Défense : 4 à 6 milliards d'euros de fonds propres manquent à la BITD d'ici 2030
Un rapport gouvernemental évalue entre 4 et 6 milliards d'euros les besoins en fonds propres de la base industrielle et technologique de défense française pour atteindre ses pleines capacités de production à l'horizon 2030.
Un besoin de financement structuré autour de trois enjeux
Selon le « dialogue de place » sur le financement de la base industrielle et technologique de défense coprésidé par Hervé Guillou et Philippe Brassac, le besoin en fonds propres des entreprises de la base industrielle et technologique de défense (BITD) s'élève entre 4 et 6 milliards d'euros d'ici 2030.
Ces financements sont destinés à trois objectifs principaux : financer l'augmentation des carnets de commande envisagée par la loi de programmation militaire (LPM), répondre aux demandes des acheteurs étrangers, et investir dans la performance opérationnelle et les capacités de production. La BITD, composée de 4 500 petites et moyennes entreprises (PME) et entreprises de taille intermédiaire (ETI), ainsi que de neuf grands groupes maîtres d'œuvre industriels (MOI) comme Thalès ou Dassault Aviation, constitue l'épine dorsale de l'outil de défense français.
Amélioration progressive de la situation financière du secteur
Une étude actualisée par l'Observatoire économique de la défense et la Direction générale du Trésor montre une amélioration graduelle de la santé économique et financière des entreprises de la BITD depuis 2021. La valeur ajoutée, le taux de marge et le taux d'investissement ont progressé comparativement aux entreprises hors BITD. Cependant, des fragilités subsistent : les fonds propres des sociétés de la BITD demeurent en proportion inférieure à ceux du reste de l'industrie, et les délais de paiement ainsi que le besoin en fonds de roulement restent à des niveaux plus élevés que dans les secteurs comparables. Cette situation génère un recours persistant à l'endettement, compensé partiellement par l'amélioration des résultats constatée récemment.