TotalEnergies : bénéfice ajusté en hausse de 51 % au troisième trimestre
Le bénéfice ajusté de TotalEnergies a progressé de 51 % entre le deuxième et le troisième trimestre 2026, alors que le Brent a reculé de 7 % sur la même période, à 97 dollars le baril en moyenne. La hausse des résultats ne provient donc pas du prix du brut, mais des autres maillons de la chaîne du groupe.
Publiés le 29 octobre 2026, les comptes font apparaître un cash-flow (CFFO) de 12,3 milliards de dollars, en hausse de 25 % sur un trimestre. Ils montrent aussi un ratio d'endettement (gearing) ramené à 9,1 %, contre 13,1 % fin juin.
Raffinage et GNL : des résultats doublés en un trimestre
Le résultat opérationnel net ajusté des secteurs a atteint 9,7 milliards de dollars, contre 6,9 milliards au deuxième trimestre. Le pôle Raffinage-Chimie y a contribué à hauteur de 3,6 milliards, soit deux fois plus qu'au trimestre précédent, et le GNL intégré à hauteur de 1,9 milliard, contre 0,8 milliard.
Ces deux activités ont bénéficié de conditions de marché distinctes. L'indicateur de marge de raffinage européenne (ERM) s'est établi à 33,2 dollars par baril, contre 13,5 dollars, et les volumes traités dans les raffineries ont augmenté de 9 %. Le prix moyen de vente du GNL a progressé de 20 %, à 12,28 dollars par million de BTU.
L'aval (raffinage-chimie et distribution) a ainsi dégagé 4,1 milliards de dollars, un record pour le trimestre selon le groupe. L'Exploration-Production a en revanche enregistré 3,2 milliards, en recul de 2 % sur un trimestre, reflet, selon la société, de la croissance de la production, de la baisse des prix du pétrole et de la hausse de ceux du gaz.
Marketing & Services a reculé de 7 %, à 467 millions de dollars, tandis qu'Integrated Power a progressé de 13 %, à 602 millions, soutenu par la contribution des actifs TTEP sur un trimestre complet.
Production en hausse de 3 % et gearing ramené à 9,1 %
La production d'hydrocarbures a atteint 2 474 milliers de barils équivalent pétrole par jour, en hausse de 3 % sur un trimestre, grâce au retour progressif à la normale de la production au Moyen-Orient. Sur un an, elle recule de 1 %, le conflit dans la région ayant pesé à hauteur de 5 %.
Hors cet effet, la croissance de la production dépasserait 4 % sur un an selon le groupe, portée par la montée en puissance des projets lancés depuis 2025, notamment au Brésil, aux États-Unis et en Angola.
TotalEnergies fait état d'un free cash-flow supérieur à 6 milliards de dollars après versement du dividende. Sa dette nette est revenue à 13,8 milliards de dollars au 30 septembre, contre 19,7 milliards fin juin et 24,6 milliards un an plus tôt, pour un gearing de 9,1 %, contre 17,3 % fin septembre 2025.
Sur neuf mois, le résultat net part du groupe s'élève à 19,5 milliards de dollars, en hausse de 91 %. Il dépasse celui de l'ensemble de l'exercice 2025, qui s'était établi à 13,1 milliards de dollars selon les comptes annuels publiés le 7 avril 2026.
Sur le seul trimestre, les éléments d'ajustement ont représenté 0,8 milliard de dollars en négatif. Ils comprennent 1,9 milliard de dépréciations, notamment dans l'éolien en mer et sur la participation dans Hanwha TotalEnergies Petrochemical, partiellement compensées par 1,5 milliard d'effets de stocks et de juste valeur.
Dividende de 0,90 € confirmé et investissements nets maintenus à 15 milliards de dollars
Le conseil d'administration a confirmé un troisième acompte sur dividende de 0,90 € par action au titre de 2026, en hausse de 5,9 % par rapport à 2025. Il a autorisé 2,5 milliards de dollars de rachats d'actions au quatrième trimestre 2026, puis autant au premier trimestre 2027, conformément à l'objectif de restituer 40 % du cash-flow aux actionnaires.
Ces annonces interviennent alors que l'action avait inscrit un record à 81,63 € le 19 octobre 2026. Selon le consensus des analystes recensés, elle se paie environ 7,6 fois les bénéfices attendus pour l'exercice en cours.
Une nouvelle augmentation de capital réservée aux salariés a également été autorisée, avec une décote de 20 % sur le cours. Les investissements nets ont atteint 11,2 milliards de dollars sur neuf mois, et le groupe confirme une enveloppe d'environ 15 milliards sur l'année.
Pour le quatrième trimestre, TotalEnergies anticipe un prix moyen de vente du GNL supérieur à 14 dollars par million de BTU, dans un contexte où les cours du pétrole restaient au-dessus de 100 dollars le baril en début de période.
Hors effet du conflit, la production devrait croître de plus de 3 % sur un an, en ligne avec l'objectif annuel. Les volumes raffinés devraient rester comparables à ceux du troisième trimestre, malgré un arrêt de 20 jours de la plateforme de Normandie.