Shell double son bénéfice ajusté à 10,8 Md$ au troisième trimestre et lance 5 Md$ de rachats d'actions
Shell a publié le 29 octobre 2026 un bénéfice ajusté de 10,8 milliards de dollars pour le troisième trimestre, contre 5,4 milliards un an plus tôt. La trésorerie dégagée a permis au groupe de réduire sa dette nette tout en lançant un nouveau programme de rachat d'actions de 5 milliards de dollars.
Le trimestre a aussi été marqué par la finalisation, le 2 septembre 2026, de l'acquisition du canadien ARC Resources, qui ajoute environ 370 000 barils équivalent pétrole par jour. Le bénéfice par action ajusté ressort à 1,93 dollar, au-dessus des 1,80 dollar attendus en moyenne par les analystes avant publication.
Le chiffre d'affaires, à 92,8 milliards de dollars, se situe en deçà des 100,9 milliards anticipés en moyenne par le consensus. Le quatrième trimestre devrait par ailleurs enregistrer une perte comptable sans effet de trésorerie liée à la réforme des retraites aux Pays-Bas, évaluée à 6,4 milliards de dollars au 30 septembre.
Un bénéfice ajusté de 10,8 Md$, porté par le raffinage et le GNL
Le résultat attribuable aux actionnaires atteint 12,1 Md$ au troisième trimestre, contre 10,8 Md$ au deuxième trimestre et 5,3 Md$ un an plus tôt. L'EBITDA ajusté s'établit à 22,7 Md$, contre 14,8 Md$ au troisième trimestre 2025, et la rentabilité des capitaux employés (ROACE) passe de 9,4 % à 14,4 % sur un an.
Par rapport au deuxième trimestre, le groupe attribue la progression à des marges de raffinage plus élevées, à la hausse des prix réalisés du GNL et à des volumes accrus dans le gaz intégré. Ces effets ont été en partie compensés par un recul du trading de brut et de produits pétroliers, des passations en charges de puits plus importantes et des prix des liquides plus bas.
La division Chimie et Produits illustre ce mouvement : son bénéfice ajusté atteint 3,9 Md$, contre 550 M$ un an plus tôt, dont 3,75 Md$ pour les seuls Produits. Dans le Marketing, une dépréciation de 1,9 Md$ après impôts a été passée, principalement sur des actifs de biogaz en Europe, sans effet sur le bénéfice ajusté.
Sur neuf mois, le bénéfice ajusté s'élève à 27,6 Md$, contre 15,3 Md$ en 2025. Le résultat attribuable aux actionnaires, à 28,6 Md$, dépasse déjà le résultat net de 17,8 Md$ publié pour l'ensemble de l'exercice 2025 lors des comptes annuels diffusés le 18 mars 2026.
La dette nette ramenée à 39,7 Md$ malgré l'intégration d'ARC
Les flux de trésorerie opérationnels atteignent 21,0 Md$ sur le trimestre et le free cash-flow 16,3 Md$. Les investissements de 7,9 Md$ incluent la part en numéraire du rachat d'ARC, en partie compensés par 2,7 Md$ de cessions, principalement Jiffy Lube International et la participation dans la plateforme Na Kika, dans le golfe du Mexique.
La dette nette recule à 39,7 Md$, contre 41,8 Md$ à fin juin, et le ratio d'endettement (gearing) passe de 18,7 % à 16,6 %. L'opération ARC, valorisée 14,0 Md$ en fonds propres et réglée majoritairement en actions Shell, a contribué à réduire ce ratio de 0,8 point.
Les distributions aux actionnaires totalisent 5,3 Md$ sur le trimestre, dont 3,2 Md$ de rachats d'actions et 2,2 Md$ de dividendes. Le dividende trimestriel est fixé à 0,3906 dollar par action, contre 0,3580 dollar un an plus tôt.
Côté volumes, la production d'hydrocarbures disponible à la vente s'établit à 2 574 milliers de barils équivalent pétrole par jour, contre 2 821 un an plus tôt.
Sur neuf mois, la production du gaz intégré recule de 17 %, principalement en raison de l'effet du conflit au Moyen-Orient sur les volumes qataris, mais elle progresse de 22 % sur un trimestre grâce à ARC.
Investissements 2026 attendus entre 23 et 25 Md$
Shell prévoit des investissements compris entre 23 et 25 Md$ sur l'exercice 2026, contre 21 Md$ en 2025. Pour le quatrième trimestre, le groupe anticipe une production du gaz intégré de 1 080 à 1 180 milliers de barils équivalent pétrole par jour, intégrant ARC, et une utilisation des raffineries comprise entre 92 % et 100 %.
En septembre, le groupe a pris la décision finale d'investissement sur la deuxième phase de LNG Canada, qui doit porter la capacité du site de 14 à 28 millions de tonnes par an. Détenteur de 40 % du projet, Shell recevra près de 6 millions de tonnes supplémentaires, avec une mise en service commerciale attendue au début des années 2030.
Plusieurs opérations restent en cours, dont la cession de Sprng Energy pour 1,8 Md$, attendue d'ici fin 2026 sous réserve des autorisations. La perte liée aux retraites néerlandaises, estimée à 6,4 Md$, reste soumise à une réévaluation actuarielle et peut encore évoluer.
Selon le consensus des analystes recensés, l'action se paie environ 8,6 fois les bénéfices attendus pour l'exercice en cours. Le nouveau programme de rachat d'actions de 5,0 Md$ doit être achevé d'ici la publication des résultats du quatrième trimestre, prévue le 4 février 2027.