Crise iranienne : le CAC 40 plonge puis rebondit violemment en une seule séance
Le CAC 40 a clôturé en hausse de 0,79 % à 7 726,20 points ce lundi, masquant une séance d'une rare intensité. Après avoir chuté de plus de 2 % en matinée sur fond de menaces de frappes américaines contre l'Iran, l'indice parisien a opéré un spectaculaire retournement dans l'après-midi à la faveur d'une annonce de désescalade par Donald Trump.
Un retournement de séance dicté par la géopolitique
Rarement une séance aura été aussi marquée par un seul événement. Ce lundi matin, la Bourse de Paris ouvrait dans le rouge vif, plombée par l'ultimatum lancé par Washington à Téhéran concernant le détroit d'Ormuz, artère vitale du transit pétrolier mondial. Les menaces de frappes militaires américaines faisaient craindre une escalade aux conséquences imprévisibles sur l'approvisionnement énergétique planétaire. Le CAC 40 perdait alors plus de 2 %.
Puis, en milieu de journée, le président américain Donald Trump a qualifié ses discussions avec l'Iran de « très fructueuses » et annoncé le report des opérations militaires. Le soulagement a été immédiat. L'indice parisien a basculé en territoire positif pour terminer en hausse de 0,79 %, à 7 726,20 points. Un rebond de près de trois points de pourcentage entre le point bas de la matinée et la clôture. Malgré ce sursaut, le CAC 40 inscrit un nouveau plus bas de six mois, prolongeant la séquence de fragilité entamée les jours précédents.
La dispersion des valeurs reflète cette séance en dents de scie : 22 titres du CAC 40 ont terminé en hausse contre 18 en baisse. Un équilibre relatif qui traduit un marché partagé entre le soulagement géopolitique de l'après-midi et les inquiétudes résiduelles liées à la crise avec l'Iran.
ArcelorMittal, Kering et Société Générale en tête du rebond
Les valeurs les plus sensibles au cycle économique et aux tensions géopolitiques ont logiquement été les premières à profiter de l'accalmie. ArcelorMittal a signé la plus forte hausse du CAC 40, avec un bond de 5,24 % à 44,21 euros. Le sidérurgiste, très exposé aux cours des matières premières et au commerce international, a bénéficié de plein fouet de la détente sur le risque de conflit au Moyen-Orient.
Kering a suivi avec une progression de 4,72 % à 245,20 euros. Le groupe de luxe, dont l'activité est étroitement liée à la confiance des consommateurs mondiaux, a rebondi après les pertes de la matinée. Société Générale a gagné 4,69 % à 63,84 euros, les valeurs bancaires figurant traditionnellement parmi les plus réactives aux variations de sentiment de marché.
Saint-Gobain (+4,02 % à 70,82 euros) et Airbus (+3,41 % à 166,40 euros) complètent le tableau des principales hausses. Le retournement a ainsi touché des secteurs variés — matériaux, luxe, finance, industrie, aéronautique — signe que le rebond a été porté par un facteur global, en l'occurrence la désescalade géopolitique, plutôt que par des nouvelles propres à chaque entreprise.
Euronext, Bureau Veritas et Carrefour résistent moins bien
Toutes les valeurs n'ont pas participé au sursaut de l'après-midi. Euronext a terminé en queue de peloton avec un recul de 1,85 % à 132,90 euros. Bureau Veritas a cédé 1,74 % à 26 euros, tandis que Carrefour a lâché 1,57 % à 15,01 euros. Le distributeur poursuit sa trajectoire difficile dans un environnement de consommation incertain.
Pernod Ricard a perdu 1,36 % à 63,64 euros, et Thales a reculé de 1,32 % à 239,10 euros. Le recul du spécialiste de la défense peut sembler paradoxal alors que les tensions géopolitiques étaient au centre de la séance, mais l'annonce d'une désescalade a mécaniquement réduit les anticipations de dépenses militaires d'urgence.
Au-delà de la clôture en territoire positif, cette séance illustre la nervosité extrême qui règne sur les marchés européens. Le moindre développement dans le bras de fer entre Washington et Téhéran sur le détroit d'Ormuz a le pouvoir de faire basculer les indices de plusieurs points de pourcentage en quelques heures. Le CAC 40 termine certes dans le vert, mais à un niveau qui reste son plus bas depuis six mois — un rappel que le soulagement du jour n'efface pas les tensions accumulées ces dernières semaines.