Le CAC 40 franchit allègrement les 8000 points, porté par Stellantis et le luxe
La Bourse de Paris a terminé la séance du jeudi 2 octobre sur une note particulièrement euphorique, avec un gain de 1,13% à 8056 points, permettant au CAC 40 de franchir allègrement le seuil symbolique des 8000 points. Cette performance s'inscrit dans un mouvement d'ensemble des places européennes, stimulées par l'optimisme autour de l'intelligence artificielle et les perspectives d'assouplissement monétaire américain. Les secteurs cycliques ont mené la danse, avec l'automobile, le luxe et les semiconducteurs en première ligne.
Stellantis s'envole, le luxe retrouve des couleurs
L'action Stellantis a indéniablement été la vedette de la séance, s'adjugeant la première place du classement avec un bond spectaculaire de 8,33% à 8,813 euros. Cette envolée fait suite à l'annonce de solides performances commerciales aux États-Unis, où le constructeur a écoulé 324 825 véhicules au troisième trimestre, soit une progression de 6% sur un an. Le mois de septembre a été particulièrement porteur avec un rebond de 16% des ventes, confirmant les anticipations du directeur général du groupe. Cette dynamique outre-Atlantique redonne espoir aux investisseurs, alors que l'action Stellantis accusait encore une baisse de plus de 30% depuis le début de l'année.
Le secteur du luxe a également brillé, avec l'action LVMH qui s'est hissée en deuxième position du palmarès grâce à un gain de 3,61% à 542,9 euros. Hermès a suivi le mouvement avec une progression de 2,73% à 2145 euros, tandis que l'action Kering a gagné 1,25% à 286,9 euros. Cette embellie du luxe s'appuie sur les signes d'amélioration de la consommation américaine et les perspectives d'assouplissement de la politique monétaire de la Fed, qui pourraient soutenir les dépenses discrétionnaires.
Orange plombé par une dégradation, les banques en retrait
L'action Orange a essuyé la plus forte baisse du CAC 40 avec un recul de 1,24% à 13,535 euros, pâtissant d'une dégradation de recommandation d'Oddo BHF qui a ramené son conseil de 'Surperformance' à 'Neutre', tout en maintenant son objectif de cours à 14 euros. Cette révision s'explique par les incertitudes entourant le rachat de SFR, dont la probabilité est désormais évaluée entre 20% et 30% contre 60% à 70% précédemment. L'analyste privilégie désormais un scénario de report ou de vente partielle par morceaux, dans un marché qui devrait rester très compétitif.
Le secteur bancaire a également fait grise mine, avec l'action BNP Paribas qui a cédé 1,03% à 77,53 euros, Crédit Agricole qui a perdu 0,41% et Société Générale qui a reculé de 0,18%. Cette contreperformance intervient alors que les perspectives de baisse des taux américains suscitent des inquiétudes sur les marges d'intermédiation. L'action TotalEnergies a également figuré parmi les plus fortes baisses avec un repli de 1,18% à 50,98 euros, dans le sillage de la chute du baril de Brent qui a chuté de 1,5% pour toucher un nouveau plancher à 64 dollars.
Les valeurs technologiques surfent sur la vague de l'IA
Les valeurs liées aux nouvelles technologies ont particulièrement profité de l'engouement pour l'intelligence artificielle, alimenté par les accords conclus entre les géants sud-coréens des semiconducteurs Samsung Electronics et SK Hynix avec OpenAI dans le cadre du projet Stargate, un plan d'investissement de 500 milliards de dollars visant à construire de vastes infrastructures d'IA aux États-Unis. L'action STMicroelectronics a ainsi progressé de 2,1% à 24,595 euros, tandis que l'actionDassault Systèmes a gagné 3,2% à 29,37 euros.
Schneider Electric, porté par les perspectives de développement des centres de données, a pris 2,31% à 250,5 euros. Cette dynamique technologique s'inscrit dans un contexte plus large d'optimisme sur les marchés américains, qui ont battu de nouveaux records historiques la veille. Les investisseurs semblent faire fi de la paralysie budgétaire américaine, se concentrant davantage sur les données du secteur privé et les perspectives d'assouplissement monétaire de la Fed, après que l'enquête ADP ait révélé une destruction de 32 000 emplois en septembre. Cette faiblesse du marché du travail américain nourrit les espoirs d'une nouvelle baisse des taux directeurs, soutenant ainsi l'appétit pour le risque sur les places boursières européennes.