Air Liquide : une résilience remarquable dans un marché parisien en demi-teinte
L'action Air Liquide affiche une performance solide avec une hausse de 9% sur un mois, défiant la volatilité ambiante.
Une journée technique sous le signe de la résistance aux chocs externes
L'action Air Liquide a clôturé hier à 185,14€ après avoir oscillé entre 183,76€ et 185,78€, son plus haut depuis le record historique. Avec un volume d'échanges de 159.204 titres pour une valeur totale de 29,4 millions d'euros, l'activité reste soutenue sans atteindre les niveaux de février marqués par la publication des résultats. Cette performance quotidienne s'inscrit dans une tendance haussière de +18% depuis le 1er janvier, surpassant largement le CAC40 qui progresse de +9% sur la même période. La résilience du titre s'explique en partie par son statut de valeur refuge dans les secteurs industriels essentiels, alors que les investisseurs fuient les actifs technologiques vulnérables aux tensions commerciales.
Des fondamentaux renforcés par une stratégie de décarbonation offensive
Les derniers résultats annuels 2024 ont confirmé la robustesse du modèle : chiffre d'affaires à 27,05 Md€ (+2,6% à périmètre comparable), marge opérationnelle en hausse de 150 points de base à 19,9%, et dividende proposé en progression de 13,7%. Le groupe capitalise sur sa stratégie ADVANCE 2025 avec des investissements record de 4,4 Md€ dans l'hydrogène bas carbone et des contrats structurants comme celui signé avec TotalEnergies pour des électrolyseurs en Europe. La récente acquisition de 20 hôpitaux dans le cadre de leur transition énergétique est un autre exemple de cette diversification. Ces avancées concrètes permettent au titre de résister au ralentissement du secteur manufacturier américain (-4% sur le Nasdaq hier).
Perspectives : entre ambition stratégique et vents contraires géopolitiques
Les analystes de StockScan tablaient sur un cours moyen de 151€ pour 2025, projection que le titre dépasse aujourd'hui largement. Cette dichotomie s'explique par le momentum créé par le plan de relance de défense européen de 800 Md€ et les besoins croissants en gaz industriels pour la défense. Cependant, les risques persistent : le cours reste sensible aux fluctuations du dollar et aux annonces imprévisibles de l'administration Trump sur les droits de douane.
Techniquement, le franchissement du seuil des 176€ en février ouvre la voie vers 190€, à condition de maintenir le support des 180€. La publication imminente des données sur l'inflation américaine pourrait être le prochain catalyseur de volatilité.