Genfit : redevances Iqirvo en hausse de 188 % sur 9 mois, chiffre d'affaires en recul
Genfit a publié le 5 novembre 2026 ses informations financières du troisième trimestre, qui font apparaître deux mouvements de sens opposé.
Sur les neuf premiers mois, les redevances perçues sur les ventes d'Iqirvo (élafibranor) par Ipsen ont progressé de 188 %, à 36,3 M€, alors que le chiffre d'affaires total recule, à 36,4 M€ contre 39,2 M€ un an plus tôt.
L'écart s'explique par l'absence de revenus de paiements d'étape comptabilisés sur les neuf premiers mois de 2026, alors que la période comparable de 2025 intégrait 26,6 M€ de revenus de cette nature. La trésorerie, elle, recule à 95,6 M€ au 30 septembre, contre 113,8 M€ fin juin, un niveau que la biotech lilloise juge suffisant pour financer ses activités au-delà de fin 2028.
Le recul du chiffre d'affaires tient à l'absence de paiement d'étape
Les redevances sont passées de 12,6 M€ sur les neuf premiers mois de 2025 à 36,3 M€ sur la même période de 2026. Elles proviennent quasi intégralement des ventes mondiales d'Iqirvo réalisées par Ipsen, et la société attribue leur hausse à « l'accélération des ventes aux États-Unis et à une solide performance en Europe et sur les autres marchés ».
Ces redevances ne restent toutefois pas dans les caisses de Genfit : elles servent à rembourser le financement adossé aux redevances conclu par le groupe. Elles n'ont pas suffi à compenser la base de comparaison de 2025, qui incluait un paiement d'étape déclenché par l'obtention du prix et du remboursement d'Iqirvo en Italie, troisième grand marché européen après le Royaume-Uni et l'Allemagne.
Genfit rappelle elle-même que les comparaisons annuelles doivent tenir compte du calendrier de ces paiements, et indique que de nouveaux revenus d'étape pourraient être comptabilisés lors de périodes futures.
Les ventes d'Iqirvo par Ipsen progressent de 170,8 % sur neuf mois
Le moteur des redevances reste la dynamique commerciale d'Iqirvo dans la cholangite biliaire primitive. Les ventes nettes ont atteint 109,4 M€ au troisième trimestre 2026, contre 48,6 M€ un an plus tôt, soit une hausse de 125,4 % à taux de change constants.
Sur neuf mois, elles s'élèvent à 282,6 M€, contre 107,4 M€, en progression de 170,8 % à changes constants. Le rythme du seul troisième trimestre est donc inférieur à celui du cumul, sur des montants trimestriels plus élevés.
Sur la base des ventes de l'exercice 2026, Genfit anticipe qu'un nouveau paiement d'étape commercial pourrait être atteint. En juillet, Ipsen a relevé son estimation de ventes au pic de 500 M€ à 1 Md€ dans cette indication. Cette révision faisait suite aux résultats de l'étude de phase 3 ELSPIRE, publiés le 13 juillet 2026.
Dans cette étude, la normalisation des phosphatases alcalines a été obtenue chez 85 % des patients traités, contre 23 % sous placebo à la semaine 52. Une demande réglementaire de mise à jour de l'étiquetage est en cours. Dans la cholangite sclérosante primitive, l'étude de phase 3 ELASCOPE se poursuit, avec des résultats attendus vers 2031.
Une trésorerie de 95,6 M€ jugée suffisante au-delà de fin 2028
La trésorerie atteignait 101,1 M€ fin 2025 et 113,8 M€ au 30 juin 2026. Au premier semestre, la consommation de trésorerie, liée surtout à la recherche dans l'insuffisance hépatique aiguë sur chronique (ACLF) et au programme GNS561 dans le cholangiocarcinome, a été en partie compensée par deux encaissements.
Le premier correspond à la deuxième tranche de 30,0 M€ du financement adossé aux redevances. Le second est le premier paiement d'étape commercial d'Ipsen, de 17,0 M€, comptabilisé en 2025 et encaissé en 2026.
L'horizon de financement au-delà de fin 2028 repose sur plusieurs hypothèses explicites : la poursuite des performances commerciales d'Iqirvo, la perception de paiements d'étape significatifs prévus par l'accord avec Ipsen, la maîtrise des dépenses, le développement des revenus du diagnostic et la possibilité de tirer, si nécessaire, la troisième et dernière tranche du financement.
Côté diagnostic, le remboursement par Medicare du test NASHnext de Labcorp, fondé sur la technologie NIS de Genfit, est effectif depuis août 2026. Genfit doit présenter d'ici la fin de l'année sa stratégie industrielle pour un kit de diagnostic in vitro, dont un lancement commercial est envisagé à partir de 2028 sous réserve d'autorisation.
En clinique, trois études de phase 2 dans l'ACLF et le cholangiocarcinome visent des résultats en 2027, dont celle du nangibotide, programme acquis à l'été 2026. Cet horizon s'appuie ainsi en partie sur des paiements d'étape, ceux-là mêmes dont l'absence explique le recul du chiffre d'affaires sur neuf mois.