Crise du détroit d'Ormuz : le CAC 40 garde son sang-froid, portée par les semi-conducteurs et le luxe
Malgré le blocage inédit du détroit d'Ormuz et la flambée du pétrole, le CAC 40 progresse de 0,43 % à mi-séance ce jeudi, porté à 8 203 points par un rebond marqué de STMicroelectronics et des signaux positifs sur Kering et Airbus. La cote parisienne affiche une large majorité de hausses, dans une ambiance de résilience qui tranche avec la gravité du contexte géopolitique.
Une séance de résistance face à la tempête géopolitique
À 12h30 ce jeudi 5 mars, le CAC 40 évolue à 8 203,20 points, en hausse de 0,43 %. Le marché parisien affiche un visage étonnamment serein, alors que le contexte international reste dominé par l'escalade militaire entre les États-Unis, Israël et l'Iran. Le blocage du détroit d'Ormuz par les gardiens de la révolution iraniens — une première dans l'histoire de ce passage stratégique par lequel transitent environ 20 % du pétrole mondial — a propulsé le Brent en hausse de près de 11 % en cinq jours, à 78 dollars le baril.
En France, cette flambée des cours pétroliers commence à se répercuter sur les prix à la pompe. Le gouvernement a lancé des contrôles par la DGCCRF pour s'assurer que les hausses restent proportionnées, tout en se voulant rassurant sur l'approvisionnement du territoire. Sur la cote parisienne, 28 valeurs du CAC 40 sont en territoire positif à mi-journée, contre seulement 11 en repli et une stable. La dispersion est nette : les investisseurs semblent, pour l'heure, privilégier les achats ciblés plutôt que la fuite généralisée.
STMicroelectronics s'envole, Kering et Airbus dopés par les analystes
La plus forte hausse du jour est signée STMicroelectronics, dont le titre bondit de 6,02 % à 29,42 euros. Le fabricant franco-italien de semi-conducteurs mène largement la danse à la mi-journée, dans un compartiment technologique qui retrouve des couleurs.
Derrière, Kering gagne 2,57 % à 263,50 euros, soutenu par un double relèvement de recommandation. Bernstein a rehaussé son opinion de « sous-performance » à « performance de marché », tout en abaissant toutefois son objectif de cours de 250 à 235 euros. De son côté, CITIC CLSA est passé d'« alléger » à « conserver » avec un objectif relevé de 147 à 243 euros — un ajustement spectaculaire qui reflète une réévaluation significative du dossier par la banque asiatique. Le groupe de luxe, en difficulté ces derniers mois, bénéficie de ce changement de perception.
Airbus affiche pour sa part un gain de 2,03 % à 180,80 euros, après le passage de Citi de « neutre » à « acheter », avec un objectif porté de 208 à 217 euros. L'avionneur européen profite de ce coup de pouce à un moment où le secteur aéronautique continue de naviguer entre fortes commandes et défis de production.
Plus bas dans le classement, Euronext progresse de 1,80 % à 141,70 euros, et Pernod Ricard reprend 1,60 % à 73,80 euros, dans un mouvement plus diffus qui participe à la tonalité positive de la séance.
Banques et défense en retrait : Crédit Agricole et Thales dans le rouge
Du côté des baisses, Crédit Agricole cède 1,62 % à 17,32 euros, la plus forte baisse du CAC 40 à la mi-journée. Le secteur bancaire, habituellement sensible aux incertitudes géopolitiques et aux mouvements sur les taux, est le principal contributeur négatif de la matinée.
Thales recule de 1,44 % à 247,10 euros, et ce malgré un relèvement de recommandation par Intesa Sanpaolo, passé de « sous-performance » à « neutre » avec un objectif remonté de 230 à 260 euros. Ce geste d'un analyste ne suffit visiblement pas à enrayer la prise de bénéfices sur le titre du groupe de défense, qui avait fortement progressé ces dernières semaines dans le sillage des tensions internationales.
EssilorLuxottica cède 0,59 % à 218 euros, Sanofi lâche 0,56 % à 78,79 euros et Michelin perd 0,53 % à 31,75 euros. Ces replis restent mesurés et ne dessinent pas de mouvement sectoriel prononcé. Dans l'ensemble, les baisses du jour apparaissent contenues, confirmant l'impression d'un marché parisien qui, au cœur d'une crise géopolitique majeure, choisit de ne pas céder à la panique.