Corticeira Amorim : ventes en recul de 4,3 % sur neuf mois, marge d'EBITDA stable à 17,5 %
Corticeira Amorim a publié le 2 novembre 2026 des comptes sur neuf mois dans lesquels la rentabilité d'exploitation se maintient malgré le repli de l'activité.
Le chiffre d'affaires consolidé a reculé de 4,3 %, à 647,7 M€, alors que l'EBITDA courant a baissé de 3,4 %, à 113,5 M€. La marge d'EBITDA courant progresse ainsi de 0,1 point, à 17,5 %.
Le résultat net suit une autre trajectoire. Il recule de 22,4 %, à 35,4 M€, sous l'effet de coûts non récurrents liés à la restructuration de l'activité de revêtements de sol et aux mesures d'alignement de la structure de coûts sur le niveau d'activité actuel.
La baisse des coûts compense les effets volume et mix sur la marge
Le groupe attribue le recul de l'EBITDA courant à la dégradation du mix produits et à un effet de levier opérationnel défavorable. Deux facteurs ont compensé ces effets : l'évolution des prix de consommation des matières premières en liège et le contrôle des coûts d'exploitation courants, en baisse de 3,5 %, à 283,9 M€.
Cette combinaison se lit dans la marge brute, qui gagne 0,6 point, à 54,8 % des ventes, alors que sa valeur absolue baisse de 3,2 %, à 354,7 M€. L'EBIT courant recule de 2,1 %, à 70,8 M€, soit un repli inférieur à celui du chiffre d'affaires.
Le résultat net intègre en revanche des éléments non récurrents et des dépréciations, principalement issus du plan final de restructuration du segment des revêtements de sol. Le bénéfice par action passe ainsi de 0,343 € à 0,267 € sur un an.
Des volumes en repli dans toutes les divisions et un dollar défavorable
Le recul des ventes reflète une baisse des volumes dans l'ensemble des divisions et un mix produits défavorable, en particulier chez Amorim Cork, toujours pénalisée par un environnement de marché difficile. La dépréciation du dollar américain a également pesé : hors cet effet, la baisse du chiffre d'affaires aurait été de 3,7 %.
Amorim Cork Solutions a vu son chiffre d'affaires progresser de 1,3 % malgré l'effet de change, porté par les applications aéronautiques, d'étanchéité et sportives. Sa marge d'EBITDA gagne 4,2 points, à 14,2 %, principalement grâce à l'évolution du mix produits, ainsi qu'à la baisse des coûts d'exploitation et des prix de consommation du liège.
Un troisième trimestre en amélioration et une dette nette réduite à 56 M€
Le troisième trimestre isolé infléchit la lecture du cumul. Les ventes y reculent de 0,8 %, à 201,9 M€, alors que l'EBITDA courant progresse de 2,2 %, à 31,4 M€, et que sa marge gagne 0,5 point, à 15,5 %. Le résultat net trimestriel augmente de 16,2 %, à 10,3 M€.
La dette nette portant intérêts s'établissait à 56,0 M€ fin septembre, en baisse de 19,9 M€ par rapport à fin décembre 2025. Cette réduction a été obtenue malgré le versement de dividendes (46,6 M€), les investissements en immobilisations (23,1 M€), les acquisitions réalisées (18,0 M€) et le programme de rachat d'actions (9,0 M€).
Rapportée à l'EBITDA courant des quatre derniers trimestres, la dette bancaire nette revient de 0,67 à 0,41 fois sur un an. Le groupe a par ailleurs créé la coentreprise Scott Premium Closures et ouvert une filiale Amorim Top Series dans le Kentucky pour renforcer sa présence aux États-Unis.
Selon António Rios de Amorim, président-directeur général, la contraction de la consommation de vin semble ralentir, sans reprise significative attendue à court terme. Le groupe aborde ainsi la fin de l'exercice avec une marge d'EBITDA courant maintenue sur neuf mois et un endettement allégé, dans un marché du vin dont la direction n'anticipe pas de redressement rapide.