Bourse de Paris : le CAC 40 décroche à mi-séance, trois valeurs sur quatre dans le rouge
Le CAC 40 recule nettement ce jeudi à la mi-journée, perdant 0,81 % à 7 782,67 points dans un marché très majoritairement baissier. Alors que les tensions géopolitiques autour de l'Iran semblaient s'apaiser en début de semaine, la nervosité reprend le dessus sur les marchés européens, comme en témoigne un indice de volatilité VIX en forte hausse.
Une séance sous pression : 30 valeurs du CAC 40 en baisse sur 40
Le déséquilibre est frappant. À 12h30, seulement 10 valeurs du CAC 40 affichent un gain, contre 30 en repli. Aucune n'évolue à l'équilibre. Ce ratio traduit une séance dominée par les vendeurs, sans qu'un catalyseur sectoriel isolé ne se détache.
Le contexte reste marqué par les tensions géopolitiques entre Washington et Téhéran. Dimanche 23 mars, les marchés avaient violemment décroché avant de rebondir dans la journée après l'annonce de discussions qualifiées de « très fructueuses » par Donald Trump, repoussant la menace de frappes américaines sur l'Iran. Trois jours plus tard, l'incertitude n'a pas disparu. Le VIX, souvent considéré comme le baromètre de la peur des marchés, progresse de 3,06 % à 26,95 points, un niveau qui traduit une nervosité persistante chez les investisseurs.
Le SBF 120 suit la même trajectoire, en recul de 0,83 % à 5 889,07 points à la même heure.
Kering, TotalEnergies et Sanofi résistent dans un marché difficile
Dans ce paysage morose, quelques valeurs tirent leur épingle du jeu. Kering domine largement le palmarès avec une hausse de 2,26 % à 257,75 euros, sans actualité identifiée à ce stade pour expliquer ce rebond.
TotalEnergies progresse de 1,09 % à 77,71 euros. Le titre du géant pétrolier évolue dans un contexte où la question du détroit d'Ormuz – par lequel transite une part majeure du brut mondial – reste un sujet de fond depuis l'ultimatum américain de la semaine dernière. La menace s'est temporairement éloignée, mais le marché de l'énergie continue de digérer l'épisode.
Carrefour gagne 1,01 % à 15,57 euros, suivi de L'Oréal (+0,58 % à 354,05 euros). Sanofi avance de 0,46 % à 80,43 euros, dans un contexte porteur pour le laboratoire : Dupixent, son traitement phare développé avec Regeneron, vient d'obtenir une nouvelle approbation au Japon pour le traitement de la pemphigoïde bulleuse modérée à sévère, élargissant encore le périmètre de ce blockbuster déjà commercialisé dans plus de 60 pays. Par ailleurs, le groupe a publié son aide-mémoire trimestriel en amont de ses résultats du premier trimestre.
ArcelorMittal, Legrand, Société Générale : les baisses touchent tous les secteurs
Du côté des replis, la chute est généralisée et ne se cantonne pas à un secteur particulier. ArcelorMittal accuse la plus forte baisse du CAC 40 avec un recul de 3,38 % à 44,53 euros. Le sidérurgiste, très sensible aux perspectives économiques mondiales, subit de plein fouet le climat d'aversion au risque.
Legrand lâche 2,99 % à 134,70 euros. Société Générale perd 2,49 % à 63,56 euros, illustrant la pression sur les valeurs bancaires dans un environnement de forte volatilité. Le secteur aéronautique est également touché : Safran recule de 2,22 % à 281,70 euros et Airbus de 2,07 % à 164,98 euros.
L'ampleur du repli et la diversité des secteurs concernés – matériaux, équipements électriques, banque, aéronautique – confirment que cette séance de mi-semaine est davantage dictée par un sentiment général de prudence que par des nouvelles propres à chaque entreprise. Quatre jours après les montagnes russes provoquées par la crise iranienne, les marchés européens continuent de naviguer à vue, dans un climat où la moindre déclaration géopolitique peut faire basculer la tendance.