Le CAC 40 décroche face à la flambée du pétrole et aux tensions au Moyen-Orient
À mi-séance ce jeudi 2 avril, le CAC 40 cède 0,96 % à 7 904,43 points, pénalisé par l'effondrement des espoirs de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran. Seules 14 valeurs sur 40 parviennent à résister dans un marché où la tension géopolitique dicte le rythme, comme en témoigne un VIX toujours ancré en zone de stress, à 25,25 points.
Une séance sous le signe du pétrole et des tensions au Moyen-Orient
Le rebond spectaculaire du Brent, qui s'est envolé de plus de 6 % en vingt-quatre heures pour remonter autour de 108 dollars le baril, plombe l'ambiance sur les marchés européens ce jeudi. La veille, les cours du brut avaient brièvement reflué sous les 100 dollars sur des espoirs de trêve entre les États-Unis et l'Iran. Le démenti catégorique de Téhéran, les nouvelles menaces de Donald Trump et la réponse iranienne de frappes « écrasantes » contre les intérêts américains et israéliens, a brutalement retourné le sentiment des investisseurs.
L'annonce par le Président américain d'un retrait d'Iran sous deux à trois semaines, indépendamment de toute issue diplomatique, ajoute une couche d'incertitude. Les combats continuent dans l'ensemble de la région, et l'hypothèse d'un embrasement plus large pèse sur la cote parisienne comme sur l'ensemble des places européennes. Le SBF 120 évolue dans les mêmes eaux, en repli de 0,96 % à 5 987,97 points. La Bourse de Paris reste nettement dans le rouge, avec 26 valeurs en baisse contre seulement 14 en hausse au sein du CAC 40.
TotalEnergies en tête : le secteur pétrolier capitalise sur la flambée du brut
Dans ce contexte, TotalEnergies se distingue nettement en tête du CAC 40, avec un bond de 2,81 % à 79,74 euros. Le géant pétrolier profite mécaniquement de l'envolée des cours du brut. Le titre bénéficie aussi d'un double coup de pouce côté analystes : JP Morgan a relevé son objectif de cours de 75 à 86 euros tout en maintenant sa recommandation « surpondérer », tandis que Citi a rehaussé le sien de 75 à 90 euros, toujours à l'achat.
Derrière TotalEnergies, Stellantis gagne 1,60 % à 6,42 euros, Thales progresse de 1,05 % à 269,30 euros, et Engie avance de 0,92 % à 28,66 euros. Orange complète le podium des hausses avec un gain de 0,68 % à 17,80 euros. Le profil défensif de ces valeurs — énergie, défense, télécoms — traduit un marché en mode prudent, où les investisseurs se tournent vers les secteurs perçus comme moins exposés au risque de dégradation conjoncturelle.
Les valeurs technologiques et industrielles durement touchées
À l'opposé, STMicroelectronics accuse la plus lourde chute du CAC 40, en repli de 3,96 % à 28,75 euros, dans le sillage d'un secteur technologique malmené par le regain d'aversion au risque. Schneider Electric abandonne 3,73 % à 231 euros, malgré le maintien d'une recommandation à l'achat par Goldman Sachs, qui a toutefois abaissé son objectif de cours de 322 à 302 euros.
Société Générale recule de 3,46 % à 63,68 euros, reflet d'un secteur bancaire vulnérable aux turbulences géopolitiques. Legrand perd 3,04 % à 134,15 euros. Si le spécialiste des équipements électriques a annoncé deux nouvelles acquisitions ciblées dans le secteur des datacenters, portant à quatre le nombre d'opérations réalisées en 2026, dont Keydak en Chine et TES en Europe, Goldman Sachs a de son côté réduit son objectif de cours sur le titre de 144 à 138 euros. ArcelorMittal ferme la marche des baisses, en recul de 2,94 % à 45,29 euros, le sidérurgiste étant mécaniquement fragilisé par la hausse des coûts énergétiques induite par l'envolée du pétrole.
La séance parisienne de ce jeudi apparaît dominée par la défiance. Le conflit au Moyen-Orient et volatilité extrême des cours du brut dictent les arbitrages, creusant le fossé entre valeurs pétrolières et le reste du marché.