Le CAC 40 clôture en repli, plombé par les tensions au Moyen-Orient et la chute du luxe et de la tech
Le CAC 40 a terminé la séance de ce jeudi 9 avril à 8 221,90 points, en recul de 0,51 %. Sur fond de regain de tensions géopolitiques autour du détroit d'Ormuz et d'un cessez-le-feu irano-américain jugé fragile, la Bourse de Paris a évolué dans un climat de nervosité marqué, avec 27 valeurs en baisse sur les 40 composant l'indice.
Nervosité ambiante : la géopolitique pèse sur les marchés
La séance parisienne a été dominée par un net regain d'aversion au risque. L'indice VIX, baromètre de la volatilité, s'est hissé à 25,78 points, en hausse de 6,66 %, un niveau qui traduit une tension palpable sur les marchés mondiaux. En toile de fond, l'annonce par Téhéran d'un possible droit de passage imposé aux pétroliers transitant par le détroit d'Ormuz — un point névralgique du commerce mondial de brut — a alimenté l'inquiétude. Le cessez-le-feu entre Washington et l'Iran, annoncé ces derniers jours, semble par ailleurs extrêmement fragile : des pourparlers sont prévus demain à Islamabad, mais les conditions posées par chaque camp rendent l'issue incertaine.
Dans ce contexte, la dispersion entre les valeurs du CAC 40 a été marquée : seules 13 actions ont clôturé en territoire positif, contre 27 en repli. Une séance où la prudence l'a clairement emporté, les investisseurs optant pour un positionnement défensif face à la multiplication des signaux d'incertitude. Le SBF 120 a suivi la même trajectoire, cédant lui aussi 0,51 % à 6 225,16 points.
TotalEnergies et les défensives en tête : l'énergie et les valeurs refuges résistent
Dans un marché dominé par les craintes géopolitiques, c'est sans surprise le secteur de l'énergie qui a tiré son épingle du jeu. TotalEnergies a signé la plus forte hausse du CAC 40, progressant de 2,21 % à 78,51 euros. La menace iranienne sur le détroit d'Ormuz, par lequel transite une part majeure du pétrole mondial, a ravivé les tensions sur les cours du brut, un environnement traditionnellement favorable aux majors pétrolières.
Air Liquide a également fait partie des rares valeurs recherchées, avec un gain de 1,58 % à 186,34 euros. Le géant des gaz industriels a une nouvelle fois joué son rôle de valeur défensive dans un marché stressé. STMicroelectronics a avancé de 1,55 % à 32,69 euros, tandis qu'Euronext a pris 1,13 % à 143,70 euros, porté par la publication récente de ses volumes de trading de mars 2026 et l'annonce d'un dividende de 3,18 euros par action au titre de 2025. Engie a complété le tableau des hausses (+1,04 % à 29,20 euros), le groupe ayant récemment annoncé avoir franchi le cap du gigawatt de stockage par batteries en Europe.
Capgemini, Publicis, LVMH : la tech, la pub et le luxe lourdement sanctionnés
Le bas du tableau a été particulièrement sévère. Capgemini a accusé la plus lourde chute du jour, dévissant de 5,25 % à 97,78 euros, repassant ainsi sous la barre symbolique des 100 euros. Publicis Groupe n'a pas été épargné non plus, avec un recul de 4,75 % à 71,44 euros, et ce malgré l'annonce récente de l'extension de son partenariat stratégique avec Microsoft autour de l'IA agentique. Dassault Systèmes a lâché 4,37 % à 16,87 euros.
Le luxe a lui aussi été nettement pénalisé : LVMH a cédé 3,15 % à 483,15 euros, confirmant la frilosité des investisseurs à l'égard du secteur dans le contexte actuel d'incertitudes économiques mondiales. Airbus a perdu 2,82 % à 170,32 euros, terminant parmi les cinq plus fortes baisses du jour. De manière générale, les valeurs exposées à la croissance mondiale et aux dépenses discrétionnaires ont été les premières victimes de ce regain de prudence.