Bourse de Paris : le CAC 40 figé alors que le Moyen-Orient s'enlise
À mi-séance ce lundi, le CAC 40 stagne à 7 702 points, variation nulle, dans un marché tétanisé par l'escalade militaire au Moyen-Orient. L'entrée en guerre des Houthis, le déploiement de renforts américains dans la zone et les menaces sur le détroit d'Ormuz plongent les investisseurs dans l'incertitude. La Bourse de Paris affiche un visage clivé : les valeurs de défense et d'énergie montent, les bancaires et le luxe reculent.
Un marché paralysé entre crainte et prudence
Le CAC 40 s'affiche à 7 702,15 points, parfaitement stable en apparence mais travaillé en profondeur par des forces contraires. Sur les 40 valeurs de l'indice, 21 reculent, 18 progressent et une seule reste inchangée. Le SBF 120 cède un souffle, à -0,02 %. L'indice de volatilité VIX bondit de 8,33 % à 27,44 points, un niveau traduisant une tension élevée sur les marchés mondiaux.
La séance est entièrement dominée par la crise au Moyen-Orient. L'entrée dans le conflit des Houthis, soutenue par l'Iran, a ouvert ce week-end une nouvelle phase d'instabilité régionale. Des troupes américaines supplémentaires pourraient être déployées dans la zone, faisant craindre un élargissement du conflit. Les frappes sur les infrastructures énergétiques iraniennes et les perturbations autour du détroit d'Ormuz — verrou stratégique du transport mondial de pétrole — alimentent un choc sur les prix de l'énergie que les observateurs jugent ni marginal ni rapidement réversible.
En France, le Premier ministre Sébastien Lecornu a commenté les déclarations iraniennes sur un possible passage de navires « non hostiles » par le détroit, y voyant un éventuel « signe d'un changement de phase dans cette crise », tout en appelant à la vigilance. Le risque d'une crise de production mondiale reste au centre des préoccupations. Dans ce contexte, la cote parisienne évolue au rythme des dépêches géopolitiques, sans direction nette.
Défense et énergie en tête des hausses
C'est le secteur de la défense qui tire son épingle du jeu dans cette atmosphère martiale. Thales s'adjuge la plus forte hausse du CAC 40 à mi-séance, avec un bond de 2,77 % à 244,50 euros. Le titre du groupe d'électronique de défense profite directement du regain de tensions internationales et du déploiement militaire occidental.
Les valeurs liées à l'énergie suivent le mouvement. Engie progresse de 2,20 % à 27,42 euros. TotalEnergies gagne 1,96 % à 80,03 euros, portée par la hausse des cours du brut provoquée par les perturbations dans le détroit d'Ormuz. Le groupe pétrolier bénéficie mécaniquement de l'envolée des prix de l'énergie qui accompagne cette crise.
Ailleurs, les valeurs défensives du quotidien résistent. Danone avance de 1,85 % à 68,40 euros, tandis que Pernod Ricard prend 1,11 % à 65,42 euros. Un schéma classique de report vers des titres jugés moins exposés aux aléas conjoncturels.
Banques, luxe et pharma dans le rouge
Le revers de la médaille frappe de plein fouet le secteur bancaire. Société Générale accuse la plus forte baisse de l'indice, à -2,60 % (60,66 euros), suivie de BNP Paribas, en recul de 1,43 % à 79,92 euros. Les perturbations sur les marchés obligataires européens, directement liées au choc énergétique moyen-oriental, pèsent sur les financières.
Sanofi lâche 2,44 % à 79,99 euros, et ce malgré des résultats positifs de phase 3 pour l'amlitelimab, son nouveau traitement contre la dermatite atopique, présentés vendredi au congrès de l'American Academy of Dermatology à Denver. Le titre est par ailleurs pénalisé par un abaissement d'objectif de cours de 98 à 94 euros par le bureau LP, qui maintient toutefois sa recommandation de surperformance.
Dans le luxe, Hermès cède 1,02 % à 1 605 euros. Le titre fait l'objet de deux révisions d'objectifs à la baisse ce lundi : HSBC ramène sa cible de 2 350 à 2 300 euros, tandis qu'UBS procède à un ajustement plus marqué, de 2 310 à 1 820 euros. Enfin, Accor recule de 1,34 % à 39,89 euros, Barclays ayant abaissé son objectif de 55 à 53 euros sur le titre de l'hôtelier.
À mi-journée, la Bourse de Paris illustre une séance typique de crise géopolitique : un indice en surface calme, mais des mouvements sectoriels violents sous la surface, dictés par un seul mot d'ordre — la guerre.