Dans quelle cryptomonnaie investir ? 12 alternatives au Bitcoin à suivre en 2022
Bitcoin n'est pas la seule cryptomonnaie du marché. Voici 12 “altcoins” moins médiatisés à suivre en 2022 et à mettre dans un portefeuille diversifié.
La valeur du Bitcoin atteint souvent des sommets et repousse régulièrement les limites. Sous le feu des projecteurs, notamment parce que de grandes entreprises s'y intéressent de près, il en ferait presque oublier qu'il existe plus de 2500 cryptomonnaies.
Le monde des cryptos, quelque peu à part, est effervescent. Mais il ne faut pas se méprendre. Pour ceux qui souhaitent y investir, les cryptoactifs figurent parmi les supports les plus risqués. Très spéculatifs, leur grande volatilité peut mener à la perte totale du capital investi. Comme pour tout placement, il faut s'abstenir d'investir à l'aveugle, ou uniquement motivé parce que d'autres ont choisi d'y miser de l'argent.
L'univers qui porte les cryptomonnaies est complexe à comprendre, car il est indissociable des nouvelles technologies informatiques et des « blockchains ». Mais une chose est sûre : celles qui émergeront auront une utilité simple et concrète pour le public qu'elles ciblent. Il ne sera pas indispensable de se plonger dans des détails techniques pour comprendre ce qu'elles peuvent apporter au quotidien.
Comment estimer le potentiel d'une cryptomonnaie ?
Les cryptomonnaies d'importance peuvent être classées en 2 grandes familles. Celles qui ont pour ambition de devenir uniquement une monnaie d'échange, et celles qui servent avant tout d'outil de transaction dans une ou plusieurs blockchains.
Pour tenter d'évaluer le potentiel des principales cryptomonnaies alternatives aux Bitcoins, 5 critères peuvent être examinés :
- L'utilité : quelles sont les applications concrètes de la cryptomonnaie, existe-t-il des débouchés, répond-elle à un besoin ?
- La sécurité : la technologie utilisée par la cryptomonnaie est-elle fiable et évolutive ?
- L'étendue de son réseau et le degré de décentralisation : qui sont les acteurs qui valident les transactions et quelles sont les règles ?
- La crédibilité : comment est-elle perçue de l'extérieur ? Intéresse-t-elle des acteurs reconnus qui n'appartiennent pas au monde de la blockchain ou des cryptomonnaies ?
- Sa notoriété : est-elle déjà connue du public qu'elle vise ?
Selon ces critères, voici 12 cryptomonnaies dont l'évolution est à suivre en 2022.
Les cryptomonnaies qui veulent s'imposer comme monnaie d'échange
En plus des 5 critères précédemment cités, le potentiel de ces cryptomonnaies est fortement lié à l'évolution prochaine des législations à travers le monde. Elles risquent en effet de se heurter au durcissement des règles dans de nombreux pays, et à la création de monnaies numériques par les banques centrales* des différents États.
Le Litecoin (LTC) : la plus ancienne cryptomonnaie alternative
Créée en 2011 par Charlie Lee, un ancien employé de Google, le Litecoin a été la première cryptomonnaie alternative au Bitcoin (que l'on nomme désormais les « altcoins »). Elle fonctionne sur un modèle proche de celui de la cryptomonnaie star. Son historique fait qu'elle dispose d'un réseau très étendu. Elle a par ailleurs démontré la sécurité de ses transactions.
Le Litecoin dispose également d'une bonne crédibilité, avec un grand nombre de plateformes d'échange et certains commerçants qui commencent à l'accepter en guise de paiement.
Une fois tous les jetons prévus émis, il devrait y avoir 4 fois plus de Litecoin en circulation que de Bitcoins. Mais son développement reste assez lent, ce qui pourrait lui faire prendre un retard technique sur d'autres cryptomonnaies.
Lancement du projet : 2011
Prix le plus haut : 317,72 euros en mai 2021
Le plus bas depuis 1 an : 46 euros en novembre 2020
Capitalisation : 11,8 milliards d'euros en octobre 2021
Le Dash (DASH) : la recherche d'une simplicité d'utilisation
Le Dash (contraction de « digital cash ») s'est fixé comme objectif de devenir une monnaie d'échange aussi pratique et simple d'utilisation que l'argent liquide ou Paypal.
