Le CAC 40 reste stable à mi-journée, malgré la chute vertigineuse de Stellantis
La Bourse de Paris évolue en territoire légèrement négatif ce vendredi à mi-journée, l'indice CAC 40 cédant 0,03% à 8 235,87 points. Cette quasi-stabilité masque toutefois des mouvements contrastés au sein de la cote, avec un écart spectaculaire entre les valeurs de la construction qui s'envolent et le secteur automobile qui subit de lourdes pertes. Les investisseurs digèrent une série de publications d'entreprises aux tonalités très divergentes, tandis que les perspectives macroéconomiques demeurent en arrière-plan des préoccupations.
Vinci et Eiffage propulsent le secteur de la construction
Le haut du tableau est largement dominé par les géants français du BTP. Vinci s'arroge la première place avec un bond de 7,49% à 131,25 euros, porté par des résultats annuels particulièrement robustes. Le groupe a dévoilé ce vendredi des performances 2025 marquées par un cash-flow libre record, confortant sa position de leader mondial des concessions et de la construction. Cette publication intervient quelques jours après l'annonce d'un contrat de 144 millions d'euros en Jamaïque pour renforcer les réseaux d'eau potable, illustrant la dynamique commerciale du groupe. Les analystes de Jefferies ont réagi en relevant leur objectif de cours de 138 à 143 euros, maintenant leur recommandation à l'achat.
Eiffage suit de près avec une progression de 3,54% à 131,55 euros. Le concurrent direct de Vinci bénéficie également d'une actualité fournie, notamment l'acquisition récente de la société allemande HTW Engineers par sa filiale Énergie Systèmes, annoncée mardi. Cette opération s'inscrit dans la stratégie de renforcement d'Eiffage outre-Rhin, quelques semaines après avoir décroché un contrat de 183 millions d'euros pour la construction d'un pont sur le canal de Kiel. MedioBanca a fixé lundi un objectif de 135 euros sur le titre, avec une recommandation neutre.
Bouygues progresse également de 2,64% à 47,79 euros et atteint un sommet qui n'avait plus été vu depuis 2008. Ces trois valeurs tirent profit d'une conjoncture potentiellement redevenue favorable.
ArcelorMittal, Bouygues et Engie complètent le peloton de tête
Le sidérurgiste ArcelorMittal gagne 3,41% à 50,68 euros, soutenu par la publication jeudi de ses résultats annuels 2025. Le groupe a affiché un bénéfice net de 3,2 milliards de dollars avec un EBITDA de 6,5 milliards, tout en relevant son dividende annuel à 0,60 dollar par action pour 2026. Ces chiffres ont incité Goldman Sachs et Deutsche Bank à revoir leurs objectifs respectivement à 39 euros et 57 euros ce vendredi, reflétant une confiance accrue malgré un environnement sidérurgique mondial toujours difficile.
Engie prend 1,73% à 25,91 euros, dans un marché qui reste attentif à la stratégie du groupe dans les énergies renouvelables. JP Morgan a néanmoins dégradé mercredi sa recommandation de surpondérer à performance de marché, abaissant son objectif à 24,50 euros, ce qui ne semble pas peser sur le titre ce vendredi. L'énergéticien avait remporté mi-janvier un projet hybride de 200 MW solaire et 100 MW de stockage en Inde, confirmant son développement international.
Stellantis s'effondre, l'automobile et les banques en difficulté
À l'opposé, Stellantis subit un véritable krach avec un plongeon de 23,48% à 6,25 euros, de loin la plus forte baisse du CAC 40. Le constructeur automobile a annoncé ce vendredi l'enregistrement de 22,2 milliards d'euros de charges exceptionnelles au second semestre 2025 pour réaligner son portefeuille avec la demande, et la suspension du dividende 2026. Cette décision brutale sanctionne les difficultés du groupe à s'adapter à la transition électrique et à la concurrence accrue.
Parallèlement, Stellantis a indiqué que LG Energy Solution allait acquérir la pleine propriété de NextStar Energy, marquant un revers dans sa stratégie de batteries. Même la hausse de 9% des facturations au quatrième trimestre n'a pas suffi à rassurer des investisseurs sonnés. Dans son sillage, Renault abandonne 3,45% à 30,83 euros, victime de dégradations d'analystes : Goldman Sachs a abaissé mercredi son objectif de 36 à 31 euros, tandis que Morgan Stanley a carrément dégradé lundi sa recommandation à sous-pondérer avec un objectif ramené de 47 à 33 euros.
Société Générale recule de 4,61% à 70,80 euros, malgré la publication ce vendredi de résultats records pour 2025 avec 27,3 milliards d'euros de revenus et 6 milliards de résultat net, affichant un ROTE de 10,2%. La banque a pourtant annoncé une distribution accrue de 4,7 milliards d'euros et rehaussé sa cible 2026, mais cette performance semble déjà intégrée dans les cours.
Dans le prolongement des inquiétudes autour de la tech aux États-Unis, Dassault Systèmes perd 2,90% à 22,10 euros et Capgemini 2,37% à 115,25 euros, ce dernier étant également affecté par l'annonce mardi de la cession d'une filiale américaine aux activités liées à l'agence de l'immigration locale, ce qui avait occasionné des polémiques en début de semaine. Le secteur technologique français reste ainsi sous pression dans un contexte de valorisations tendues.