Oeneo : CA en repli de 9,3 % à 275,5 M€, la division Élevage passe dans le rouge
Oeneo publie jeudi ses résultats annuels 2025-2026 dans un contexte d'environnement difficile pour la filière vitivinicole, marqué par une baisse historique de la production et une contraction de la consommation mondiale. Le groupe affiche un chiffre d'affaires de 275,5 M€, en retrait de 9,3 %, et une marge opérationnelle courante de 13,7 %. Derrière cette apparente résilience se dessine pourtant une fragilité : la division Élevage plonge en territoire négatif, tandis que la division Bouchage compense par sa forte profitabilité.
Chiffre d'affaires en retrait, mais profitabilité et trésorerie préservées
Le chiffre d'affaires annuel s'établit à 275,5 M€, en baisse de 9,3 % à taux de change constant. Cette contraction reflète à la fois la faiblesse des vendanges et les reports d'investissements de la clientèle dans un contexte inflationniste. Le résultat opérationnel courant atteint 37,8 M€, dégageant une marge opérationnelle courante de 13,7 %, un niveau que le groupe qualifie de solide.
La génération de trésorerie d'exploitation s'élève à 66,6 M€, en hausse par rapport à l'exercice antérieur (53,0 M€). Le free cash-flow, lui, progresse à 46,4 M€ contre 38,0 M€ l'année précédente, couvrant intégralement la distribution de dividende (22,5 M€), le rachat d'actions (15,5 M€) et les intérêts financiers (2,8 M€). Cette amélioration provient essentiellement d'une meilleure gestion du besoin en fonds de roulement, notamment via l'optimisation des stocks de bois dans la division Élevage.
Bouchage porte le groupe, Élevage pénalise gravement la rentabilité
La division Bouchage, qui représente 76 % du chiffre d'affaires consolidé, affiche une remarquable résilience. Avec un chiffre d'affaires de 210,7 M€ (baisse contenue à 5,3 %) et près de 2 milliards de bouchons en liège vendus, elle maintient une marge opérationnelle courante de 20,3 %, quasiment inchangée par rapport à l'exercice précédent (20,6 %). Cette performance repose sur une maîtrise étroite des coûts matières et de production, malgré des budgets clients contraints et des stocks abaissés chez les distributeurs.
À l'inverse, la division Élevage accumule les difficultés. Son chiffre d'affaires recule de 20,2 % à 64,8 M€, pénalisé par l'effondrement des investissements des viticulteurs, particulièrement aux États-Unis (contexte de droits de douane) et en France (marché du cognac affaibli). Cette chute d'activité se traduit par un résultat opérationnel courant déficitaire de -2,5 M€. Le groupe souligne que les mesures d'adaptation mises en place au cours de l'exercice ne porteront « pleinement leurs effets » qu'en 2026-2027, notamment dans la filière amont.
2026-2027 : consolidation annoncée sans relance visible
Pour l'exercice 2026-2027, le groupe anticipe un « nouvel exercice de consolidation » sans évolution notable de la conjoncture depuis le début de cet exercice. Le groupe poursuit ses actions d'optimisation des coûts, sa politique d'innovation (notamment autour de la nouvelle barrique Twood en Élevage) et le maintien de sa structure financière maîtrisée. L'endettement financier net demeure faible à 17,9 % des capitaux propres, tandis que la trésorerie disponible se renforce à 51,0 M€.
Le dividende ordinaire est maintenu inchangé à 0,35 € par action. L'enjeu central pour 2026-2027 réside dans la capacité de la division Élevage à retrouver rapidement une rentabilité positive, sans laquelle la marge opérationnelle du groupe pourrait se dégrader structurellement. La division Bouchage, elle, vise à consolider ses parts de marché tout en préservant sa profitabilité élevée.