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Bordeaux : un « Comptoir des Cybermonnaies » pour accompagner les investisseurs

| Publié le 13-05-2019 10:16 | Mise à jour le 15-05-2019 11:18
Bordeaux : un « Comptoir des Cybermonnaies » pour accompagner les investisseurs
Crédit photo : © François Miquel et Baptiste Lac du Comptoir des cybermonnaies  

Baptiste Lac et François Miquel tiennent depuis 2018 le Comptoir des Cybermonnaies, cours d'Alsace et Lorraine à Bordeaux. Un lieu pour s'initier au Bitcoin et à d'autres crypto-actifs avant de se lancer et éventuellement acheter ses premiers tokens.

Ideal-investisseur.fr : Pourquoi avoir monté un Comptoir des Cybermonnaies ?

François Miquel : Baptiste et moi avons des parcours qui nous ont conduits à nous intéresser aux crypto-actifs il y a quelques années. Lui vient du web et connaît Bitcoin depuis 2013. Quant à moi, j'ai une formation d'ingénieur et une expérience de 14 ans de conseil dans le domaine bancaire. Au fil des années, l'intérêt croissant des banques pour la blockchain m'a incité à développer une expertise sur ce sujet.

Baptiste Lac : Nous nous sommes rendus compte qu'appréhender le sujet des cryptomonnaies pouvait se révéler difficile pour les néophytes et à quel point ils témoignent d'un besoin d'accompagnement pour se lancer et éviter les erreurs opérationnelles. Nous avons donc ouvert une boutique pour répondre à ce besoin de rencontrer des interlocuteurs physiques, de confiance, qui connaissent cet écosystème.

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Comment définiriez-vous Bitcoin et quelle est son utilité ?

Baptiste Lac : Bitcoin est avant tout un protocole informatique, c'est-à-dire un ensemble de règles qui régissent les échanges de données. Bitcoin désigne également le réseau décentralisé où s'applique ce protocole. Personne ne peut en prendre le contrôle ni modifier les règles contre l'avis des autres acteurs de l'écosystème.
Enfin le bitcoin est l'unité de compte, donc d'échange, sur ce réseau décentralisé. Celle-ci a des propriétés économiques intéressantes, notamment celle d'être une monnaie dont on connaît à l'avance les règles d'émission. Cette dernière étant limitée à 21 millions d'unités, elle confère à Bitcoin une possible fonction de réserve de valeur.

François Miquel : A partir du moment où l'on pense que Bitcoin peut rester, s'imposer et se démocratiser (il existe depuis 10 ans), il a alors le potentiel pour devenir une réserve de valeur au même titre que l'or. Compte tenu du fait que c'est une monnaie informatique, purement numérique, il est plus adapté à Internet et moins susceptible de fraude que d'autres moyens de paiement car chaque transaction est identifiée et irréversible.

Pourquoi vos clients veulent-ils acquérir des bitcoins ?

François Miquel : Les profils sont assez variés, mais globalement notre clientèle veut du bitcoin soit pour spéculer à court terme, soit pour investir sur le long terme. Ce dernier type de clients est là pour diversifier ses placements, et espère effectuer une plus-value dans le temps. Enfin, une frange de notre clientèle envisage Bitcoin comme un actif « anti-système », qui peut permettre de s'affranchir du système bancaire traditionnel.

Baptiste Lac : Il nous est aussi arrivé de recevoir des personnes inquiètes qui nous disent avoir acheté des bitcoins sur tel ou tel site Internet. Parfois nous constatons malheureusement qu'elles sont tombées sur des escrocs et qu'elles ne pourront jamais récupérer leurs fonds. L'AMF a enregistré en 2018 plus de 1000 plaintes d'épargnants, portant sur un montant total de plus de 55 millions d'euros. Et il s'agit uniquement des plaintes enregistrées, on peut imaginer qu'en réalité il y a beaucoup plus de victimes de fraudes que cela.

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Concrètement, quel est le parcours d'un client qui passe la porte du Comptoir des Cybermonnaies ?

