Action Tour Eiffel : +109 % en une séance, l'offre de retrait de SMABTP dope la cote
La Société de la Tour Eiffel connaît un mouvement boursier intense. Le titre de la foncière cotée a bondi de près de 109 % en une seule séance, passant de 3,81 € à 7,96 €, en lien avec l'annonce d'une offre publique de retrait déposée par son actionnaire majoritaire SMABTP. Un doublement de cours aussi brutal soulève une question immédiate pour les investisseurs : reste-t-il un intérêt à se positionner sur ce dossier ?
Un cours propulsé par l'offre de retrait à 8,20 € de SMABTP
Le catalyseur de cette envolée est clairement identifié. Le 2 avril, le groupe SMABTP, qui détient déjà 95,35 % du capital de la Société de la TOUR EIFFEL, a annoncé le dépôt d'un projet d'offre publique de retrait sur les actions qu'il ne possède pas encore, au prix de 8,20 € par action. Ce prix représente une prime d'environ 115 % par rapport au dernier cours coté avant l'annonce. Le marché a immédiatement ajusté la valorisation du titre, qui est passé de 4 € il y a dix jours à 7,96 € ce vendredi matin, soit une hausse de 99 % sur la période. Le RSI atteint désormais un niveau extrême de 92, signe d'une tension acheteuse massive, tandis que le cours se situe très nettement au-dessus de ses moyennes mobiles à 20 jours (4,16 €), 50 jours (4,13 €) et 200 jours (4,54 €). Sur un an, le titre affiche désormais une performance de plus de 65 %, et de près de 89 % sur trois mois, l'essentiel du mouvement s'étant concentré sur les tout derniers jours.
Un potentiel résiduel limité mais une mécanique de marché lisible
Pour un investisseur, la situation appelle à la prudence sur le timing. Le cours actuel de 7,96 € se rapproche très fortement du prix de l'offre de retrait fixé à 8,20 €, ne laissant qu'un écart résiduel d'environ 3 %. Cet écart correspond classiquement à la prime de liquidité que le marché conserve tant que l'offre n'a pas abouti. L'assemblée générale est prévue le 29 avril 2026, date qui pourrait constituer une étape-clé dans le calendrier de l'opération.
Le beta quasi nul du titre (-0,03) confirme que la Société de la TOUR EIFFEL évolue de façon largement décorrélée du marché : les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et la volatilité ambiante sur les indices — le CAC 40 cédait 0,24 % le 2 avril — n'ont eu aucun impact sur le mouvement du titre, entièrement dicté par l'opération capitalistique. Le risque principal réside désormais dans un éventuel blocage ou un retard réglementaire de l'offre.
Néanmoins, la détention de 95,35 % du capital par SMABTP laisse peu de doute sur l'issue de l'opération. L'enjeu pour les porteurs actuels se résume à arbitrer entre la vente immédiate sur le marché à un cours très proche du prix offert, ou l'attente de la clôture formelle de l'offre pour capter les derniers centimes de prime. Pour un investisseur extérieur, le potentiel de gain apparaît désormais très réduit au regard du risque d'immobilisation du capital.