Le CAC 40 est sous pression : le luxe et la tech décrochent
Le CAC 40 cède 0,58% à 8 155,66 points, dans une séance marquée par une nervosité palpable. La dispersion est sans appel : seulement 13 valeurs en hausse contre 27 en baisse, sur fond de bond spectaculaire du VIX, l'indice de la peur des marchés américains, qui s'envole de 15%.
Une séance européenne sous tension généralisée
Paris n'est pas seul à souffrir. La place parisienne s'inscrit dans un mouvement de repli européen plus large et plus marqué ailleurs : le DAX allemand recule de 2%, le FTSE 100 londonien chute de 2,2% et le STOXX 600 cède 1,34%. En comparaison, le CAC 40 limite la casse. Outre-Atlantique, le tableau est plus contrasté avec un Dow Jones et un S&P 500 quasiment à l'équilibre, tandis que le Nasdaq grappille un repli modéré. Le saut brutal du VIX, qualifié de « spike », traduit un regain soudain d'aversion au risque qui se diffuse à travers les actifs européens.
Ce climat est entretenu par la résurgence des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, avec un baril de Brent qui se maintient au-dessus des 92 dollars après de nouvelles frappes américaines contre des cibles iraniennes. Le scénario d'une perturbation prolongée du détroit d'Ormuz, par où transite une part majeure du brut mondial, pèse sur la confiance des investisseurs et ravive la prime de risque énergétique.
STMicroelectronics et Danone portés par les analystes, Veolia mobilise ses salariés
Du côté des hausses, le contraste avec la tendance générale est net. STMicroelectronics caracole en tête du CAC 40, avec un gain de 1,67% à 62,55 euros, après le relèvement de l'objectif de cours par Bank of America, qui le porte de 71 à 86 euros tout en confirmant son conseil à l'achat.
Danone suit de près avec une progression de 1,53% à 66,30 euros. Le géant agroalimentaire bénéficie d'un relèvement de Grupo Santander, qui passe de « neutre » à « surperformance » avec un objectif rehaussé à 85 euros.
Veolia Environnement s'octroie 1,14% à 34,52 euros, alors que le groupe a lancé son plan d'actionnariat salarié 2026, avec un abondement pouvant atteindre 300 euros pour ses 180 000 collaborateurs dans le monde. Euronext (+0,92%) et Thales (+0,82%) complètent ce quintet à contre-courant.
Hermès, Dassault Systèmes et Sanofi en bas de tableau
Le repli est plus net du côté des baisses, où plusieurs poids lourds sectoriels reculent simultanément. Hermès International signe la pire performance de l'indice, cédant 2,49% à 1 624 euros, entraînant dans son sillage un secteur du luxe qui rappelle sa sensibilité aux tensions internationales. Dassault Systèmes abandonne 2,06% à 19,29 euros, suivi de Capgemini, en repli de 1,95% à 98,54 euros : la tech française paie son tribut à la nervosité ambiante.
Renault recule de 1,70% à 26,66 euros, malgré la présentation de sa Renault 4 E-Tech Plein Sud, déclinaison loisir de la citadine électrique. Sanofi abandonne 1,66% à 75,76 euros, sur fond de revers clinique : le laboratoire a annoncé l'arrêt de son étude de phase 3 MOBILIZE sur le riliprubart, après une analyse intermédiaire défavorable réalisée par le comité indépendant de surveillance des données. Cette décision concerne un candidat-médicament destiné aux patients atteints de polyneuropathie démyélinisante inflammatoire chronique réfractaire.