François Miquel : Nous accompagnons les profils technophobes ou néophytes à faire leurs premiers pas dans les cryptomonnaies, y compris après l'acquisition. Nous ne faisons cependant pas de conseil en investissement, c'est-à-dire que nous ne faisons pas de recommandations d'achat ou de vente sur les crypto-actifs. Nous sommes facilitateur de transactions, un intermédiaire de confiance pour les nouveaux investisseurs en cryptomonnaies. Nous sommes là pour accompagner les clients opérationnellement, pour répondre à leurs questions pratiques et pour les aiguiller sur le choix de la solution de conversation adaptée ainsi que dans sa configuration.

Baptiste Lac : Notre ambition première est de démocratiser Bitcoin et les cryptomonnaies. Ainsi vous pouvez nous adresser toutes les questions que vous vous posez sur le sujet. Qu'est-ce que Bitcoin ? Qu'est-ce que le minage ? Quelle fiscalité s'applique dessus ? Nous nous adaptons à chaque client car chacun a sa manière d'appréhender les sujets, dépendante de son niveau de connaissances, de ses doutes et certitudes. On essaie de démêler tout ça pour donner les éléments les plus objectifs afin qu'il puisse prendre ses propres décisions.

Si votre souhait est d'acheter ou de vendre une cryptomonnaie, nous nous posons en tant qu'intermédiaire unique dans toute la phase opérationnelle et financière. Concrètement, nous aidons le client à sélectionner et installer le portefeuille électronique nécessaire. Nous mettons à disposition de notre clientèle un guide d'installation tout en prenant soin de ne pas intervenir lors de l'étape de génération des accès privés que seul le client se doit de connaître. Le client peut ensuite passer sa commande par carte bancaire ou par virement bancaire - pour des raisons de réglementation et de risque opérationnel nous n'acceptons ni liquide ni chèque. Dès réception des fonds, nous passons l'ordre d'achat et les bitcoins et autres cryptomonnaies sont livrés sur le portefeuille électronique du client. Nous facturons le service de change avec une commission à l'achat comme à la vente.

François Miquel : Nous respectons les règlements prescrits par le code monétaire et financier, aussi nous appliquons les règles relatives à la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme. Nous avons une procédure précise puisque nous sommes dans l'obligation de réaliser des « due-diligences » en conformité avec la réglementation. Cette procédure consiste à faire un certain nombre de vérifications, à commencer par demander la pièce d'identité du client dès le premier euro.

Vous commercialisez aussi des produits liés aux cryptomonnaies ?

François Miquel : Nous vendons également une sélection d'ouvrages francophones sur Bitcoin, les cryptomonnaies et les protocoles à blockchain. Nous proposons par ailleurs des périphériques dédiés à la sécurisation des crypto-actifs. En effet, pour conserver des cryptomonnaies, il faut être muni d'un portefeuille électronique, sous la forme, par exemple, d'une application gratuite que l'on peut installer sur smartphone ou ordinateur. Néanmoins, nous préconisons aux clients qui décident d'investir plus de 1000 euros d'utiliser un périphérique électronique à part entière pour une sécurité renforcée. Cela ressemble à des clés USB sophistiquées. Ce sont des périphériques dédiés qui sont conçus pour éviter qu'un hacker puisse en extraire les données sensibles.

Baptiste Lac : Nous avons également une activité de formation. Nous animons mensuellement des séances gratuites d'introduction à Bitcoin pour notre clientèle. Nous développons également un catalogue de formations plus avancées, à destination aussi bien des professionnels que des particuliers, axées par exemple sur la compréhension technique des protocoles à blockchain, des aspects économiques de la crypto-économie…

Les cryptomonnaies restent sous surveillance des États, pensez-vous que certains puisse les interdire ?

François Miquel : On ne peut pas arrêter Bitcoin car il repose sur un réseau sans autorité centrale et sans frontière. Dès lors que le code informatique a été inventé et tant qu'il y aura des utilisateurs à travers le monde, Bitcoin sera utilisable. L'interdire serait difficile ou se résumerait à se battre contre les moulins à vents. La régulation peut le freiner mais ne peut pas, à notre sens, le faire disparaître.
L'approche des régulateurs est d'être plutôt proactifs et d'intégrer ce nouvel outil économique dans leur cadre légal. Car l'ignorer, ce serait aussi ouvrir la porte à des dérives contre lesquelles ils n'auraient alors plus de moyens d'agir. Des projets de loi sont d'ailleurs en préparation pour encadrer les activités en lien avec les cryptomonnaies en France.

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