalties de son premier produit commercialisé, Uzedy (risperidone), bondissent de 42 % à 9,3 M€. Cependant, la biotechnologie française voit sa perte nette se creuser de 70 %, passant de 18,4 M€ à 31,3 M€, reflétant une accélération des investissements R&D et une absence de revenus non récurrents. Le groupe met en avant une trésorerie renforcée après la levée de fonds de mars 2026, destinée à soutenir l’expansion de son pipeline et de sa plateforme technologique.
Uzedy accélère, mais l'absence de jalons pèse sur le total des revenus
Les revenus et autres produits s'élèvent à 24,3 M€, en baisse de 12 % en comparaison de l'exercice précédent (27,7 M€). Cette contraction masque deux dynamiques opposées. D'un côté, les royalties Uzedy progressent nettement : 9,3 M€ contre 6,5 M€ l'année antérieure, portées par une hausse de 54 % des ventes nettes réalisées par le partenaire Teva, qui s'élèvent à 215 M$ en dollars américains.
De l'autre, l'absence de revenus non récurrents explique le repli global. L'exercice 2024-25 avait bénéficié de 4,8 M€ de revenus de jalons liés à l'achèvement de l'étude de phase 3 pour l'Olanzapine. L'exercice 2025-26 n'enregistre aucun, tandis que les autres revenus partenariaux reculent à 10,2 M€ (contre 13,5 M€), reflet du calendrier des activités d'AbbVie et des programmes de santé mondiale.
Les dépenses d'exploitation s'accélèrent, creusant le déficit opérationnel
Les dépenses de fonctionnement atteignent 45,0 M€, en hausse de 17 % soit 6,5 M€ en valeur absolue. Cette progression est intentionnelle : elle répond à une stratégie déclarée d'expansion du pipeline et de renforcement de la plateforme technologique. Les dépenses de recherche et développement montent à 26,5 M€ (60 % des dépenses totales), tandis que les frais commerciaux et marketing augmentent à 4,2 M€, reflétant l'expansion géographique et la montée en charge des équipes.
En résultat, le déficit opérationnel courant s'élargit à 20,7 M€, contre un déficit de 10,8 M€ l'année précédente. La perte nette s'aggrave davantage : 31,3 M€ contre 18,4 M€, soit une hausse de 70 %. Cette détérioration provient aussi d'une perte financière de 10,6 M€, amplifiée par un ajustement non monétaire de 5,4 M€ lié à la réévaluation de dérivés (warrants EIB) en fonction de la hausse du cours de l'action.
Une trésorerie renforcée mais une rentabilité toujours lointaine
Medincell a levé 48,2 M€ en mars 2026, attrayant des investisseurs américains et européens de premier plan (Perceptive Advisors, Kurma, Affinity, Polar Capital). Cette opération porte la position de liquidités à 84,8 M€ (composée de 62,8 M€ de trésorerie et 22,0 M€ d'investissements financiers à faible risque). Parallèlement, les flux de trésorerie opérationnels sont négatifs : 24,6 M€ de sorties, contre 19,5 M€ d'entrées l'exercice précédent, illustrant la consommation de cash liée aux dépenses d'expansion.
Le groupe compte sur deux axes pour accélérer vers la rentabilité : l'Olanzapine LAI de Teva, attendue en Q4 2026 aux États-Unis après acceptation de la FDA en février 2026, et le premier programme AbbVie, entrant en phase d'études cliniques en 2027. À court terme, la société met en avant les fonds levés en mars 2026 pour soutenir l’expansion du pipeline, les opportunités de partenariats et sa plateforme LAI. Le modèle de royalties récurrentes émerge, mais le saut vers l'équilibre reste subordonné au succès commercial de ces partenaires clés.