Le luxe décroche, le CAC 40 plonge sous 8 030 points en début d'après-midi
À la mi-séance de ce lundi, le CAC 40 cède 1,04 % à 8 028,5 points, lesté par une chute brutale des grandes valeurs du luxe. La cote parisienne fait figure d'exception en Europe, le DAX limitant son repli à 0,26 % et le STOXX 600 reculant de 0,18 %. La tension pétrolière sur fond de bras de fer entre Washington et Téhéran ajoute une couche d'incertitude à la séance.
Une séance parisienne à contre-courant de l'Europe
Le marché parisien évolue dans le rouge depuis l'ouverture, dans une dynamique nettement plus négative que ses voisins européens. La dispersion en témoigne : sur les 40 valeurs de l'indice, 24 reculent, 13 progressent et 3 restent stables. Le CAC 40 affiche ainsi une sous-performance marquée par rapport au DAX allemand (-0,26 %) ou au FTSE 100 britannique (+0,03 %). Le contraste illustre le poids spécifique du compartiment luxe dans la pondération parisienne, secteur qui concentre l'essentiel des pertes du jour.
En toile de fond, le pétrole continue de peser sur l'humeur des investisseurs. Le Brent franchit le seuil des 103 dollars, en nette hausse après son reflux à moins de 99 dollars vendredi, alors que l'impasse diplomatique entre l'Iran et l'administration Trump se prolonge. Téhéran exige la levée du blocus de ses ports et le déblocage d'avoirs gelés, des demandes rejetées par la Maison-Blanche. Le détroit d'Ormuz reste au cœur des préoccupations sur la sécurité de l'approvisionnement en hydrocarbures.
D'autres signaux commencent également à inquiéter les investisseurs, dont la perspective d'une inflation importée de Chine, dont les prix à la production ont subi en avril leur plus forte hausse depuis 2022, selon les statistiques publiés ce matin par le BES.
Les valeurs défensives et bancaires tirent leur épingle du jeu
Dans ce climat tendu, ce sont les semi-conducteurs et la finance qui dominent le palmarès. STMicroelectronics prend la tête du CAC 40 avec une progression de 2,05 % à 50,04 euros, dans le sillage du regain de forme du Nasdaq vendredi. Le secteur de l'assurance suit avec AXA, en hausse de 1,58 % à 39,33 euros.
Les télécoms et la grande distribution complètent ce peloton défensif : Orange avance de 1,46 % à 18,09 euros, tandis que Carrefour gagne 0,93 % à 17,33 euros. Côté bancaire, BNP Paribas progresse de 0,94 % à 92,41 euros, soutenue par un léger relèvement d'objectif de cours par Morgan Stanley, qui porte sa cible de 104 à 105 euros tout en maintenant son opinion neutre.
Le luxe sanctionné, l'automobile et l'aéronautique décrochent
Le compartiment du luxe encaisse le choc le plus violent, face aux inquiétudes venues de Chine. LVMH chute de 4,06 % à 453,5 euros, signant la pire performance du CAC 40. Kering n'est pas épargnée avec un recul de 2,91 % à 238,75 euros, tout comme Hermès International qui abandonne 2,41 % à 1 621 euros. À elles seules, ces trois valeurs phares du secteur expliquent l'essentiel de l'écart de performance entre Paris et les autres places européennes.
L'aéronautique et l'automobile complètent le tableau des plus fortes baisses. Airbus recule de 2,42 % à 175,52 euros, tandis que Renault cède 2,38 % à 27,92 euros, deux secteurs particulièrement sensibles aux tensions géopolitiques et à l'envolée du baril. La séance se déroule ainsi sous le signe d'une rotation sectorielle marquée, défavorable aux valeurs cycliques et aux marques mondialisées les plus exposées à la consommation discrétionnaire.