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Pouvoir d'achat : en hausse selon l'INSEE, en baisse selon les Français



Le pouvoir d'achat s'impose dans le débat présidentiel. Si les études économiques concluent à une hausse, le ressenti des Français est tout autre. Pourquoi ?

Temps de lecture : 4 minute(s) - | Mis à jour le 08-02-2022 13:48 | Publié le 08-02-2022 13:30
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Le pouvoir d'achat : source majeure d'inquiétudes

Le retour de la hausse des prix, marqué par l'explosion des tarifs de l'électricité, du gaz et des carburants, ravive les inquiétudes des Français pour leur pouvoir d'achat. C'est d'ailleurs l'une des thématiques qui avait fait émerger la crise des gilets jaunes en 2018 et l'un des sujets qui s'imposent dans la campagne présidentielle.

Pour 2022, l'INSEE prévoit que l'inflation atteindra 2,7%. En janvier, elle a déjà progressé de 2,9% par rapport au même mois de 2021. Le gouvernement a pris quelques mesures pour aider les ménages à faire face (indemnité inflation, chèque énergie, hausse du barème kilométrique...), mais le problème d'érosion du pouvoir d'achat pourrait être plus durable et profond.

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Des chiffres rassurants, mais des Français qui peinent à maintenir leur niveau de vie

Certains économistes sont rassurants. Contrairement au ressenti de nombreux ménages, le « revenu disponible » aurait bien augmenté durant le quinquennat d'Emmanuel Macron. Simon Matet, coordinateur du pôle data de Terra Nova (laboratoire d'idées de sensibilité centre gauche), indique une progression de 8%, grâce « à la baisse du chômage et à la hausse des salaires moyens ». Même constat pour Éric Chaney, conseiller économique de l'Institut Montaigne (Think tank d'approche libérale), qui avertit cependant que la situation risque de changer, la crise du Covid étant passée par là.

Pourtant, le ressenti des Français est tout autre. Selon un sondage Elabe réalisé début février pour Les Echos, Radio Classique et l'Institut Montaigne, 40% des personnes interrogées déclarent devoir se restreindre pour boucler leur fin de mois et 81% expliquent ne pas être en situation d'épargner. Elles estiment que leurs dépenses essentielles qui leur permettent de « se chausser », « se nourrir » et « se déplacer » ont le plus augmenté avec en parallèle, un niveau de salaire qui semble insuffisant pour compenser.

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Hausse ou baisse du pouvoir d'achat : tout dépend des chiffres que l'on regarde

Pourquoi une telle distorsion entre les statistiques économiques et le ressenti des particuliers ?

Selon l'INSEE, le pouvoir d'achat correspond au « volume de biens et services qu'un revenu permet d'acheter ». Lorsque la hausse des revenus est supérieure à la hausse des prix, le pouvoir d'achat augmente. À l'inverse, il diminue.

L'évaluation du pouvoir d'achat dépend de ce qui est pris en compte pour le calculer. Et c'est là qu'est toute la difficulté : la réalité individuelle est souvent bien loin de la moyenne statistique. La situation d'un ménage peut être très différente en fonction de son lieu d'habitation, de la composition de son foyer et des besoins qui en découlent (transports, garde d'enfants...).

L'INSEE l'indique lui-même : « La croissance du pouvoir d'achat mesurée par l'Insee se heurte quelquefois au scepticisme. Le malentendu, incarné par un « pouvoir d'achat ressenti » se nourrit largement de la confrontation entre un total national et des situations individuelles. »

Ce que constate un certain nombre de Français, ce sont des prix qui semblent augmenter plus vite que leurs salaires et un « reste à vivre » qui se réduit de mois en mois. Une réalité que ne reflètent pas les statistiques économiques à l'échelle nationale.

Pour tenter de coller au plus près à la réalité, l'INSEE utilise pourtant plusieurs indicateurs et méthodes de calcul, dont les résultats finaux peuvent être très différents.

Par exemple, si l'on prend en compte « le revenu disponible brut des ménages », c'est-à-dire celui que les ménages peuvent dépenser après impôts, le pouvoir d'achat a progressé de 9,8% entre 2010 et 2020. Si l'on analyse par « unité de consommation », une méthode qui pondère les résultats en fonction de la composition des foyers, il n'est plus que de 3,2%.

En prenant en compte le revenu « arbitral », défini comme celui qui reste une fois les dépenses contraintes payées (loyer, électricité, assurances...), le pouvoir d'achat a évolué de 2,4% sur la même période pour l'analyse effectuée selon la méthode des « unités de consommation », mais a baissé de 0,2% pour les ménages.

En somme, la définition du pouvoir d'achat est multiple et la réalité bien difficile à approcher par les statistiques. Chacun peut y trouver un chiffre qui reflète sa pensée. Reste que la plupart des chiffres de l'INSEE indiquent une augmentation globale du pouvoir d'achat sur la période 2010-2020, de même qu'entre 2017 et 2020. Mais d'autres éléments peuvent expliquer la différence de perception qu'ont les Français dans leur quotidien.

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Des postes de dépenses sous-estimés

Il ne faut pas perdre de vue que les données statistiques relatives au pouvoir d'achat ne sont pas encore disponibles pour 2021. Elles ne reflètent donc pas le retour d'une forte inflation et l'explosion du prix de l'énergie qui frappent actuellement le porte-monnaie des particuliers. Pour autant, l'écart entre des statistiques optimistes et des ménages pessimistes ne date pas d'hier.

Pour certains économistes, ce ressenti pourrait s'expliquer par une sur-interprétation de l'évolution des prix du quotidien. L'augmentation des fruits et légumes, du pain ou d'un café au restaurant, qui peut sauter aux yeux, amplifierait le sentiment de perte de pouvoir d'achat.

Une autre explication avancée est que l'INSEE sous-estime certaines dépenses, dont le coût du logement. Alors qu'elles représentent près d'un tiers des frais des ménages, leur poids n'est que de 6% pour l'INSEE. Ce décalage s'explique par le fait que l'institut ne prend pas en compte les dépenses de logement des propriétaires (qui représentent environ 60% des ménages), puisqu'elle les considère comme un investissement. Ainsi, la forte hausse des prix de l'immobilier, qui pèse lourdement sur le portefeuille des Français, n'entre pas totalement dans les statistiques.

L'INSEE ne prend pas non plus en considération la perte de pouvoir d'achat de l'épargne. Depuis 2017, les taux du livret A et du LDDS, qui abritent 470 milliards d'euros d'épargne, ne compensent plus l'inflation. De même, le rendement réel des fonds en euros des assurances-vie (1300 milliards d'euros d'épargne), peinait à la compenser jusqu'en 2020 et a même plongé dans le rouge en 2021.



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