Bourse de Paris : le CAC 40 décroche, 34 valeurs sur 40 dans le rouge à mi-séance
Le CAC 40 recule nettement ce vendredi à mi-journée, perdant 1,07 % à 7 686 points dans un marché quasi unanimement orienté à la baisse. Sur fond de tensions géopolitiques ravivées entre Washington et Téhéran et d'un baril de pétrole remonté à 106 dollars, la place parisienne subit une séance sous forte pression, avec seulement 6 valeurs en hausse sur les 40 composantes de l'indice.
Une séance dominée par les tensions au Moyen-Orient et la flambée du pétrole
Le CAC 40 évolue à 7 686,46 points, en recul de 1,07 %. Le SBF 120 suit une trajectoire similaire, en baisse de 1,09 %. La dispersion est sans appel : 34 valeurs sont dans le rouge, 6 seulement parviennent à surnager, et aucune n'est stable. Le marché parisien affiche une teinte uniformément négative, rare en intensité.
Le contexte géopolitique s'est nettement durci ces dernières heures. Donald Trump a publié un message menaçant à l'encontre de l'Iran sur Truth Social, sommant Téhéran de « devenir sérieux avant qu'il ne soit trop tard ». Quelques heures plus tard, il annonçait repousser une nouvelle fois l'ultimatum de bombardements sur des infrastructures vitales au 6 avril prochain. Cette alternance de chaud et froid intervient alors que des négociations indirectes se poursuivent via le Pakistan, la Turquie et l'Égypte.
Résultat direct : le baril de Brent est remonté à 110 dollars, après être brièvement repassé sous les 100 dollars le 23 mars. Cette flambée du brut, conjuguée à un VIX toujours élevé à 25,33, traduit un climat de nervosité marqué sur l'ensemble des marchés. La volatilité reste à des niveaux de tension, même si l'indicateur de peur a reflué de 6 % par rapport à la veille.
Pernod Ricard, Capgemini et Air Liquide résistent dans un océan de rouge
Dans ce contexte adverse, rares sont les valeurs qui tirent leur épingle du jeu. Pernod Ricard signe la meilleure performance de la matinée avec un gain de 3,27 % à 61,90 euros, sans catalyseur identifié particulier. Capgemini progresse de 1,43 % à 97,58 euros, tandis que Sanofi avance de 1,28 % à 82,19 euros.
Air Liquide gagne 0,62 % à 172,38 euros. Le groupe a inauguré sa première usine de fabrication de matériaux avancés pour semi-conducteurs à Taïwan, un investissement qui s'inscrit dans sa stratégie de renforcement dans la chaîne d'approvisionnement des puces de nouvelle génération. Par ailleurs, Morgan Stanley a relevé sa recommandation sur le titre, passant de « souspondérer » à « pondération en ligne », avec un objectif fixé à 168 euros. Eurofins Scientific complète le tableau des rares rescapées avec une hausse modeste de 0,29 % à 61,98 euros.
STMicroelectronics chute de près de 5 %, les cycliques et les banques sous pression
En queue de peloton, STMicroelectronics accuse le plus lourd repli de la matinée : -4,90 % à 27,87 euros. Le fabricant franco-italien de semi-conducteurs souffre malgré le relèvement de l'objectif de cours de Jefferies, passé de 29 à 35 euros, la recommandation « achat » étant maintenue. Le titre reste sous pression dans un secteur technologique fragilisé par le climat d'aversion au risque.
Les valeurs cycliques et industrielles figurent parmi les premières victimes de la séance. ArcelorMittal, très exposé au cycle économique mondial, perd 3,17 % à 43,08 euros. Legrand cède 2,94 % à 128,70 euros. Eiffage recule de 2,85 % à 127,70 euros, dans une journée où le groupe de BTP a par ailleurs annoncé avoir renforcé sa participation au capital de Getlink, l'exploitant du tunnel sous la Manche, à hauteur de 29,40 % du capital et 29,50 % des droits de vote.
Le secteur bancaire n'est pas épargné. Société Générale abandonne 2,49 % à 61,80 euros, alors que KBW a abaissé son objectif de cours sur le titre de 77 à 72 euros. L'ensemble du compartiment financier pâtit du regain d'incertitude géopolitique, qui pèse sur les anticipations de croissance mondiale.