L'un des usages principaux que vise le Dash est l'envoi d'argent partout dans le monde. D'autres utilisations pourraient en découler, comme le paiement de produits ou services, le trading en ligne...
Lancée sous le nom de « Darkcoin », ses fondateurs voulaient distinguer la cryptomonnaie du Bitcoin en rendant les transactions anonymes. Elle fut alors soupçonnée d'être destinée à financer des activités illicites. Depuis, elle a acquis une meilleure notoriété, grâce à son modèle simple et à la possibilité d'envoyer de l'argent de façon confidentielle et instantanée à peu de frais. Mais son degré de centralisation reste assez critiqué.
Lancement : 2014
Prix le plus haut : 1327 euros en décembre 2017
Le plus bas depuis 1 an : 54 euros en novembre 2020
Capitalisation : près de 3,2 milliards d'euros en novembre 2021
Le Monero (XMR) : des transactions intraçables
Le Monero est également une cryptomonnaie pour laquelle l'anonymat est le mot d'ordre. Son système rend les transactions intraçables : il est impossible de connaître l'identité de ceux qui ont effectué un échange, ni le montant engagé. Cet esprit d'actif « fongible » est à l'opposé de celui du Bitcoin.
L'un des atouts de Monero repose sur son système très décentralisé et son large réseau. Mais la confidentialité des transactions le rend opaque. Ses détracteurs pointent les liens possibles qu'entretient la cryptomonnaie avec les commerces illégaux et le dark web.
A l'avenir, les « privacy coins » pourraient être interdites dans plusieurs pays, afin d'éviter le financement d'activités répréhensibles. La capitalisation de cette crypto a explosé en 6 mois.
Lancement : 2014
Prix le plus haut : 397 euros en mai 2021
Le plus bas depuis 1 an : 93,74 euros en novembre 2020
Capitalisation : 4 milliards d'euros en novembre 2021
NB : D'autres cryptomonnaies se positionnent sur le créneau de l'anonymat, comme Zcash (ZEC) ou Zcoin. Beaucoup ont été l'objet de controverses (hacking, financement de marché illicites...).
Le Tether (USDT) : la « stablecoin » qui vaut toujours 1 dollar
Le Tether est une cryptomonnaie assez particulière : émise sur plusieurs blockchains (dont Ethereum et EOS), elle est adossée à la valeur du dollar américain, ce qui en fait la première « stablecoin ». Alors que les cryptomonnaies ont la caractéristique d'être volatiles, le prix du Tether est toujours très proche de 1 dollar.
Cette sorte de « parité » lui procure une utilité pour les détenteurs d'autres cryptomonnaies. Elle est par exemple utilisée pour convertir des gains réalisés sur d'autres cryptoactifs, tout en évitant de devoir les convertir en monnaie officielle (en « monnaie fiat », selon le jargon).
Mais cette cryptomonnaie pêche en matière de décentralisation. Ses orientations dépendent fortement des décisions de l'entreprise émettrice, qui peut par exemple choisir unilatéralement de geler un compte. Il est opportun de se demander ce qu'il adviendrait si celle-ci venait à mettre la clé sous la porte... Les détracteurs de cette cryptomonnaie reprochent d'ailleurs à l'entreprise Tether un certain manque de transparence. La société a d'ailleurs eu des problèmes avec la justice américaine au sujet d'utilisation illégale de fonds, et n'aurait pas de réserves suffisantes pour le montant des transactions effectuées.
Autre point faible : le statut de « stablecoin », c'est-à-dire de cryptomonnaie adossée à une monnaie officielle, met le Tether à risque. Les législations restent partout assez floues, et il n'est pas exclu que ce type de cryptomonnaies soit formellement interdit dans un avenir plus ou moins proche. Cette thématique est notamment sous le feu des projecteurs du fait du projet Diem de Facebook. Celui-ci a provoqué une levée de boucliers de nombreux États, qui craignent de voir leur souveraineté monétaire fragilisée.
La capitalisation de Tether a été multipliée par 2 courant 2021.
Lancement : 2014
Prix : indexation sur le dollar américain, donc historiquement environ 1 dollar
Capitalisation : près de 63,5 milliards d'euros en octobre 2021
Les cryptomonnaies comme instruments d'un système
Si certaines veulent également s'imposer comme des monnaies d'échange dans la vie de tous les jours, ces cryptomonnaies servent majoritairement, à ce jour, à faciliter les échanges des utilisateurs de leur blockchain.
