Airbus : commandes en forte hausse, livraisons en baisse et EBIT ajusté divisé par deux au T1
Airbus a enregistré au premier trimestre 2026 une progression notable de ses carnets de commandes, avec 398 avions commerciaux nets commandés contre 204 un an plus tôt. Parallèlement, le chiffre d'affaires a reculé de 7 % à 12,7 milliards d'euros et le bénéfice ajusté a chuté de 52 % à 300 millions d'euros, reflétant des livraisons plus faibles et une productivité limitée par des pénuries de composants. Cette divergence entre demande robuste et profitabilité affaiblie pose la question de la capacité du constructeur à convertir son carnet de commandes en résultats au cours des prochains trimestres.
Décalage entre commandes florissantes et livraisons réduites
Le premier trimestre 2026 confirme la vigueur de la demande d'avions commerciaux, avec 408 commandes brutes enregistrées (contre 280 au T1 2025), soit une augmentation de 46 % en un an. Net des annulations, Airbus a reçu 398 commandes (204 au T1 2025). Cette performance place le constructeur en position de force pour les années à venir, le carnet s'élevant à 9 037 appareils commerciaux fin mars 2026 (+ 4 % par rapport à fin 2025).
Cependant, la traduction de cette demande en livraisons reste entravée. Airbus a livré 114 avions commerciaux au premier trimestre, contre 136 un an auparavant, soit un recul de 16 %. Cette baisse reflète directement les défis logistiques et productifs rencontrés par le groupe, notamment la pénurie persistante de moteurs Pratt & Whitney sur la famille A320, qui demeure « le facteur critique » de la montée en cadence, selon le communiqué.
Rentabilité sous pression malgré une demande accrue
La contraction des livraisons a directement impacté la profitabilité du pôle avions commerciaux. Les revenus générés par cette division ont diminué de 11 % à 8,4 milliards d'euros (contre 9,5 milliards au T1 2025), tandis que l'EBIT ajusté s'est effondré de 84 % à 81 millions d'euros (contre 494 millions un an plus tôt). Cette dégradation majeure reflète non seulement le volume de livraisons inférieur, mais aussi un taux de couverture de change défavorable.
En consolidé, l'EBIT ajusté du groupe a reculé de 52 % à 300 millions d'euros, contre 624 millions au T1 2025. Cette compression de marge révèle la fragilité relative de la période de transition : Airbus subit les coûts fixes de sa montée en cadence sans encore générer les volumes de livraison nécessaires pour en amortir les charges. Le groupe a déboursé 730 millions d'euros en dépenses de recherche et développement (+ 8 % en un an), investissements inhérents à l'accélération de production.
Guidance 2026 maintenue malgré un flux de trésorerie négatif
Face à ces résultats mitigés, Airbus a maintenu sa guidance annuelle pour 2026 : environ 870 livraisons d'avions commerciaux, un EBIT ajusté d'environ 7,5 milliards d'euros et un flux de trésorerie libre avant financement client d'environ 4,5 milliards d'euros. Cette stabilité affichée des objectifs contraste avec une position de trésorerie dégradée au premier trimestre.
Le flux de trésorerie libre avant financement client s'est établi à moins 2,5 milliards d'euros au T1 (contre moins 310 millions un an plus tôt), reflet des faibles livraisons et de la constitution programmée de stocks liée à la montée en cadence sur tous les programmes. La position nette de trésorerie a reculé à 9,8 milliards d'euros fin mars 2026 (contre 12,2 milliards fin décembre 2025), réduction de 19 % en trois mois. Guillaume Faury, directeur général, a souligné que l'environnement opérationnel « demeure dynamique et complexe » et que le groupe « surveille étroitement » les impacts potentiels de la situation au Moyen-Orient.
L'enjeu immédiat pour les investisseurs reste la démonstration concrète que les carnets de commandes records pourront être transformés en livraisons et en génération de cash au cours des trois trimestres restants de 2026.