Vicat : chiffre d'affaires en hausse de 8,5 % au T1 2026, porté par les prix et la Californie
Le groupe cimentier Vicat a enregistré un chiffre d'affaires de 922 millions d'euros au premier trimestre 2026, en progression de 8,5 % à périmètre et change constants. Cette performance repose largement sur les augmentations tarifaires mises en œuvre en Europe pour compenser la hausse des coûts énergétiques, ainsi que sur le rebond des volumes aux États-Unis en Californie. En dépit de cette solidité initiale, le groupe doit faire face à des défis persistants : une visibilité limitée sur le marché américain, des effets de change défavorables en zones émergentes et des incertitudes géopolitiques qui pourraient peser sur les coûts énergétiques.
Europe et États-Unis : stabilisation des prix et rebond ponctuel
En Europe, le chiffre d'affaires consolidé affiche une légère hausse, soutenue par une dynamique de prix favorable. En France, l'activité ciment progresse malgré des volumes en retrait, pénalisés par des conditions météorologiques défavorables et le contexte électoral. Les hausses de prix visent à compenser l'augmentation des coûts de l'électricité liée à la fin du tarif régulé ARENH et à l'intégration du coût du CO2. En Suisse, après une année 2025 très dynamique, l'activité ciment se stabilise, la baisse légère des volumes étant compensée par une progression tarifaire.
Aux États-Unis, le premier trimestre a enregistré un net rebond des volumes en Californie, soutenu par un effet de base favorable (le premier trimestre 2025 ayant été affecté par les incendies de Los Angeles). Le groupe observe également les premiers signes de redressement du segment non résidentiel, particulièrement dans le Sud-Est avec la demande liée aux data centers. L'activité résidentielle reste néanmoins atone dans un contexte de taux d'intérêt élevés. L'environnement de prix demeure globalement stable, dans l'attente de hausses prévues à partir de l'été.
Pays émergents : croissance volumétrique compensée par les effets de change
Les pays émergents enregistrent une amélioration sensible de leurs performances. Au Brésil, l'activité ciment poursuit sa progression soutenue par la demande dans la région Centre-Ouest et la contribution de Realmix. Les prix continuent de progresser. En Inde, la croissance résulte d'une augmentation des volumes à prix constants, portée notamment par les États du Sud. En Turquie, la performance bénéficie d'une base de comparaison favorable et d'une demande domestique bien orientée en Anatolie centrale.
Cependant, les effets de change ont de nouveau pesé sur la performance : forte dépréciation des livres turque et égyptienne ainsi que de la roupie indienne face à l'euro. En base publiée, ces impacts s'ajoutent à la faiblesse du dollar américain, qui continue de réduire la traduction des résultats en euros. La zone Afrique enregistre une forte progression, notamment au Sénégal grâce aux grands projets d'infrastructures et à la montée en puissance du four 6, tandis qu'au Mali le rebond reste fragile dans un environnement opérationnel peu prévisible.
Confirmation des objectifs annuels sous conditions géopolitiques
Le groupe confirme ses objectifs pour 2026 : croissance modérée du chiffre d'affaires à périmètre et change constants, croissance modérée de l'EBITDA à périmètre et change constants, et investissements industriels nets décaissés de l'ordre de 290 millions d'euros. Cette confirmation reste assortie d'une condition explicite : l'absence d'escalade et de prolongation significative du conflit au Moyen-Orient. Le groupe relève en effet que ce conflit pourrait affecter les coûts énergétiques et le contexte macroéconomique, bien qu'il bénéficie actuellement de politiques de couverture systématiques adaptées à chacun de ses marchés pour amortir la volatilité. Par ailleurs, le groupe accélère l'intégration de l'intelligence artificielle via une Digital Factory (1817) et mène des discussions avancées avec une start-up spécialisée pour renforcer ses capacités d'optimisation des coûts de production.