Placements financiers : 11 % des Français utilisent l’IA pour s’informer, selon l’AMF
Selon une édition spéciale du Baromètre de l’épargne et de l’investissement de l’AMF, ces Français déclarent utiliser l’intelligence artificielle comme source d’information avant d’effectuer un placement financier. L’usage reste minoritaire, mais il est plus fréquent chez les jeunes, les diplômés et certains profils d’investisseurs.
Un usage encore minoritaire avant un placement
L’intelligence artificielle commence à apparaître dans les pratiques d’information financière, sans constituer une source dominante. Selon les données du Baromètre AMF de l’épargne et de l’investissement 2025, fondé sur un sondage mené auprès de 2 120 personnes entre le 19 septembre et le 3 octobre 2025, 11 % des Français déclarent utiliser l’IA comme source d’information avant d’effectuer un placement financier. Le conseiller bancaire ou financier reste la référence principale, cité par 42 % des répondants.
Un fort écart selon l’âge et le niveau de diplôme
Le recours à l’IA varie nettement selon le profil des épargnants. D’après l’AMF, 19 % des moins de 35 ans déclarent utiliser l’intelligence artificielle avant un placement, contre 4 % des plus de 55 ans. Le niveau de diplôme joue également un rôle : 17 % des personnes titulaires d’un niveau supérieur à Bac +2 y ont recours dans ce cadre, contre 5 % des personnes sans diplôme ou titulaires du brevet des collèges.
Une utilisation plus fréquente chez les investisseurs exposés au risque
L’usage de l’intelligence artificielle est plus élevé chez certains investisseurs déjà présents sur des supports risqués ou moins traditionnels. 33 % des investisseurs en crypto-actifs, 24 % des investisseurs en financement participatif et 19 % des investisseurs en Bourse déclarent utiliser l’IA comme source d’information avant un placement. Cette pratique est également plus fréquente chez les Français prêts à accepter davantage de risque pour maximiser leur rémunération, dont 29 % déclarent y recourir.
Un outil surtout utilisé en complément d’autres sources
L’IA est rarement utilisée seule pour s’informer avant d’investir. Parmi les Français qui déclarent y recourir avant un placement, 54 % l’utilisent en complément de recherches effectuées par eux-mêmes, notamment en ligne, et 41 % en complément des informations fournies par leur établissement financier ou leur conseiller. Le recours exclusif à l’intelligence artificielle reste très limité : il concerne 5 % de ces utilisateurs.
Des bénéfices perçus, mais une forte vigilance sur les risques
Les Français identifient certains bénéfices possibles lorsque l’IA est utilisée par les professionnels de l’épargne. Selon l’AMF, 54 % des répondants estiment qu’elle pourrait permettre des conseils plus adaptés à leur situation personnelle, tandis que 52 % pensent qu’elle pourrait améliorer la performance des placements et réduire les frais. Ces attentes s’accompagnent toutefois de réserves importantes : 67 % des Français considèrent que cet usage pourrait induire des erreurs ou conduire à de mauvaises décisions, une proportion qui atteint 75 % chez les 18-35 ans. Par ailleurs, 57 % des répondants craignent un manque de transparence des placements.
Un usage direct pour orienter les placements encore limité
Parmi les détenteurs d’au moins un produit d’épargne ou de placement, l’usage de l’IA pour modifier ou orienter les placements reste minoritaire. Selon l'institution, 67 % déclarent ne jamais y recourir dans ce cadre, 28 % l’utilisent de temps en temps et 5 % souvent. Ces données confirment que l’intelligence artificielle intervient encore davantage comme une aide ponctuelle que comme un outil central dans les décisions d’investissement.
Un signal à suivre pour les professionnels de l’épargne
Le Baromètre de l’AMF montre une adoption encore limitée, mais déjà visible, de l’intelligence artificielle dans le parcours d’information des épargnants. L’outil est davantage utilisé par les jeunes, les diplômés et les investisseurs présents sur des supports plus risqués, mais il reste le plus souvent associé à d’autres sources d’information. Pour les professionnels de l’épargne, ces résultats soulignent un enjeu de pédagogie, de transparence et d’encadrement des usages.