Le CAC 40 clôture dans le rouge, sous tension après le blocus naval américain contre l'Iran
Le CAC 40 a terminé la séance de ce lundi 13 avril à 8 235,98 points, en repli de 0,29 %. Sur les 40 valeurs de l'indice, 27 ont fini en baisse contre seulement 13 en hausse, signe d'un marché nettement orienté à la vente. L'annonce par Washington d'un blocus naval visant les ports iraniens, intervenue dans un contexte de rupture des négociations d'Islamabad, a pesé sur le sentiment des investisseurs tout au long de la journée.
Une séance dominée par les risques géopolitiques au Moyen-Orient
Le marché parisien a évolué sous la menace d'une escalade militaire majeure entre les États-Unis et l'Iran. L'entrée en vigueur, ce lundi, d'un blocus naval américain ciblant les navires entrant ou sortant des ports iraniens a constitué le fait marquant de la journée. Cette décision, qui fait suite à l'échec de plus de 20 heures de négociations entre Washington et Téhéran sous médiation pakistanaise, a instauré un climat de prudence sur l'ensemble des places européennes. Le SBF 120 a accompagné le mouvement, clôturant lui aussi en baisse de 0,30 % à 6 234,19 points.
La perspective d'une perturbation des routes maritimes autour du détroit d'Ormuz — par lequel transite une part considérable du pétrole mondial — a conduit les opérateurs à limiter leur exposition au risque. Du côté de Wall Street, le Dow Jones et le S&P 500 étaient respectivement cotés à 47 417,27 et 6 775,80 points en cours de séance au moment de la clôture parisienne, dans l'attente de l'évolution de la situation.
Défense et technologie en tête des hausses, TotalEnergies soutenu
Dans ce contexte de tensions au Moyen-Orient, les valeurs liées à la défense et à la technologie ont tiré leur épingle du jeu. Dassault Systèmes a signé la plus forte progression du CAC 40, avec un bond de 4,31 % à 17,54 euros. Thales, acteur majeur de la défense et de l'électronique militaire, a gagné 2,47 % à 265,60 euros, dans un secteur qui bénéficie mécaniquement de la montée des tensions internationales.
Du côté des services numériques, Capgemini a progressé de 2,14 % à 102,45 euros. Publicis Groupe a avancé de 1,77 % à 74,82 euros, dans le sillage d'un relèvement marginal de l'objectif de cours de JP Morgan, qui est passé de 130 à 131 euros tout en maintenant sa recommandation « surpondérer ».
TotalEnergies a également clôturé en hausse de 1,34 % à 79,66 euros. Le géant pétrolier a profité de la nervosité autour de l'approvisionnement énergétique mondial, alors que le blocus américain menace directement les exportations iraniennes d'hydrocarbures.
Stellantis, Danone et Kering en queue de peloton
À l'inverse, les valeurs défensives et cycliques ont essuyé les plus fortes pertes de la séance. Stellantis a cédé 2,77 % à 6,70 euros, la plus forte baisse du jour. Le constructeur automobile a en outre vu TD Cowen abaisser son objectif de cours de 7,81 à 7,68 euros, avec une recommandation maintenue à « conserver ».
Danone a reculé de 2,69 % à 67,32 euros, parmi les plus lourdes sanctions du jour. Veolia Environnement a perdu 1,60 % à 34,54 euros, tandis qu'Orange a lâché 1,56 % à 17,67 euros.
Du côté du luxe, Kering a abandonné 1,59 % à 272,05 euros, pénalisé par une dégradation de Morgan Stanley, qui a abaissé sa recommandation de « surpondérer » à « pondération de marché » et réduit son objectif de cours de 330 à 320 euros. Une journée difficile pour le groupe propriétaire de Gucci, dans un marché déjà peu enclin à la prise de risque.
Cette séance du 13 avril restera marquée par le poids de la géopolitique sur les marchés européens. La dichotomie entre les valeurs de défense et d'énergie, portées par le regain de tensions, et le reste de la cote, plombé par l'incertitude, a dessiné les contours d'un marché en mode alerte.