Le CAC 40 s'envole porté par la détente à Ormuz et la chute du Brent
L'accord-cadre annoncé entre Washington et Téhéran, prolongeant le cessez-le-feu et amorçant la réouverture du détroit d'Ormuz, irrigue toutes les places européennes. À Paris, le CAC 40 progresse de 1,02 % à 8 436,20 points, dans une séance largement orientée à la hausse avec 31 valeurs en progression contre seulement 9 en repli.
L'ouverture du sommet du G7 à Évian, où la sécurité énergétique et la coopération économique figurent en bonne place de l'agenda, ajoute une couche d'attentisme constructif à la matinée parisienne.
Une séance européenne sous le signe du soulagement géopolitique
Après plus de trois mois de blocus quasi total, le détroit d'Ormuz, par lequel transite habituellement environ un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux, doit progressivement rouvrir à la navigation commerciale. La signature formelle de l'accord est attendue en fin de semaine à Genève, parallèlement à l'ouverture de négociations nucléaires entre les deux capitales. Cette perspective s'est immédiatement traduite par un repli d'environ 7 % du Brent, sous les 83 dollars le baril, soulageant des marchés actions sous tension depuis le printemps.
Le mouvement est général sur les places mondiales : le DAX gagne 1,19 % à 24 929 points en séance, le STOXX 600 progresse de 0,67 %, tandis que le Nikkei 225 a clôturé en bond de 4,99 % à Tokyo. À Londres, le FTSE 100, plus exposé aux majors pétrolières, n'avance que de 0,19 %. Le SBF 120 suit le CAC avec une hausse de 1,02 % à 6 385,60 points.
Mais en toile de fond, le rapport de la Banque mondiale publié ce lundi ramène la prévision de croissance mondiale 2026 à 2,5 %, son rythme le plus faible depuis la pandémie, rappelant que la sortie du choc énergétique prendra du temps.
Industrie, automobile et aéronautique tirent la cote parisienne
Au palmarès, Stellantis mène la danse avec un bond de 5,17 % à 6,21 euros, suivi de très près par Saint-Gobain (+5,12 % à 79,64 euros). Le groupe de matériaux profite de l'annonce d'un accord contraignant pour la cession de son activité Dahl dans les pays nordiques au finlandais Kesko, pour une valeur d'entreprise de 1,518 milliard d'euros, dans le cadre du plan stratégique « Lead & Grow ».
L'aéronautique et la défense s'illustrent également. Safran gagne 4,12 % à 318,70 euros et Airbus avance de 3,79 % à 186,08 euros, soutenu par la commande d'Avincis portant sur jusqu'à 15 hélicoptères H145 pour ses missions de secours médical d'urgence.
Renault complète le quintet de tête avec une progression de 4,11 % à 28,91 euros. Le constructeur a annoncé l'extension de la production du SUV Boreal à son usine de Bursa en Turquie et présente avec Thales, au salon Eurosatory, un prototype de véhicule militaire multi-rôles baptisé 4 Troop.
L'énergie et les défensives à contre-courant
Le revers de la médaille de la détente pétrolière se lit dans la chute de TotalEnergies, lanterne rouge de l'indice avec un repli de 5,13 % à 72,46 euros. La major française paie directement la perspective d'un retour de l'offre iranienne et la baisse marquée du Brent.
Les valeurs défensives et de rendement reculent également à mesure que les investisseurs se repositionnent sur les cycliques. Orange cède 2,38 % à 17,41 euros, l'opérateur ayant annoncé le projet d'émission d'une nouvelle obligation hybride assorti d'une offre de rachat sur deux souches existantes. Carrefour abandonne 1,43 % à 16,49 euros, Danone 1,25 % à 66,34 euros et Air Liquide 0,90 % à 166,78 euros, fermant le carré des principaux replis d'une séance par ailleurs largement haussière.