Parrot pulvérise son record de chiffre d'affaires mais sa perte opérationnelle s'aggrave
Parrot franchit vendredi 27 mars un palier symbolique : celui des 80 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel. Ce cap record illustre la pertinence stratégique de ses choix technologiques et la dynamique du marché de la défense et de la sécurité. Pourtant, cette croissance s'accompagne d'une facture alourdie. La perte opérationnelle s'aggrave à 12,7 M€ contre 8,0 M€ un an plus tôt, tandis que la trésorerie recule sensiblement. Le groupe entre dans une phase où la visibilité commerciale doit se traduire en maîtrise opérationnelle.
Un record de chiffre d'affaires porté par la montée en charge technologique
Avec 79,8 M€ de chiffre d'affaires consolidé en 2025, Parrot enregistre une croissance de 6 % à taux de change constant par rapport à 2024. L'activité micro-drones, pivot stratégique du groupe, totalise 47,9 M€ (+2 % à taux constant), tandis que la photogrammétrie atteint 31,8 M€ (+11 % à taux constant). La dynamique repose sur le succès de la gamme ANAFI UKR, commercialisée depuis fin 2024, qui a assuré le relais technologique en moins de 18 mois. En parallèle, l'autopilote CHUCK 3.0 entre en phase d'intégration avancée chez les premiers partenaires. L'activité photogrammétrie, marquée par la transition vers un modèle d'abonnement, bénéficie du succès des nouvelles solutions, qui représentent désormais plus des deux tiers du chiffre d'affaires.
Des investissements massifs qui plombent la rentabilité actuelle
Les dépenses opérationnelles explosent à 72,8 M€ en 2025, contre 65,9 M€ en 2024, absorbant 91 % du chiffre d'affaires. Les dépenses de recherche et développement bondissent à 44,8 M€ (56,2 % du CA) contre 39,7 M€ en 2024, reflétant l'intensification des efforts pour finaliser et industrialiser la nouvelle offre. Les frais commerciaux et marketing progressent à 11,7 M€ pour accompagner le lancement d'ANAFI UKR. Résultat : la perte opérationnelle s'aggrave à 12,7 M€. Cependant, l'inflexion positive du deuxième semestre constitue un signal encourageant : avec un chiffre d'affaires de 46,2 M€, le groupe atteint l'équilibre opérationnel au S2 (résultat opérationnel courant de +0,2 M€), contre une perte de 12,9 M€ au premier semestre.
Une visibilité renforcée sur 2026, mais sous réserve de maîtriser la montée en charge
Parrot aborde 2026 avec un carnet de commandes déjà impressionnant pour la division micro-drones : le montant enregistré est proche du chiffre d'affaires réalisé par cette activité sur l'ensemble de 2025 (47,9 M€). Pour le premier semestre 2026, le groupe anticipe une croissance significative. Cette dynamique s'appuie sur la structuration des circuits d'acquisition en Europe et aux États-Unis, ainsi que sur l'adéquation technologique de la gamme avec les besoins de défense et sécurité. Toutefois, Parrot fait face à un défi majeur : la trésorerie s'est contractée de 10,6 M€ à 23,0 M€, alimentée par des flux opérationnels négatifs de 7,6 M€. Le groupe reconnaît explicitement que la montée en charge industrielle générera un besoin en fonds de roulement élevé, lié aux volumes croissants et aux tensions persistantes sur les marchés des composants électroniques. Le groupe dispose cependant des ressources financières nécessaires, renforcées par une convention de compte courant d'associé étendue à 20,0 M€ (contre 5,0 M€ initialement) et prolongée jusqu'à février 2028.