+45 % en un mois : la flambée de Maurel & Prom peut-elle encore durer ?
Une envolée spectaculaire portée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient… mais qui pourrait aussi signaler une surchauffe du titre. L'action Maurel & Prom affiche une progression de près de 45 % en un mois, propulsée à 9,56 euros ce jeudi 5 mars. À quelques jours de la publication des résultats annuels 2025, le titre de la junior pétrolière française cristallise l'attention des investisseurs, entre opportunité et prudence.
Une dynamique explosive dopée par la crise au Moyen-Orient
Le parcours récent de Maurel & Prom a de quoi impressionner. Cotée à 6,60 euros début février, l'action a gagné 44,74 % en un mois et affiche une performance de 86,72 % sur trois mois. Sur un an, la progression atteint 73,66 %. Ce mouvement haussier s'inscrit dans un contexte géopolitique exceptionnel : la paralysie de la navigation dans le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial, a provoqué une flambée des cours du brut. Le Brent frôle de nouveau les 80 dollars le baril après un bond de plus de 6 % en une seule séance en début de semaine. Pour une société d'exploration-production pétrolière comme Maurel & Prom, cette tension sur les prix de l'énergie constitue un catalyseur direct. La BCE elle-même, par la voix de son chef économiste Philip Lane, alerte ce jeudi sur le risque inflationniste lié à la guerre au Moyen-Orient, soulignant la pression exercée par les prix de l'énergie. Le titre évolue désormais au contact immédiat de sa résistance technique à 9,58 euros, bien au-dessus de ses moyennes mobiles à 20 jours (8,21 euros), 50 jours (6,84 euros) et 200 jours (5,42 euros).
Un titre en zone de surchauffe à l'approche des résultats annuels
Pour un investisseur, le signal est ambivalent. D'un côté, la dynamique reste puissante : le titre progresse encore de 3,8 % sur la dernière semaine et bénéficie d'un environnement pétrolier porteur tant que dure la crise au Moyen-Orient. De l'autre, plusieurs indicateurs invitent à la prudence. Le RSI, à 81, place clairement l'action en zone de surachat, un niveau qui, historiquement, précède souvent des phases de consolidation. Le cours bute sur la résistance des 9,58 euros, un seuil technique qui pourrait freiner la progression à court terme. Par ailleurs, la volatilité mensuelle élevée (13,41) reflète l'amplitude des mouvements récents et le risque associé.
Un élément clé se profile : la publication des résultats annuels 2025, prévue le 12 mars. Cette échéance pourrait constituer un catalyseur supplémentaire si les chiffres confirment l'amélioration des fondamentaux, ou au contraire déclencher des prises de bénéfices. Le beta négatif de -0,06 suggère par ailleurs que le titre évolue selon une logique propre, largement déconnectée du marché général, ce qui renforce son caractère spéculatif. Les investisseurs tentés d'entrer à ce stade doivent donc intégrer qu'une grande partie de la revalorisation liée au contexte pétrolier semble déjà dans les cours, et que la proximité d'une résistance majeure rend le point d'entrée délicat.