Immobilier : après -25 % en 4 ans en Europe, les signaux de reprise se confirment
Trois organismes publient leurs analyses du marché immobilier européen et français au premier trimestre 2026, confirmant une reprise progressive mais inégale, marquée par des enjeux structurels majeurs.
Une reprise européenne à géométries variables
Catella publie sa nouvelle édition de l'étude Catella House View soulignant qu'après quatre années de correction marquées par une baisse moyenne des valeurs de 25 % en Europe, l'immobilier amorce en 2026 une nouvelle phase de croissance. La stabilisation des taux d'intérêt et l'amélioration du financement redessinent le paysage de l'investissement, avec un rebond des valeurs prime d'environ 6 % depuis fin 2023. La reprise sera toutefois fragmentée et exigeante selon l'étude, portée notamment par le logement abordable et l'habitat fonctional, identifiés comme les segments les plus attractifs du paysage européen.
Déficit de logements et mutations sociétales
Le déficit européen de logements abordables est estimé à près de quatre millions d'unités d'ici 2030, alors que les loyers ont progressé en moyenne de 6 % par an sur les cinq dernières années. Catella relève un effet « verrouillage » : les loyers des nouveaux baux augmentant deux fois plus vite que les anciens, les locataires ne déménagent plus, freinant le dynamisme économique. L'Europe devra également accueillir deux millions de lits supplémentaires pour ses seniors d'ici 2050, soit plus de 70 % des capacités actuelles.
Sur le marché des bureaux en France, le Quartier Central des Affaires concentre 45 % des investissements malgré des volumes globaux inférieurs aux moyennes historiques, tandis que la vacance dépasse les 6 % pour la première fois depuis 1997. Les loyers des bureaux neufs ou restructurés ont bondi de +35 % depuis 2020.
Le marché français du logement en progression au premier trimestre
Le réseau Laforêt signale une demande présente mais mesurée (+4 % au niveau national) et une offre en nette progression (+9 % en trois mois). Les prix sont globalement stabilisés (+0,5 %) tandis que les délais de vente s'allongent (103 jours en moyenne). La demande s'avère plus soutenue sur les appartements (+6 %) que sur les maisons (-2 %), avec 8 transactions sur 10 faisant désormais l'objet d'une négociation (5,1 % en moyenne).