Action Legrand : un pari gagnant sur 2025-2027 ?
L'action Legrand affiche une progression de près de 13 % depuis le début de l'année, dans un contexte marquée par des résultats solides.
Une performance annuelle portée par les résultats et la stratégie d'acquisition
Legrand a achevé 2024 avec un chiffre d'affaires de 8,65 Md€ (+2,8%), dépassant les attentes du marché. Le segment phare des datacenters, représentant 20% du CA, a enregistré une croissance à deux chiffres. Cette performance s'appuie sur neuf acquisitions récentes, dont l'impact périmètre a contribué à hauteur de +2,2% en 2024, avec un effet attendu de +4% en 2025.
La marge opérationnelle ajustée se maintient à 20,5%, soutenue par des restructurations réussies. Le cash flow libre de 1,29 Md€ (14,9% du CA) permet de financer dividende (2,20 €/action, rendement 2,1%) et ambitions de croissance : 5 Md€ prévus pour des acquisitions d'ici 2030. Ces éléments expliquent la hausse de 8,90% de l'action sur un an, culminant à 111,95 € en février 2025 après la publication des résultats.
Sur le mois récent, l'action a néanmoins reculé d'environ 4%. Un phénomène qui peut en partie s'expliquer par un réalignement après des sommets de 111,95 € et des craintes sur les tensions commerciales sino-américaines. Le titre reste cependant sur une tendance de progression, surperformant le CAC 40.
2025 : entre guidance ambitieuse et vents contraires
La feuille de route 2025-2027 présentée le 25 mars lors de la Journée Investisseurs RSE vise une croissance des ventes de +6% à +10%, dopée par l'innovation (35% du CA issu de produits lancés depuis moins de 3 ans) et le boom des datacenters. Les analystes de J.P.Morgan soulignent le leadership technologique dans ce secteur en croissance.
Cependant, trois risques pèsent :
- La baisse du marché chinois (-7% au T4 2024)
- L'impact potentiel de droits de douane américains sur les coûts
- La sensibilité aux taux d'intérêt (dette nette de 2,1 Md€)
Le consensus des analystes table sur un objectif moyen de 115 €, soit un potentiel de +9,5% environ par rapport au cours actuel. RBC salue une guidance « solide » malgré un environnement complexe, tandis que Morgan Stanley met en garde contre la dépendance aux acquisitions.
A court terme, restons prudent. A moyen terme, soyons peut-être opportun ?
À court terme, le titre pourrait connaître une volatilité autour des publications clés : résultats du T1 le 7 mai et assemblée générale du 27 mai 2025. La « quiet period » débutant le 7 avril pourrait limiter les mouvements.
Sur 12-18 mois, l'argument d'investissement repose sur :
1. La montée en puissance des datacenters (+30% de parts de marché visées d'ici 2030)
2. Le plan de rachats d'actions (50% du cash flow libre)
3. L'impact de la transition énergétique (30% des solutions liées à l'efficacité énergétique)
Pour les investisseurs income, le dividende (ratio de distribution de 50%) offre une ligne défensive, tandis que les growth investors misent sur le doublement du CA d'ici 2030 (objectif 12-15 Md€). La configuration technique (support à 100,70 €, résistance à 111,95 €) invite à une accumulation progressive sous 105 €.
A suivre.