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Le titre du géant hôtelier affiche une progression de 3,26 % en 2025, contre 10,42 % pour l'indice parisien. Trois épisodes de baisse rapide ont marqué l'année, concentrés entre février et septembre. La publication semestrielle a cristallisé les inquiétudes, notamment sur l'impact négatif des changes. Les analystes gardent malgré tout confiance avec un objectif moyen à 53 euros.
Sur l'année écoulée, l'action Accor a progressé de 3,26 %, une performance en net retrait par rapport à l'indice phare de la place parisienne. Le titre a terminé l'exercice à 48,22 euros, légèrement au-dessus du seuil de résistance des 48,13 euros. Trois phases de correction, toutes orientées à la baisse, ont pesé sur la trajectoire. La plus brutale s'est produite début avril, avec un décrochage de 10,5% en trois séances seulement, le titre passant de 40,34 euros à 36,12 euros entre le 3 et le 7 avril. Cette chute s'est inscrite dans un contexte de prise de bénéfices généralisée sur le secteur du voyage et des loisirs, alors que le titre était sorti d'un rebond temporaire. Un mois plus tôt, en février, le marché avait sanctionné l'action à l'annonce des résultats annuels 2024, pourtant qualifiés de « record » par le groupe. Malgré une croissance du chiffre d'affaires de 11 % à 5,6 milliards d'euros et un excédent brut d'exploitation en hausse de 12 % à 1,12 milliard d'euros, le titre avait reculé de 7,4 % entre le 17 et le 21 février. Les investisseurs semblaient déjà se montrer prudents face aux perspectives. Enfin, entre le 25 août et le 3 septembre, une nouvelle correction de 7,05 % a ramené le cours de 43,95 euros à 40,85 euros, dans un climat général de volatilité marqué par les incertitudes macroéconomiques.
Le groupe a affiché au premier semestre 2025 une « bonne dynamique malgré un contexte géopolitique complexe", mais c'est surtout la publication de fin juillet qui a déclenché la réaction la plus forte. L'effet de change pesait à hauteur de 60 millions d'euros sur l'EBITDA annuel, soit un impact de 5 %, bien au-delà des 2 % anticipés. Le titre a dévissé de 13 % vers 43,1 euros, plombé par la chute des recettes en zone Dollar. Malgré des fondamentaux opérationnels bien orientés, avec une augmentation de 9,4 % de l'EBITDA à 552 millions d'euros, dépassant le consensus, le marché a retenu avant tout le ralentissement du RevPAR et l'ampleur des impacts de change. Pour l'ensemble de l'année, le RevPAR était attendu en amélioration comprise entre 3 et 4 %, une cible confirmée mais jugée prudente. Le groupe maintient une trajectoire de croissance structurelle, avec un objectif d'excédent brut d'exploitation relevé à 11-12 %, contre 9-10 % précédemment, grâce à des mesures d'économies additionnelles de 20 millions d'euros. L'activité reste soutenue par la diversification géographique et la montée en gamme, notamment dans le segment Luxe & Lifestyle, qui continue de surperformer.
Les analystes restent globalement confiants, avec un consensus unanime à l'achat. L'objectif moyen de 53 euros fait ressortir un potentiel de hausse de 10 % par rapport au cours de clôture de fin d'année. Ce décalage traduit l'écart entre les fondamentaux jugés solides et une valorisation déprimée par les incertitudes de change et la prudence du marché sur le rythme de croissance des prix hôteliers. Plusieurs leviers pourraient jouer en 2026. Le groupe poursuit son programme de rachats d'actions, avec une première tranche de 200 millions d'euros finalisée au premier semestre 2025, suivie d'une seconde tranche de 240 millions d'euros. Par ailleurs, l'éventuelle cotation en Bourse d'Ennismore, sa filiale lifestyle, est citée depuis longtemps comme un potentiel catalyseur de valeur. Les perspectives restent néanmoins conditionnées à l'évolution des taux de change, en particulier du dollar, et à la capacité du groupe à maintenir une dynamique tarifaire dans un environnement macroéconomique incertain. Le rebond dépendra aussi de la matérialisation des gains d'efficacité opérationnelle et du succès des nouvelles ouvertures, notamment dans le luxe. Sans certitude, le scénario d'un rattrapage progressif reste plausible si les devises se stabilisent et que la demande mondiale résiste.
Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre purement indicatif et ne constituent en aucun cas une recommandation d’investissement, une incitation à acheter ou vendre un actif financier, ni un conseil en placement. Le lecteur est invité à réaliser ses propres recherches avant toute décision. Les investissements en bourse comportent des risques, notamment de perte en capital. La performance passée d’un actif ou d’un marché ne présage en rien de ses performances futures. Toute décision d’investissement doit être prise en tenant compte de votre situation financière personnelle, de vos objectifs et de votre tolérance au risque.
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