Épargne responsable : les Français convaincus mais méfiants
La plupart des épargnants sont convaincus par les concepts de placements responsables ou durables. Mais ils restent méfiants quant il s'agit d'investir.
Contenu conçu et proposé par Brisbane Media. La rédaction n'a pas participé à la réalisation de cet article.
Dis-moi dans quoi tu investis, je te dirais qui tu es
Selon une étude de l'Autorité des Marchés Financiers (AMF) réalisée par OpinionWay, les Français sont sensibles aux enjeux de développement durable lors du choix de leurs placements. Près de 8 sur 10 estiment que leur impact sur la qualité de l'environnement est un sujet important (pollution, biodiversité...). Lorsqu'il s'agit de choisir un support d'épargne, cet aspect serait pris en compte par plus d'une personne sur 2.
Investir responsable semble donc devenir l'une des préoccupations majeures des épargnants. A terme, cette prise de conscience pourrait avoir des conséquences importantes sur l'économie : en plaçant de l'argent dans un support plutôt qu'un autre, les particuliers contribuent à financer certains secteurs ou, au contraire, à en priver d'autres d'une source de financement.
ISR, investissement durable... des concepts qui restent flous
Si l'enjeu leur semble important, les Français ne sont pas satisfaits des conditions dans lesquelles les placements responsables leur sont proposés.
D'après l'AMF, ils restent peu nombreux à maîtriser les concepts de « placements solidaires », « durables », « responsables », « d'ISR » ou encore de « critères ESG ». Selon une étude menée par CSA Reseach sur un panel de 15 épargnants, ces notions sont considérées comme « floues », voire « opaques ». Cette perception est encouragée par le vocabulaire des documents de souscription, jugé « trop technique et décourageant ».
Identifier les supports responsables et comprendre de quoi il retourne reste donc très compliqué. Pour plus de clarté, certains labels ont fait leur apparition, comme le « label ISR » et le « label Greenfin ». Ceux-ci restent néanmoins peu connus du grand public, et inspirent une « confiance modérée », selon l'AMF. Le flou ouvre en effet la porte à la crainte d'un « greenwashing », cette technique de marketing mettant en avant uniquement les aspects écologiques des produits, avec un effet souvent trompeur. Les particuliers interrogés attendent également des preuves de l'impact positif des produits d'épargne se revendiquant « responsables ».
Un décalage entre la proportion de personnes intéressée et celle qui a investi
Seule une petite partie des épargnants a déjà choisi un tel support d'épargne. D'après l'AMF, 17% d'entre eux détiennent un produit durable ou responsable au travers d'une assurance-vie, d'un PEA, compte-titre, plan d'épargne-retraite (PER) ou plan d'épargne-salariale (72% s'en disent satisfaits).
La marge de progression reste donc élevée, mais des freins subsistent. Au-delà du fait qu'ils peinent à être convaincus que ces placements tiennent leurs promesses, les épargnants expriment un manque d'informations et un besoin d'accompagnement, notamment de la part de leurs conseillers bancaires. Or, beaucoup ne sont pas encore formés, même si ceci devrait changer rapidement : à partir d'août 2022, les conseillers financiers seront dans l'obligation de recueillir les préférences de leurs clients en matière de critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (« ESG ») avant de leur proposer n'importe quel produit d'investissement.
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