Crédit immobilier : jusqu'à 20 % des dossiers menacés par le taux d'usure
Le courtier en crédits immobiliers CAFPI alerte sur le décalage croissant entre le taux d'usure légal et les conditions réelles du marché, qui menace de paralyser le financement immobilier.
Un blocage massif dès mai-juin 2026
Sur la base de plus de 6 000 dossiers signés au premier trimestre 2026, CAFPI modélise l'impact d'une remontée des taux sur le TAEG selon deux scénarios. Dans le scénario actuel, avec une hausse de 20 points de base par rapport au T1 2026, 14 % des dossiers sont d'ores et déjà bloqués par le taux d'usure. Dans le scénario à horizon mai-juin, avec une hausse de 40 points de base, jusqu'à 20 % des dossiers pourraient être refusés. Le taux d'usure, fixé à 4,48 % pour les prêts de 10 à 20 ans et 5,19 % au-delà de 20 ans depuis le 1er avril, creuse son décalage avec la réalité des taux pratiqués. « Le taux d'usure est aujourd'hui en décalage avec la réalité des taux pratiqués. Sans réactivité dans son ajustement, il devient un facteur de blocage massif », explique Laura Martino, Directrice des Partenariats bancaires chez CAFPI.
Trois profils particulièrement exposés
Les emprunteurs remboursant sur moins de 20 ans sont paradoxalement les plus affectés : 59 % de leurs dossiers sont bloqués dans le scénario actuel, jusqu'à 70 % à horizon mai-juin. Sur les petits montants, inférieurs à 100 000 €, 36 % des dossiers sont déjà bloqués, un chiffre qui pourrait atteindre 47 % à court terme. Les emprunteurs de plus de 45 ans connaissent également une exposition majeure, avec 27 % de dossiers actuellement bloqués, chiffre pouvant monter à 46 % dans les prochaines semaines en raison du coût croissant de l'assurance emprunteur. CAFPI rappelle que face à la crise de 2022-2023, les pouvoirs publics avaient instauré une révision mensuelle du taux d'usure, permettant de fluidifier le marché. Le courtier plaide pour un retour à cette actualisation mensuelle pour « rétablir rapidement un fonctionnement fluide du marché ».