L'Ether (ETH), sur Ethereum : un réseau solide qui devra évoluer
Créée en 2014 par Vitalik Buterin, Ethereum est une blockchain destinée au développement d'applications décentralisées (les « Dapps »). L'Ether est la cryptomonnaie qui y sert de moyen de paiement.
Par exemple, CryptoKitties est un jeu vidéo qui a été développé sur Ethereum. Il permet aux joueurs d'acheter, d'élever et de vendre des chatons virtuels, la monnaie d'échange étant l'Ether (ETH). Mais les activités ludiques sont loin d'être les seuls sur la blockchain.
Ethereum permet d'éditer des « smart contracts ». Ces « contrats intelligents » ont pour objet de fixer les règles d'un contrat, puis de l'exécuter automatiquement une fois les conditions levées en certifiant chaque étape. Un procédé plutôt pratique lors des transferts d'actifs. « Le programme lance le code et s'il valide automatiquement une condition, il détermine si l'actif doit être envoyé à une personne ou renvoyé à une autre, ou s'il doit être remboursé immédiatement à la personne qui l'a émis, ou une combinaison de tout cela », expliquait le fondateur lors d'un sommet sur la Blockchain.
Ethereum est un réseau solide et sécurisé, qui a réussi à faire ses preuves au fil des années. Reste que la valeur de l'Ether est aussi fortement dépendante de la technologie sous-jacente. Or, un des points négatifs soulevés par les spécialistes concerne la limitation de ses capacités de traitement des transactions. L'amélioration de la technologie est nécessaire pour éviter que Ethereum perdre son avantage, celle-ci semble sur un bon chemin.
Là encore, la capitalisation de cette crypto a explosé en 6 mois (x2,5).
Lancement : 2015
Prix le plus haut : 3978,88 euros en novembre 2021
Le plus bas depuis 1 an : 383 euros en novembre 2020
Capitalisation : 458 milliards d'euros en novembre 2021
>> A lire : faut-il miser sur Ethereum comme alternative au Bitcoin ?
Solana (SOL) : la blockchain la plus rapide
Solana est l'une des cryptomonnaies qui a fait le plus parler d'elle en 2021 et pour cause : en un an, sa valeur a été multipliée par 132... Une personne qui aurait misé 1000 euros sur Solana en novembre 2020 aurait aujourd'hui un capital de plus de 130.000 euros ! Ce qui frappe aussi, c'est sa hausse relativement continue et régulière, là où beaucoup d'autres cryptomonnaies subissent des hausses et des baisses violentes sur des laps de temps très courts.
Bien sûr, les performances passées ne préjugent pas des performances futures et comme pour toutes les cryptomonnaies, l'écroulement de la valeur du jeton Solana n'est pas impossible. Reste que sa capitalisation dépasse désormais les 61 milliards d'euros : il s'est hissé très rapidement à la 5ème place des cryptomonnaies les plus importantes du marché.
Si Solana devient si populaire, c'est qu'il est l'un des fers de lance de la DeFi (Decentralized Finance). Comme Ethereum, son protocole est designé pour la création de Dapps et de smart contracts. Mais ce qui lui donne une caractéristique unique (pour le moment), c'est la rapidité d'exécution et le nombre de transactions par seconde, pour le moment incomparable avec les autres blockchains.
Les validations sont basées sur un consensus spécial, qui mixe le « proof-of-stake » (preuve d'enjeu) que l'on retrouve notamment sur Ethereum, et un « proof-of-history » (preuve d'historique », qui joue sur la date de la transaction). Cette méthode hybride lui donne l'avantage d'être très efficient et d'approcher la résolution de la « quadrature du cercle » de la blockchain : un réseau décentralisé, sécurisé et « scalable », c'est-à-dire capable de s'adapter à un changement d'ordre de grandeur sans devoir modifier son système et sans perdre en efficience.
Cerise sur le gâteau, les jetons Solana peuvent être « stakés », c'est-à-dire que leurs détenteurs peuvent participer indirectement à leur minage et percevoir une récompense, ce que l'on peut apparenter à un taux d'intérêt.
Lancement du projet : 2017
Prix le plus haut : 212,99 euros en novembre 2021
Le plus bas depuis 1 an : 1,61 euros en novembre 2020
Capitalisation : 61,3 milliards d'euros en novembre 2021