Les banques décrochent, le CAC 40 plonge de 1,6 % sous le choc des violences du week-end
La Bourse de Paris traverse une séance difficile ce lundi 19 octobre. En milieu d'après-midi, le CAC 40 recule de 1,59 % à 7830,22 points, lesté par les tensions qui ont frappé la France ce week-end. La quasi-totalité de la cote vire au rouge.
Une séance dominée par l'inquiétude autour de la France
L'ambiance est pesante sur Euronext. En marge des manifestations de samedi, le pays a fait face à des affrontements et dégradations dans plusieurs villes, avec près de 2 400 interpellations à l'issue du week-end. À Limoges, l'hôtel de ville a notamment été incendié. Ces violences ravivent les interrogations sur la capacité du gouvernement à redresser un pays aux finances publiques déjà fragiles.
La pression monte en parallèle sur la dette souveraine. Le rendement de l'OAT française à dix ans évolue autour de 4,85 %, et l'écart avec le taux allemand se creuse, traduisant la rémunération supplémentaire exigée par les investisseurs pour détenir des titres français. Le contexte reste chargé alors que les discussions parlementaires sur le budget 2027 s'ouvrent dans un climat de fragmentation politique.
Mais le repli parisien s'inscrit également dans un mouvement de baisse plus large. Le SBF 120 cède 1,58 %. Le DAX allemand recule de 1,39 % et le STOXX 600 de 1,09 % en séance, tandis que le FTSE 100 britannique abandonne 1,33 %. À la clôture de vendredi 16 octobre à Wall Street, le Nasdaq 100 avait déjà lâché 2,5 % et le S&P 500 1,09 %.
Le vert se fait rare, Euronext tire son épingle du jeu
La dispersion raconte à elle seule la tonalité de la journée : seules 6 valeurs du CAC 40 progressent, contre 34 en baisse. Les rares hausses restent modestes. En tête, Euronext gagne 1,79 % à 170,20 euros, porté par Citi qui a relevé son objectif de cours de 156 à 200 euros tout en passant à l'achat.
STMicroelectronics avance de 1,24 % à 41,68 euros, malgré un objectif abaissé par TD Cowen de 48,50 à 45 euros, l'intermédiaire maintenant son conseil à conserver. Derrière, Eurofins Scientific (+0,36 %), ArcelorMittal (+0,25 %) et Capgemini (+0,08 %) grappillent quelques fractions de point, sans réel élan.
Banques et automobile en première ligne de la baisse
Les plus forts replis se concentrent sur les secteurs les plus exposés au climat français. Stellantis ferme la marche en cédant 5,43 % à 3,77 euros. Le constructeur évolue négativement alors que Paris et Berlin ont arrêté une position commune proposant d'assouplir les objectifs de CO2 en échange d'un bonus réservé aux véhicules produits en Europe, un texte qui reste à ce stade une proposition soumise aux autres États membres.
Accor abandonne également 3,69 % à 45,17 euros, notamment impactée par les inquiétudes quant à l'impact de la situation actuelle sur le tourisme. Mais ce sont surtout les valeurs bancaires qui pèsent, directement visées par les inquiétudes autour de la dette française. Société Générale perd 3,38 % à 62,29 euros, BNP Paribas recule de 2,90 % à 86,95 euros et Crédit Agricole cède 2,90 % à 15,26 euros. Dans un communiqué publié ce 19 octobre, la banque verte a par ailleurs annoncé une série de mesures pour ses clients professionnels, dont un crédit d'urgence à 2,5 % destiné aux commerçants touchés par les dégradations du 17 octobre. Le dispositif couvre trois volets : la trésorerie, la reprise des encaissements et la prise en charge des sinistres par l'assurance.