Rubis : 30e hausse consécutive du dividende, résultat net en bond de 19 %
Le groupe énergétique Rubis a délivré une 30e hausse consécutive de dividende, portée par un résultat net en hausse de 19 % à 309 millions d'euros en 2025. Une performance opérationnelle solide qui contraste avec un chiffre d'affaires en retrait de 2 %, révélant les défis d'un groupe pris entre la faiblesse du dollar et l'intégration de nouvelles activités bitume.
Une année record compensant les effets de change négatifs
Rubis confirme son statut de champion de la distribution énergétique avec un résultat net part du Groupe en hausse de 19 % à 309 millions d'euros en 2025, hors plus-value de cession réalisée en 2024. L'EBITDA s'établit à 741 millions d'euros, dans la partie haute de la guidance de 710 à 760 millions d'euros, progressant de 3 % en valeur publiée. À taux de change constant et hyperinflation stable, la croissance atteindrait 7 %, soulignant l'ampleur des vents contraires macroéconomiques absorbés par le groupe. Le cash-flow opérationnel bondit de 10 % à 735 millions d'euros, reflétant une amélioration du résultat financier et de la performance opérationnelle. Ces chiffres témoignent d'une « exécution rigoureuse » de la stratégie, selon les gérants, dans un contexte marqué par la faiblesse du dollar américain et l'incertitude géopolitique.
Croissance des volumes masquée par la contraction du chiffre d'affaires
Le paradoxe 2025 réside dans le décrochage du chiffre d'affaires à 6 534 millions d'euros, en repli de 2 % sur un an. Pourtant, les volumes de vente progressent de 6 % à 6 350 milliers de m³ dans la distribution d'énergies, avec des gains dans tous les segments clés : GPL +2 %, carburants +4 %, bitume spectaculaire +28 %. En Afrique, les volumes montent de 5 % tandis que les marges brutes augmentent de 8 %. Aux Caraïbes, la dynamique demeure soutenue malgré une baisse d'EBITDA de 1 % due aux effets de change et d'hyperinflation. Ce décalage entre volumes et chiffre d'affaires révèle l'impact dévastateur du taux EUR/USD sur la valorisation des activités, particulièrement dans les zones dollarisées. La division Photosol enregistre pour sa part une hausse de capacité installée de 21 % à 633 MWc, avec un chiffre d'affaires en hausse de 26 % à 62 millions d'euros.
Bilan fortifié mais croissance modérée en ligne de mire pour 2026
La structure financière de Rubis s'est consolidée de manière remarquable. La dette financière nette corporate chute de 30 % à 602 millions d'euros, avec un ratio d'endettement s'améliorant de 0,4x à 0,9x rapporté à l'EBITDA. Cette solidité permet au groupe de proposer une hausse de 2 % du dividende à 2,07 euros par action, marquant la 30e année consécutive de progression. Toutefois, les perspectives 2026 reflètent une prudence accrue : l'EBITDA Groupe est attendu entre 740 et 790 millions d'euros, soit une fourchette restreinte suggérant une croissance anémique. Le management cite l'accélération des coûts de développement chez Photosol comme poids sur les résultats, tandis que l'intégration des nouveaux actifs bitume en Europe (terminal d'Anvers depuis janvier 2026 avec 60 000 tonnes de capacité) doit progressivement monter en puissance. Rubis affiche aussi ses ambitions long terme via sa feuille de route « Think Tomorrow 2030 » visant un portefeuille bas-carbone multiplié par 5, mais le chemin vers ces objectifs reste parsemé de défis d'exécution.